Et si la verticalité avait une histoire ? Dans la perception occidentale du monde en trois dimensions, la montagne joua un rôle déterminant. Celui-ci s'affirma à partir de la Renaissance, lorsque les Alpes et les Andes virent défiler des dizaines de milliers d'individus, simples mercenaires comme princes ou même rois, qui rêvaient de conquêtes à la hauteur de celles d'Alexandre et d'Hannibal. Parce que la montagne est "scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l'oeil, très difficile aux pieds", comme l'écrit Rabelais, elle s'éprouve jusque dans la chair. Elle est le lieu de l'initiation, de la conversion et de la transfiguration. Loin d'être le territoire du retard et du barbare que l'on prétendait, la montagne fut surtout le lieu du dépassement, de la réformation de l'oeil et de l'esprit, qui participèrent de l'élan de la Renaissance. La verticalité traversée et vaincue devint un, état d'esprit fait d'audace, d'ambition et d'innovation. Ainsi François Ier, ébloui d'avoir su "trancher les monts" en y conduisant chevaliers et canons avant de triompher à Marignan, ou Cortès, ordonnant de faire l'ascension du Popocatépetl avant de prendre Mexico. Selon l'usage que les souverains ou les peuples en firent, la montagne fit saillir des identités nouvelles, elle façonna les imaginaires, contribua à modifier les pratiques et les cultures politiques de l'Europe moderne. Et les montagnards naquirent pour eux-mêmes, défendant leur territoire face aux sarcasmes des hommes des plaines. Du légendaire Guillaume Tell au chevalier Bayard, de l'amazone Philis de la Charce aux fées francoprovençales, la montagne devint un territoire revendiqué et valorisé, forgeant des "identités verticales", tant chez les redoutables Suisses que chez les équivoques ducs de Savoie, qui la déclinèrent en poèmes et en somptueux ballets de cour. En faisant cheminer l'homme entre ciel et terre, entre arêtes et précipices, entre effondrement physique et extase mystique, la verticalité de la montagne est en soi un chemin "montant descendant", susceptible de transformer l'homme en profondeur. Elle s'impose à nous comme une magnifique allégorie de la Renaissance, sinon de la vie elle-même.
Date de parution
15/03/2018
Poids
738g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026706861
Titre
HISTOIRES VERTICALES
Auteur
GAL STEPHANE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
738
Date de parution
20180315
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1515 : Marignan. Date la plus facile à retenir de toute l'Histoire ! Mais qui sait qu'avant la fameuse bataille, François Ier et ses canons avaient franchi les Alpes par des chemins inconnus ? Et que le roi et ses guerriers étaient en armure de combat à 2000 m d'altitude ? En 2019, des scientifiques et passionnés ont décidé de réitérer l'exploit. Non par pure performance, mais afin d'en mesurer les effets sur le corps et ainsi de mieux comprendre les conditions de traversée des montagnes par les armées de la Renaissance. Il a fallu pour cela faire fabriquer des armures, les endosser et les tester, sur le terrain comme en laboratoire, grâce à des technologies de pointe. En faisant dialoguer les disciplines, telles que l'histoire, la biomécanique, l'informatique et la physiologie, mais aussi des sportifs, associations et troupes de montagne, le projet MarchAlp a fait du corps armé une source d'information, de la montagne un laboratoire, d'une aventure scientifique une aventure humaine.
Prince souverain à dix-huit ans, Charles-Emmanuel Ier (1562-1630), petit-fils de François Ier et gendre de Philippe II, régna un demi-siècle sur les États de Savoie et de Piémont.Convaincu d’avoir été choisi par la Providence divine pour accomplir un destin extraordinaire, il fit de sa vie un tourbillon, une quête perpétuelle de grandeur : à lui la vocation de changer le monde et de devenir roi ! A cheval sur les Alpes, ses États devaient incarner l’axe autour duquel il rêvait de faire tourner les plus grandes puissances. Il y avait dans ce duc une démesure baroque, une exubérance à la hauteur de ses rêves qui lui imposèrent d’inventer une nouvelle voie, de théâtraliser le monde et la guerre afin d’y jouer le premier rôle. Pourtant, il essuya plus de revers qu’il ne rencontra de succès, ce qui lui valut souvent le mépris des historiens. Mais l’important n’est-il pas plutôt ce miracle subtil d’équilibre et d’audace auquel il sut donner corps pour hausser la Savoie au niveau de la France et de l’Espagne, quitte à les combattre, à rêver de croisade ou, même, à briguer l’Empire ? A ce jeu, inspiré tant par le providentialisme chrétien que par le réalisme de Machiavel, le duc de Savoie devint un maître, redouté et honni par un autre maître en la matière : le duc de Richelieu. Son génie militaire lui permit de se tailler une place majeure sur l’échiquier mondial, première des dynasties de la péninsule qui devait forger le destin de l’Italie unifiée. Et sa dangereuse politique du précipice, qui faillit plus d’une fois faire basculer ses États dans l’abîme, fut poursuivie avec constance par ses successeurs jusqu’à décrocher enfin, au début du XVIIIe siècle, la couronne tant convoitée.Maître de conférences en histoire moderne à l’université de Grenoble, Stéphane Gal explore l’univers des hommes du XVIe siècle et leur rapport à la guerre : Bayard, histoires croisées du chevalier et Lesdiguières, prince des Alpes et connétable de France (PUG, 2007).
Résumé : Au Moyen Age, la montagne a - comme la nature - une place encore marginale dans la pensée occidentale. Elle renvoie au mieux à la Création, cet univers originel façonné par Dieu, au pire au domaine du "sauvage" , c'est-à-dire à ce qui nous échappe. L'altitude est une dimension que l'on ne maîtrise pas. On ne sait ni la mesurer ni l'évaluer sans l'exagérer démesurément. Les sommets incarnent le mystère, l'insaisissable et ce monde vertical inexploré, exotique, inaccessible, attire autant qu'il inquiète. Peu à peu, grâce aux savoirs déployés par les hommes de la Renaissance, l'idée de pouvoir dominer les hauts sommets commence à naître. Comme le suggère Pétrarque, après son ascension du Mont Ventoux en 1336, ils peuvent être - en plus d'un formidable marchepied vers le Ciel - une source féconde pour l'esprit. Leur conquête démontre la puissance et la détermination des hommes, elle assure aussi leur gloire. Or, en 1492, rien ne semble pouvoir leur résister : les frontières tombent les unes après les autres, l'océan Atlantique est dompté et les sommets les plus abrupts, comme le Mont Aiguille, sont considérés comme de nouveaux territoires à conquérir. L'escalade est une invitation au voyage. Elle nous oblige à lever la tête, à élever l'esprit pour un ailleurs. Ce livre retrace son origine.
Il est aisé de constater que la médiation a pris une place considérable dans nos sociétés modernes. Pour l'histoire officielle, cela commence il y a un quart de siècle avec le médiateur de la République créé pour recevoir les réclamations des citoyens dans leurs relations avec l'Administration. Aujourd'hui la médiation est partout, sur l'antenne d'une grande radio nationale, à l'écoute des auditeurs, comme auprès de sans-papiers qui se trouvent menacés d'expulsion... Le phénomène en réalité est beaucoup plus ancien, il atteste que notre monde à toujours été en recherche constante de médiation et de médiateurs. Le phénomène reste pourtant assez mal connu, sans doute parce qu'il est par nature, et par nécessité, protéiforme. Entre représentations et pratiques, entre continuité et rupture, la médiation peut apparaître à bien des égards comme un serpent de mer. Relève-t-elle du phénomène de mode ou de la nécessité en temps de crise ? Est-elle une réalité pratique ou une utopie. Une régression ou un progrès ? Est-elle une justice de seconde zone ou pis, une justice dénaturée ? La médiation suscite probablement plus d'interrogations qu'elle n'apporte de réponses. Dans le but de lever une partie du voile, des sociologues, philosophes, juristes, politistes et historiens ont accepter de croiser leurs réflexions. Cet ouvrage est le fruit de leurs travaux. Il rend compte d'une approche privilégiant la longue durée et le changement d'échelles, ce qui nous amène à circuler à travers le temps et l'espace, de l'Europe du XVe siècle jusqu'à celle d'aujourd'hui, de la Savoie ducale à la Cour d'appel de Grenoble, de l'Angleterre de Hobbes, à notre Union européenne qui, faut-il le rappeler, depuis certains " non ", n'a peut-être jamais autant manqué de médiation !
Que chantait-on dans les rues ou à la cour, lors des révoltes anciennes ? Des paroles souvent vulgaires et parfois polémiques, élogieuses ou satiriques, sur des airs connus de tous. Pendant la Fronde (1648-1653), des milliers de couplets ont ainsi circulé dans les rues de Paris, à l'écrit comme à l'oral, avant d'être collectés pendant au moins un siècle. Ce livre explore pour la première fois la dimension orale de ce qu'on a appelé les mazarinades, ces textes imprimés et copiés en millions d'exemplaires, destinés à commenter l'actualité de la guerre, mais aussi à agir. Des éléments de langage y étaient diffusés par les chefs des factions en lutte : la chanson était un véritable média politique dans une société largement analphabète, qui pouvait s'en approprier les airs et les paroles. L'édition des paroles de quelques chansons permet de mesurer la variété de leurs usages, depuis la chanson d'auteur (Scarron, Saint-Amant), jusqu'à la chanson produite dans l'atelier d'imprimerie qui, peut-être, donne accès aux mots des subalternes. Cette étude sur les mazarinades chantées donne ainsi à entendre un nouveau discours sur la guerre civile en France au milieu du XVIIe siècle. Elle contribue enfin à réévaluer la place du sonore dans la société de la première modernité. Pour mieux la rendre concrète, des enregistrements font entendre 45 extraits chantés - et entêtants - des mélodies de la Fronde.
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.