L'Empereur, en vérité trois Empereurs en trois histoires, mais l'Empereur trois fois sous la même figure, à savoir : "Sa Majesté" , toujours assignée sur la Chaise, très encline au sommeil, et languissante. C'est l'Empereur. Sans jamais bouger de la Chaise, Sa Majesté ne tient jamais en place, parce que la Chaise - glissée, roulée, portée - est toujours en mouvement : Sa Majesté voyage. Elle va au Balcon, Elle monte sur le Pavois, Elle descend à Sa Chambre ; trois destinations, pour un seul terme, qui est par trois fois la mort. Mais que de difficultés pour en arriver là ! Que d'efforts, d'artifices, de préparatifs, de ruses, de rites, de machines, d'étapes, même de séances, pour la triple mise en scène de la lente mise à mort de l'Empereur, avec tantôt une poignée d'agents, ou d'acteurs : les Serviteurs de la Maison, tantôt des milliers : les Messieurs de la Cour, encadrés des Petits Commis, Premier Petit Commis en tête, et Grand Commis là-dessous... sans oublier le Petit Commis Pousseur. Encore n'est-ce pas assez de mener Sa Majesté à Sa mort, et il faudra qu'ils soient beaucoup, ou un seul, à L'y rejoindre, tandis que d'autres seront appelés à s'abstenir : strictes divisions du travail et séparations des destins. La troisième fois sera la bonne. Enfin Sa Majesté est dans Sa Chambre. Elle est finie la comédie tragique, ou la bouffonne épopée, de la mort de l'Empereur.
Nombre de pages
176
Date de parution
01/01/1985
Poids
227g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782867440311
Titre
L'EMPEREUR
Auteur
Geraud Jacques
Editeur
POL
Largeur
140
Poids
227
Date de parution
19850101
Nombre de pages
176,00 €
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Marcel, dix-huit ans, potache à Condorcet, ou plutôt un néo-Marcel travaillé par le sexe et par des idées de grandeur, livre en 36 récits très contemporains mais parfaitement irréalistes ou surréalistes, d'Adidas en Zappinge, de Beurettes en Viagra, autant de fantasmes ou de fantaisies dont le corps - et d'abord le sien - est l'objet, le jouet et l'enjeu. Pour tous les lecteurs de Proust, tous les proustiens par addiction ou par raccroc, dilettantes ou forcenés, tous les ennemis du réalisme et du psychologisme, les amateurs de nouveauté en littérature, du côté de la pure fiction, et de l'humour...
Jésus-Est, Jésus-Sud, Jésus-Ouest Jésus par dessus, Jésus par devant, Jésus par derrière Jésus de la blouse, du manteau, de la robe Jésus des écoles, des boutiques, des cliniques Jésus du petit-gris, du souris, du puce Jésus du printemps, de l'été, de l'automne Jésus du matin, de l'après-midi du soir Jésus-Nom, Jésus-Face, Jésus-Corps Jésus-Nord Jésus en maison Jésus au milieu, Jésus à gauche, Jésus à droite Jésus-Plâtre, Jésus-Papier, Jésus-Placard Jep1, Jep2, Jep3" Jésus, roman, ou plutôt somme, au sens arithmétique : Jésus-Est + Jésus-Sud + Jésus-Ouest = Jésus-Nord, et théologique, mais d'une théologie projetée et rejouée dans l'écriture, en tant que fiction, fixion, fission - "fission" à entendre aussi comme : promotion du Fils. Aux Jésus-Est, Sud, Ouest, on produit et reproduit du Jésus, à partir de - respectivement - le Nom, la Face, le Corps. Au Jésus-Nord on consomme, et consume, les trois Jésus produits. Tout cela dans une grande dépense et un rigoureux délire, pour ne pas trop démériter d'un mythe, ou du mythe, décisif.
Chaque texte de ce recueil de nouvelles pousse une situation ou un fait (un fait divers par exemple) à son extrême logique. Se lèvent alors des multitudes de petites créatures, des hommes, oui des hommes à bien y regarder, minables ou dérisoires, avatars de personnages kafkaïens. Homoncules méticuleux et monstrueux, lancés dans des tâches démentielles, dérisoires, répétitives, destructrices. Jacques Géraud se situe dans la lignée des écrivains de l'absurde. Son écriture, son ton jouent d'une précision quasi maniaque qui débouche sur un comique sans pitié.
Jacques Géraud construit dix nouvelles en forme de variations autour de trois figures centrales de La Recherche : le Baron de Charlus, la grand-mère, le narrateur. Drôles de corps que ceux qui ici s'affairent et qui dans la poétique de leur imagerie et l'érotique de leurs rapports muent : Encre qu'on boit, Fleur qui pousse, Sac où l'on plonge, Bibendum qu'on gonfle... La faute à qui ? encore à ce Proust, notre plus grand poète, dont on outre ici le prodigieux travail de la métaphore, jusqu'à la totale métamorphose, jusqu'à toute mue.
Ce coffret contient les deux films documentaires et autobiographiques réalisés par Paul Otchakovsky-Laurens. Dans son premier film Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, Paul Otchakovsky-Laurens raconte son enfance dans cette petite ville. On lui a imposé le silence. Il partage son secret. Avec notamment Marie Chaix, Anne Devauchelle et Jean-Paul Hirsch. Images : Emmelene Landon. Éditeur, le deuxième film de Paul Otchakovsky-Laurens, met en scène les raisons singulières pour lesquelles il exerce son métier. Sa vérité. Avec Jocelyne Desverchère et Antony Moreau, et la participation notamment d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Olivier Cadiot, Antonie Delebecque, Paul Fournel, Kiko Herrero, Jean-Paul Hirsch, Vibeke Madsen, Michel Manière, Serge Ramon, Julie Wolkenstein.
Collobert Danielle ; Faye Jean-Pierre ; Morvan Fra
Ce premier volume des ?uvres de Danielle Collobert reprend tous les livres publiés de son vivant et aujourd'hui épuisés: Meurtre, 1964; Dire I et II, 1972; Il donc, 1976; Survie, 1978
Rencontrer un meurtrier, un homme de la même matière humaine que soi, le côtoyer du lundi au vendredi, constater sa dangerosité, être sidérée, avoir peur, croiser réalités et fictions, penser aux ouvrages de Stephen King, relire L'Etranger d'Albert Camus, se souvenir de L'Adversaire d'Emmanuel Carrère, lu quelques années plus tôt. Ici cependant, l'assassin n'est pas en prison, derrière des barreaux. Lire. Prendre le parti de la littérature. Ecrire soi-même pour tenter de comprendre".
Les silos détruits, tout devenait possible, rien n'empêcherait plus Beyrouth de sombrer dans les ténèbres. J'ai ressorti une carte de la ville. Elle est dépliée par terre depuis des semaines. Je mesure les distances. L'appartement de mes parents est à 825 mètres des silos du port. La maison de ma grand-mère, rue Pasteur, à 650 mètres. Sahar, elle, était sur le quai. Elle a filmé la dernière scène.