Dans la tradition grammaticale, la question du pluriel des noms propres a subi l'influence de la logique : puisqu'un nom propre désigne un individu, il ne devrait pas se mettre au pluriel. Aussi les grammaires relèguent-elles souvent l'étude de son pluriel à la fin des chapitres consacrés au nombre du nom, parmi les cas particuliers. Le point de vue de cet ouvrage, fondé sur l'observation des énoncés du français, est radicalement différent. Il part de l'idée que si un nom propre peut fonctionner comme tête d'un groupe nominal pluriel, c'est que la langue, contre toute logique - ou plutôt selon une logique qui lui est propre - permet de dire un " individu pluriel ". Comment expliquer alors la combinaison paradoxale entre le sens fondamentalement singulier du nom propre et le pluriel imposé par le déterminant ? Selon les contextes, le paradoxe se résout de différentes façons, et l'objectif essentiel de ce livre est d'étudier les principaux types d'objets pluriels susceptibles d'être construits à partir d'un nom propre. Il faut mettre à part les " pluriels lexicaux " (les Carpates, les Maldives), dont la forme, fixée dans le lexique, reflète la nature particulière de l'individu qui est leur référent. Parmi les pluriels construits dans la phrase, les " pluriels dénominatifs " (il y a quatre Socrate dans l'annuaire de Paris) ne touchent pas à la singularité de l'individu ; ils ne font qu'indiquer la réitération d'actes de dénomination fondés sur la même forme. Les " pluriels discursifs ", par contre, permettent soit de dire la multiplicité interne d'un individu (les mille et un Cézanne), soit de viser, à partir du nom d'un individu, un groupe constitué d'entités en relation avec lui, par métaphore (tous les Hitler futurs) ou par métonymie (les Picasso du Louvre). Bien que le propos soit strictement linguistique, les faits étudiés devraient intéresser philosophes, logiciens ou psychologues, et plus généralement tous ceux dont la réflexion rencontre une problématique de l'individu.
Nombre de pages
171
Date de parution
03/10/2001
Poids
150g
Largeur
150mm
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EAN
9782271059383
Titre
L'individu pluriel. Les noms propres et le nombre
Auteur
Gary-Prieur Marie-Nöelle
Editeur
CNRS EDITIONS
Largeur
150
Poids
150
Date de parution
20011003
Nombre de pages
171,00 €
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Les déterminants, ces petits mots qu on croit parfois « vides de sens », jouent au contraire un rôle fondamental dans l interprétation d un énoncé: ce sont eux qui règlent le mode de construction des référents des groupes nominaux. Après avoir délimité sur des bases distributionnelles la catégorie des déterminants, ce livre propose un ensemble cohérent de définitions sémantiques permettant d expliciter les instructions données par chaque déterminant pour actualiser le sens du nom introduit dans l énoncé. Ces définitions sont formulées à partir de l observation et de la comparaison systématiques des propriétés syntaxiques des différents déterminants dans les phrases. Elles tiennent compte des très nombreuses analyses récentes que les linguistes dont l auteur ont consacrées à ce domaine de la grammaire. L ouvrage devrait ainsi permettre à quiconque s intéresse à l apprentissage et à l enseignement de la langue de se faire une idée claire du fonctionnement du système des déterminants du français. On sait que les déterminants sont l une des principales difficultés rencontrées par ceux qui apprennent le français: une compréhension globale du fonctionnement de ce système complexe les aidera donc à manier plus facilement ces « petits mots ».
Le mot zéro a eu longtemps une place marginale dans la langue courante, cantonné qu'il était au comptage des fautes d'orthographe ou de la monnaie (zéro faute, zéro centime). Mais depuis une vingtaine d'années, on le voit apparaître dans des constructions et des contextes très variés (zéro carbone, immigration zéro), où il permet de désigner un objectif considéré comme souhaitable. Chaque chapitre de ce livre propose l'étude linguistique précise d'une construction du mot zéro dans la langue française actuelle ; ces études débouchent sur la question de savoir si la prolifération de ce mot est à mettre en relation avec une fascination de la société de notre époque pour le néant...
Les textes rassemblés dans ce volume de Lexique montrent combien d'énigmes entourent encore le nom propre, pourtant sorti de la marge où l'avait maintenu la tradition depuis les travaux de Georges Kleiber, Michèle Noailly, Kerstin Jonasson et Marie-Noëlle Gary-Prieur. La question - toujours en débat - de la nature du nom propre est abordée de différents biais : par la traduction commentée du texte d'un grammairien arabe, lecteur avisé de Platon et précurseur de certaines théories modernes (Seyfeddine Ben Mansour) ; par une réflexion, grâce à l'étude de même, sur le rôle du nom propre dans l'affirmation de l'identité (Michèle Noailly) ; par une interrogation sur les " noms de temps ", qui semblent posséder des propriétés caractéristiques du nom propre (Danièle Van de Velde) ; enfin, par une discussion, appuyée sur une prise de position cognitiviste, de la thèse selon laquelle l'essence du nom propre est constitutive de son sens (Walter De Mulder). En traitant des frontières entre noms communs et noms propres, les autres contributions abordent, en termes plus grammaticaux, la question apparentée de l'opposition entre général et particulier. Deux d'entre elles mettent l'accent sur ce qui les différencie du point de vue du fonctionnement du pluriel (Marie-Noëlle Gary-Prieur) et des conditions d'emploi de autre (Catherine Schnedecker). Les deux autres présentent une série de faits relatifs à la présence du partitif (Nelly Flaux) et aux emplois figurés (Nelly Flaux) ; ces faits, tout en montrant la perméabilité des frontières, donnent une assise supplémentaire à la distinction catégorielle entre les deux classes de mots habituellement rassemblées sous le même chef dans les grammaires anciennes et contemporaines.
Beethoven se pensait aède révélateur d'un' monde meilleur. Cette fonction sacrée de guide de l'humanité vers le bonheur a conféré à ses ?uvres une organisation musicale particulière. Celle-ci répond aux catégories éthiques et esthétiques du temps, notamment l'initiation par la Bildung, et à celles élaborées, à la fin du XVIIIe siècle, sur le modèle antique : la simplicité et la grandeur, la jeunesse et la liberté, l'éducation esthétique et le bouleversement émotionnel, la République. La présente étude de la culture antique de Beethoven, qui n'avait pas encore été prise en considération de manière systématique, permet de mettre en évidence un aspect essentiel, mais le plus souvent passé sous silence, du compositeur : au-delà de l'identification au héros ou même au grand homme (celui qui infléchit l'Histoire dans un sens nouveau), Beethoven a cherché par sa musique et ses différentes ?uvres, à offrir à ses concitoyens l'équivalent des "exercices spirituels" proposés par la philosophie antique.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Jessus Catherine ; Gaude Thierry ; Fuchs Alain ; L
Qu'est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines ? Quelle est la frontière entre le "soi" et le "non-soi" ? Quel est le propre de l'homme ? Ce livre invite à un voyage au coeur du vivant qui plonge le lecteur depuis les toutes premières formes de vie sur terre jusqu'au sein de la complexité du vivant. Il donne à voir les applications étonnantes qui en découlent dans les domaines biotechnologiques et médicaux. Le lecteur parcourra ainsi l'immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires des êtres vivants à s'adapter aux conditions les plus extrêmes. Il découvrira les liens de parenté entre organismes qui définissent l'arbre de la vie, les interactions entre les composants de tout être vivant, l'impact de l'environnement sur l'évolution et le fonctionnement des organismes, et les promesses d'innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques Ce livre est le témoignage passionné d'une communauté de chercheurs en sciences de la vie qui espèrent donner le goût de la nature et susciter la curiosité vis-à-vis des terrains inconnus et immenses qu'il reste à explorer. C'est au prix d'une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l'imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie du XXIe siècle ont pris corps. Et c'est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d'avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d'une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.