Ces Jean jusqu'à Jean Nouveau, dans la suite de Jean Sans Terre - leur déploiement dans une époque dite d'après-guerre, d'après 40 surtout. Cette époque est mise en alarme à travers des personnages, des rencontres. Pour Jean, de père et mère introuvables ou trouvés - désastreux. Jean ne parle donc pas toujours de lui - car lui, c'est les autres. Il eût fallu un roman qui distance le présent du passé. L'auteur n'en voulait pas, car il n'en pouvait pas. Peut-être y a-t-il un lecteur pour le rejoindre et l'aimer : si la vie ment, l'écriture peut dire vrai dans ses sommations de récit, puisqu'elle va jusqu'à la vie de la mort. Jean Gillibert nous offre, avec Exils, une suite somptueuse, tendre, grave, ironique. Poète, homme de théâtre reconnu et fit traducteur estimé, il est, avec ce texte, un grand prosateur.
Nombre de pages
292
Date de parution
16/02/2011
Poids
465g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296087743
Titre
Exils
Auteur
Gillibert Jean
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
465
Date de parution
20110216
Nombre de pages
292,00 €
Disponibilité
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Si "la mort est toujours à vif", dans toute vie humaine, c'est qu'il n'y a pas de vie sans mort et sans cette transmission. C'est peut-être la seule métaphore réelle et non une seule opposition. Le langage de la poésie y devient l'âme du monde, mais peut-être, de nos jours, au terme d'une civilisation qui s'absente, par-delà la fragilité de l'existence individuelle...
Avec "Nunuche" et "Les pompes néantes", c'est de la "bastringue" qu'il s'agit, de réalités théâtrales intempestives, de clowneries qui veulent octroyer au drame, cette prétention transcendentale, d'exister... et d'en savoir mourir. Jean Gillibert a souhaité que les "Enfers" ne soient plus seulement sous les planches et qu'il faille frapper fort - après les trois coups du "brigadier"- pour les faire surgir sur scène, à hauteur de public. Nunuche est une bouffonnerie poétique qui d'évade un peu vers la féérie...Toutes deux s'attachent à faire vivre un réalité fantastique, une surrection du réel vers le surnaturel.
Des réflexions philosophiques « sur la scène », par l'un de ses grands auteurs, Jean Gillibert, qui n'a cessé de se battre avec la réalité du théâtre pour la mieux servir. En refusant la supposée vérité des dramaturgies « rationnelles », Gillibert visite Sénèque (en bon Romain), Claudel (en bon « Catho »), Shakespeare, dans sa fureur historique, Racine, la Revolution 89... L'auteur a pris la mesure, dans un ouvrage franc et ample, à cette réalité changeante et dans le style qu'on lui connaît.
Jean Gillibert dans son théâtre ne se contente pas d'explorer passionnément les fourvoiements de l'histoire de son siècle; il cherche, plus encore peut-être, à rendre compte d'un autre phénomène, lui aussi moderne et non moins inquiétant: la démission des mots. Il n'est certes pas le premier à avoir diagnostiqué et ausculté en nous cette maladie du verbe: Artaud - dont il paraît être aujourd'hui l'un des rares à prolonger fidèlement la quête avait frayé avant lui ce chemin de ronces empoisonnées et s'y était cruellement déchiré. Lui-même pense qu'il est sans doute trop tard pour tenter de guérir l'humanité du cancer langagier qui la ronge et la paralyse, la réduisant peu à peu à ce grand corps frappé d'aphasie baveuse et bavarde que l'on sait, à mesure que prolifère sa rage de communiquer pour ne rien dire. Ce qui n'est pas une raison, estime-t-il, pour baisser les bras, et moira encore pour baisser la voix-à condition que celle-ci daigne s'appliquer à articuler les mots de la tribu avec un minimum d'exigence. Car si le roman peine de plus en plus à dénoncer l'insuffisance de ce que nous avons à dire, ou plutôt de la façon dont nous essayons de le dire, le théâtre, lui. fort de cette présence physique partagée - et publiquement partagée- entre un acteur-locuteur et un auditeur à la fois spectateur et témoin, y parvient encore assez bien. Il est peut-être le dernier lieu où il ne soit pas tout à fait vain de secouer les mots, de leur faire rendre gorge.