Peu avant 1929, Signac fait la connaissance de Gaston Lévy, homme d'affaires imaginatif et fortuné, créateur de la chaîne de magasins Monoprix et ardent collectionneur. D'emblée, une relation privilégiée s'instaure entre les deux hommes, qui partagent beaucoup de convictions artistiques. Reconnu et célèbre, l'artiste, alors âgé de 65 ans, se décide très vite à soumettre à son nouvel ami et mécène un projet qui lui tient à coeur depuis longtemps, et le lui expose en détail dès décembre 1928: "Depuis longtemps je rêve de faire une suite importante d'aquarelles sur"Les Ports de France". J'ai relevé 40 ports de la Manche, 40 ports de l'Océan; 20 ports de la Méditerranée. En tout une centaine". Il lui propose de parrainer cette opération, et la précision de sa lettre prouve qu'elle était loin d'être improvisée. "Si ce projet avait votre agrément, je commanderais une conduite intérieure C4 Citroën, je prendrais un chauffeur et je partirais en février pour les ports de la Méditerranée. En avril je remonterais vers les ports de l'Océan pour terminer en été les ports du Nord. Je pense qu'il faudrait 5 ou 6 mois de travail, un peu fou! Je ferais deux aquarelles dans chaque port, l'une pour volis et l'autre pour moi, différentes d'ailleurs, et vous choisiriez celle des deux qui aurait votre préférence. Nous déciderions ensemble du format et du prix. Les marchands n'auraient rien à y voir!". Gaston Lévy comprend tout l'intérêt de ce projet et accepte aussitôt de le financer. Signac entreprend donc son périple dès mars 1929 et achève son vaste projet en 1931. La série dite des Ports de France sera le couronnement de la carrière d'aquarelliste de Signac. Cet ouvrage s'attache à retracer chronologiquement son voyage, mais aussi.à confronter certaines aquarelles avec des tableaux antérieurs ou postérieurs à la commande, également réalisés dans des ports français, avec pour ambition de montrer comment le travail de l'artiste se situe dans une riche tradition historique, du Lorrain et de Vernet jusqu'à Corot, Turner et Boudin.
Nombre de pages
221
Date de parution
28/10/2010
Poids
1 252g
Largeur
223mm
Plus d'informations
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EAN
9782070130788
Titre
Signac. Les ports de France
Auteur
Gaudichon Bruno ; Haudiquet Annette
Editeur
GALLIMARD
Largeur
223
Poids
1252
Date de parution
20101028
Nombre de pages
221,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En 1946, Picasso visite l'exposition annuelle des potiers de Vallauris : c'est une révélation. Très vite il s'approprie les techniques céramiques les plus diverses (décors incisés, engobés, émaillés?), pour donner libre cours à son inspiration. Il utilise les formes traditionnelles, pichets ou pignates, dont la dimension utilitaire l'enchante - «J'ai fait des assiettes, on vous a dit ? Elles sont très bien, écrit-il à Malraux. On peut manger dedans» -, mais aussi les supports les plus imprévus (gazelles, matériel d'enfournement ou fragments de briques). Il façonne également des formes originales dont la fabrication est un véritable défi pour les potiers de l'atelier Madoura de Georges et Suzanne Ramié, où il a choisi de travailler. En une vingtaine d'années, Picasso crée ainsi plus de 4 000 ?uvres originales puisant aux thématiques méditerranéennes qui lui sont chères : tauromachie, faunes, portraits et antiquités revisitées.
Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition «Un génie sans piédestal, Picasso et les arts et traditions populaires», présentée par le Mucem, Marseille, du 26 avril au 29 août 2016.4e de couverture : Viscéralement attaché à ses racines, Picasso a nourri son ?uvre d'influences issues des arts et traditions populaires, notamment espagnols : parures et musique, gens du cirque, rites de la tauromachie, colombophilie... Baratines et mantilles, guitares et mandolines, masques et toreros, taureaux et colombes sont autant de motifs iconiques qui témoignent de cet ancrage culturel. À l'occasion de prometteuses rencontres, l'artiste s'est approprié les savoir-faire artisanaux avec une extraordinaire créativité, en particulier ceux du bois, de la céramique, de l'orfèvrerie, de la tôlerie, de la linogravure... Faisant preuve d'une ouverture d'esprit peu commune, Picasso, ce «génie sans piédestal», invente avec jubilation un nouvel art populaire.
Une amitié hors normes entre deux artistes a vu le jour en 1936 dans l'atelier parisien de Fernand Léger. C'est là, en effet, que le Français Pierre Wemaëre (1913-2010), un des maîtres de l'abstraction lyrique, et le Danois Asger Jorn (1914-1973), co-fondateur du mouvement CoBrA, se rencontrèrent. Tout semblait pourtant les opposer : le premier est issu d'un creuset modelé par l'esprit de famille, la tradition et la tolérance, tandis que le second est un esprit libertaire, volcan d'idées et politiquement engagé. La force des contraires les entraînera, individuellement ou ensemble, sur des chemins artistiques complètement inédits et d'une créativité inouïe. Partageant des débuts difficiles et impécunieux, les jours d'infortune comme les jours meilleurs, tous deux se sont écoutés, réconfortés, stimulés, puisant l'un dans l'autre la confiance nécessaire à leur épanouissement. Artistes en devenir, ils se sont regardés éclore, grandir, mûrir, travaillant parfois à quatre mains, notamment dans la création en direct de tapisseries. Leurs oeuvres personnelles ou communes s'enrichissent mutuellement dans un profond respect réciproque que rien, pas même le temps, ne saura dissiper : une amicale émulation agissant comme le révélateur de soi-même. L'exceptionnelle exposition présentée en 2013-2014, d'abord par La Piscine de Roubaix, puis par la Maison du Danemark à Paris, vient marquer le centenaire de leur naissance et célèbre l'originalité et la fécondité du dialogue entre Pierre Wemaëre et Asger Jorn.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.