Nicolas Poussin, pour rappeler que son métier n'était pas d'écrire mais de peindre, se désignait ainsi ? : "? moi qui fais profession de choses muettes ? ". Les objets inertes qui nous entourent sont silencieux. Etre muet, c'est autre chose. Pour cela il faut normalement être doté, peu ou prou, de la faculté de la parole et s'en trouver privé par accident ou s'en abstenir momentanément. La peinture, comme la sculpture, le dessin, la photographie, devrait être dite silencieuse. Mais Poussin, le peintre, dit qu'il fait profession de choses muettes. On peut se demander pourquoi il entend, si l'on peut dire, dans la peinture, du mutisme plutôt que du silence. Les oeuvres visuelles se taisent parce que, peut-être, ce qu'elles pourraient avoir à dire, elles préfèrent le garder secret, ou le dévoiler à mots couverts. Ce livre entreprend une brève (mais scrupuleuse) exploration, sans doute plus aléatoire et aventureuse que méthodique, des différents motifs pour lesquels les oeuvres d'art, d'époques et de provenances diverses, appellent aujourd'hui - ou non - un minimum de commentaire. Que gagne-t-on à connaître la date d'une oeuvre, son époque ?? Et le nom de l'auteur, sa place convenue dans l'histoire de l'art ?? Et le titre de l'oeuvre ?? Donné par qui ?? Faut-il chercher à savoir l'intention qu'avait l'artiste ?? Quels sont les droits de l'interprétation (en art)? ? Existe-t-il des oeuvres qui ne requièrent aucune information préalable à leur compréhension, à leur appréciation ?? - Toutes questions indiquant assez qu'on voudrait se placer ici du côté des esprits intelligemment ingénus.
Nombre de pages
192
Date de parution
17/02/2023
Poids
444g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782850351068
Titre
Conversations avec les choses muettes
Auteur
Galard Jean
Editeur
ATELIER CONT
Largeur
165
Poids
444
Date de parution
20230217
Nombre de pages
192,00 €
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Robert Filliou, artiste franco-américain, a exposé en 1969 cet assemblage devenu célèbre : un balai-brosse, un seau, une serpillière et un écriteau accroché au balai, portant l'information "La Joconde est dans les escaliers". C'était l'avis d'une éclipse de l'art, signifiée par l'absence d'une de ses icônes. C'était aussi la réduction d'un personnage illustre au statut ordinaire de concierge. Ce contraste produisait un effet trivial. Elargissons : le délitement moderne de quelques idéaux traditionnels entraîne des conséquences également triviales. On explore ici, sur un mode doucement sarcastique, les manifestations de cet abaissement : propos et situations prosaïques, expansion de la banalité, propagation de la trivialité. Cependant cet essai, hostile aux généralisations maussades, cherche quels seraient la contre-pente ou les contre-pôles de l'hypothétique laminage contemporain. Des références à la vie commune, ainsi qu'à certaines oeuvres d'art anciennes ou récentes, relancent, ici et là, cette réflexion sur la prose de la vie. Jean Galard est agrégé de philosophie. Il a enseigné l'esthétique à São Paulo. Il a été attaché culturel d'ambassades et directeur d'instituts français à Casablanca, Niamey, Istanbul, Mexico, Amsterdam. Chargé de constituer les services culturels du Louvre, il les a dirigés pendant quinze ans. Il est l'auteur d'ouvrages sur ce musée et de divers essais. Il a publié en France notamment chez Actes Sud, Robert Laffont, Gallimard, Citadelles & Mazenod et abondamment à l'étranger.
Parmi les images de violence, de ruine et de mort dont le photojournalisme est l'inlassable pourvoyeur, certaines sont belles. Quelques-unes semblent trop belles: on leur reproche d'utiliser la misère du monde au bénéfice de l'art, de tirer parti de la souffrance, de miser sur l'effet esthétique du malheur et sur la beauté du désastre. Les reporters, de leur côté, se disculpent en assurant qu'ils n'ont pas cherché à faire de l'art, qu'ils ont simplement voulu témoigner de ce qu'ils ont vu. Dans cette justification, comme dans cette critique, il se peut que les uns et les autres n'aient pas de l'art une idée très juste. Cet essai ravive des questions esthétiques qu'on pourrait croire éteintes, l'abstraction les ayant exténuées. Il les aborde en se référant à des aspects paradoxaux de l'art contemporain aussi bien qu'à des oeuvres anciennes, au théâtre autant qu'au cinéma documentaire. Il choisit d'affronter des cas aigus, notamment celui de certaines photographies troublantes et controversées, qu'on trouve dérangeantes parce que leur beauté, sans doute, paraît elle-même déplacée. Biographie de l'auteur Jean Galard a enseigné la philosophie à l'université de Sào Paulo. Il a dirigé plusieurs organismes culturels, parmi lesquels la Maison Descartes à Amsterdam et l'Institut français d'Amérique latine à Mexico, ainsi que le service culturel du musée du Louvre de 1987 à 2002. La Beauté à outrance élargit les perspectives de son essai de 1984, La Beauté du geste.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.