Née à Amqui, Madeleine Gagnon se souvient avec enchantement de son enfance entourée d'une nature rayonnante, au sein d'une vaste famille qui oeuvre dans la forêt et sur la terre, gens droits et fiers, mais sur l'esprit desquels règne encore indûment tout ce qui porte soutane. L'entrée au pensionnat marque le début des grandes aventures intellectuelles et la naissance d'un profond refus qui commence à creuser ses sillons. Refus qui tranquillement remontera à la surface pendant les études en Europe, pour éclater quand la jeune femme rentrera dans un Québec méconnaissable. Marx a remplacé Claudel. La psychanalyse accompagne et favorise la venue à l'écriture, et l'oeuvre surgit sous forme d'un torrent. En même temps que la femme connaît la douleur et l'éblouissement de l'enfantement, l'exaltation amoureuse et les tourments du désamour. Madeleine Gagnon raconte aussi les amitiés, primordiales, avec Annie Leclerc, Christiane Rochefort, entre autres. Les luttes féministes, avec tous les rêves et toutes les déchirures qu'elles portent. Le temps qui transforme tout, la disparition des parents. Les nouvelles passions, qui seules nous permettent de continuer la route, comme celle de comprendre le lien cruel et mystérieux qui unit les femmes et la guerre.
Nombre de pages
432
Date de parution
17/06/2013
Poids
588g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782764622285
Titre
Depuis toujours
Auteur
Gagnon Madeleine
Editeur
BOREAL
Largeur
141
Poids
588
Date de parution
20130617
Nombre de pages
432,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Anna avait raconté d'une traite, comme absente de moi. Elle me revint, l'air épuisé, les yeux creux et cernés, on aurait dit soudain une vieille femme. Elle m'a fait jurer le secret, m'a dit : " A toi, je ne sais pas pourquoi j'ai fait confiance... Peut-être parce que tu as le courage de regarder l'envers des choses. Peut-être parce que je sens ta peur aussi et tes instincts guerriers. Peut-être parce que tu es poète et que tu construis ta demeure sur le doute. Peut-être avons-nous besoin, nous femmes, d'être rassurées par l'incertitude. Peut-être... " Huit mois durant entre septembre 1999 et mai 2000, Madeleine Gagnon a rencontré les femmes d'aujourd'hui victimes de la guerre. En Macédoine, au Kosovo, en Bosnie, en Israël, en Palestine, au Liban, au Pakistan et au Sri Lanka. Ces femmes ont perdu leurs hommes : maris, père, fils, amis. Certains sont morts, d'autres sont " disparus ". Nombre d'entre elles ont subi des sévices : viols, maisons et fermes incendiées... Témoin de leur douleur mais aussi de leur courage, Madeleine Gagnon raconte ces femmes dont plusieurs lui ont dit : " Parlez de nous pour nous sauver ". Peu d'écrivains ont su exprimer la tragédie de la guerre. Peu ont su trouver les mots capables de l'évoquer dans toutes ses dimensions. Madeleine Gagnon, parce qu'elle sait l'autre langue - celle nichée au fond de chacun de nous à la grammaire à la fois indigène et apatride -, éveille à la grande complexité du monde et des sentiments, à l'énigme des hommes et des femmes marchant d'un même pas à la violence et à l'amour.
Ce serait aller contre la démarche de Madeleine Gagnon que de séparer la présentation de son livre de sa notice biographique, comme nous avons pris l'habitude de le faire sans trop réfléchir à la logique binaire que nous reconduisons ainsi chaque fois. Car cette écrivaine majeure de notre littérature fait certainement partie de celles qui ont le plus exploré, par-delà toutes les délimitations. Son oeuvre, composée d'une quarantaine de livres (traduits dans plusieurs langues, décorés des plus hauts prix - Gouverneur général, Anathase-David), passe de la poésie à la fiction à l'essai au théâtre à la littérature jeunesse, du féminisme au marxisme à la psychanalyse au souverainisme à l'internationalisme à l'antiracisme. Née à Amqui en 1938, elle marquera une génération d'étudiants comme professeure de littérature à l'UQAM, puis continuera son chemin, dans l'écriture, la création, l'amour, la vie. Ce deuxième tome de son "autographie" rassemble des textes de son oeuvre critique et réflexive, encore aujourd'hui si subversive, où l'on peut voir se construire la conviction que "[l]'écrivain n'est pas d'abord un artiste et ensuite, pour appuyer ou justifier son art, un intellectuel. L'écrivain est artiste et intellectuel tout à la fois, le jeu n'excluant pas la responsabilité" ; "il n'est point de coupure entre les deux formes d'écriture, celle qui s'essaye à penser le monde et celle qui se risque à le rêver. [... ] J'ai accepté de publier ensemble ces textes appelés "Essais", dans cet esprit de rencontre entre deux formes d'écriture divisées le plus souvent pour des fins didactiques mais pratiquées par moi dans le bonheur de la coïncidence".
Avec LE JARDINAGE ÉCOLOGIQUE, Yves Gagnon nous livre ses connaissances techniques sur la planification et la régie du potager. Il traite entre autres du sol et de la fertilisation, du compostage et des engrais verts, de la rotation et du compagnonnage, du contrôle des insectes et des mauvaises herbes. Un guide indispensable pour ceux et celles qui désirent cultiver leurs fruits et légumes en harmonie avec leur environnement.
Cet ouvrage est le fruit d'une enquête magistrale qui dévoile les dessous de l'opération cartographique en Nouvelle-France. Pour en percer les secrets, il aura fallu parcourir archives et bibliothèques des deux côtés de l'Atlantique, confronter mémoires de géographes, rapports d'ingénieurs, récits de voyageurs, correspondances administratives et notes diplomatiques. On y découvre une diversité de motivations politiques, économiques, scientifiques et techniques qui ont guidé la confection des cartes et l'usage qu'en faisaient les rois, les ministres et les autorités coloniales. De chapitre en chapitre, le lecteur suit la prise de possession de l'Amérique du Nord, de la vallée du Saint-Laurent aux Grands Lacs et du Mississippi à Terre-Neuve. Fonctionnaires, géographes, ingénieurs, hydrographes et explorateurs y apparaissent comme les artisans d'un immense chantier de connaissance et de contrôle du territoire. Des ateliers du cartographe à la cour de Versailles, des postes de traite aux bureaux des administrateurs coloniaux, se tisse un réseau d'interactions qui éclaire la fabrication de ces documents stratégiques et symboliques. En offrant une plongée inédite dans les coulisses de la cartographie française en Amérique du Nord, l'essai de Jean-François Palomino s'impose comme une lecture essentielle pour quiconque souhaite comprendre, interpréter et contextualiser les cartes de la Nouvelle-France.