Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et
Garnier Jean-Pierre
AGONE
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EAN :9782748901047
Synthèse de quarante ans d'observation; réalités urbaines et d'analyse critique discours dont elles font l'objet, ce recueil entre comment la gestion politique des villes nourrit les appétits économiques de bourgeoisie désormais "mondialisée" les aspirations culturelles des néo-petits bourgeois. D'un côté, des espaces "requalifiés" réservés aux gens de qualité, de l'autre des couches populaires reléguées la périphérie. "Violences urbaines","crise du logement relégation" et "gentrification s sont autant de symptômes dont le"traitement ", de plus en plus sécuritaire, est voué à échec. Du moins tant qu'on se refusera à reconnaître la nature du conflit fondamental qui oppose les citadins ordinaires à ceux pour qui l'espace urbain est une; source de profit, sinon de valorisation de leur capital culturel par la colonisation les quartiers populaires bien situés. Et tant qu'on voudra donner l'illusion qu'on peut réconcilier par magie les contraires au moyen d'arguties et d'innovations langagières, violence symbolique ne faisant que redoubler celle, bien réelle, qui s'exerce sur les dépossédés du droit à la ville, plus nombreux que jamais."
Nombre de pages
254
Date de parution
04/03/2010
Poids
274g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782748901047
Titre
Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et
Auteur
Garnier Jean-Pierre
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
274
Date de parution
20100304
Nombre de pages
254,00 €
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On ne parle de la banlieue que lorsqu'elle est en feu. Journalistes pyromanes, politiciens incendiaires, une ribambelle de faux pompiers de service prétendent éteindre ses incendies. Et pourtant, ils ne font qu'attiser le brasier. Les discours "politiquement corrects", les mesures gouvernementales trop tièdes ne servent à rien. Pourquoi ? Parce qu'ils persistent à s'inscrire dans le règne incontesté du marché. L'illusion, tenace et sciemment cultivée, selon laquelle on pourrait venir à bout de la fameuse "violence urbaine" sans s'attaquer aux structures économiques, est à dissiper de toute urgence. Dans cet essai polémique solidement argumenté, où il n'épargne personne, ni à gauche ni à droite, pas plus l'architecte Roland Castro que le sociologue Alain Touraine, ou les ministres Michel Delebarre et Eric Raoult, Jean-Pierre Garnier bouscule la "pensée unique" qui sévit aussi sur la ville. Il replace sous un éclairage radicalement nouveau les événements qui défraient la chronique des "banlieues" et opère une critique en règle des discours tenus par tous les "pseudo experts". Quand le grotesque vient se mêler au tragique, la réflexion rigoureuse peut faire bon ménage avec l'esprit de dérision.
On parle peu du nouvel ordre local que les autorités cherchent à instaurer pour enrayer " sur le terrain " les désordres sociaux engendrés par cet ordre lointain. A commencer par les soi-disant " violences urbaines " commises par une jeunesse que la flexibilisation de l'économie voue à la précarité, à la pauvreté et à la marginalité. C'est à l'examen des diverses facettes de cette normalisation " autogérée " et au refus des " damnés de la ville " de s'en laisser conter qu'est consacré cet ouvrage.
Savoir, c'est pouvoir. Gouverner c'est prévoir, donc dénombrer, mesurer, quantifier, répertorier, planifier. C'est à cette entreprise de connaissance rationalisée et donc de pouvoir que se livre l'administration.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Françoise Thirionet a rencontré Silvio Marra, ouvrier italien émigré en Belgique, au début des années 1970. Pendant trente ans, ils militent ensemble en discutant des problèmes rencontrés par Silvio aux Forges de Clabecq où il travaille. Ce livre est issu de leurs entretiens. Pour Silvio et ses collègues, le quotidien à l'usine, c'est d'abord s'atteler à déconstruire certaines règles qui règnent dans l'entreprise. Notamment les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne des luttes qui ont eu lieu pendant trente ans pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Les ouvriers de Clabecq se fient à leurs propres forces et à leur connaissance de leur métier pour mener leurs combats. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il a déclaré ne plus rien pouvoir pour eux. Dans la forge, l'émancipation doit être une ?uvre collective. Son poste syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l?« esprit de Clabecq » : « Chaque fois qu'on voulait balancer quelqu?un, chaque fois qu'on voulait attaquer les faibles, tout le monde se portait à leur secours. Ce combat contre le licenciement, le chômage, le racisme, les bas salaires, nous le menions tous les jours sur le terrain. » Par la confiance qu'il affirme dans sa classe sans la théoriser à l'absurde, ce livre donne des leçons salvatrices d'optimisme militant.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?