Ce serait aller contre la démarche de Madeleine Gagnon que de séparer la présentation de son livre de sa notice biographique, comme nous avons pris l'habitude de le faire sans trop réfléchir à la logique binaire que nous reconduisons ainsi chaque fois. Car cette écrivaine majeure de notre littérature fait certainement partie de celles qui ont le plus exploré, par-delà toutes les délimitations. Son oeuvre, composée d'une quarantaine de livres (traduits dans plusieurs langues, décorés des plus hauts prix - Gouverneur général, Anathase-David), passe de la poésie à la fiction à l'essai au théâtre à la littérature jeunesse, du féminisme au marxisme à la psychanalyse au souverainisme à l'internationalisme à l'antiracisme. Née à Amqui en 1938, elle marquera une génération d'étudiants comme professeure de littérature à l'UQAM, puis continuera son chemin, dans l'écriture, la création, l'amour, la vie. Ce deuxième tome de son "autographie" rassemble des textes de son oeuvre critique et réflexive, encore aujourd'hui si subversive, où l'on peut voir se construire la conviction que "[l]'écrivain n'est pas d'abord un artiste et ensuite, pour appuyer ou justifier son art, un intellectuel. L'écrivain est artiste et intellectuel tout à la fois, le jeu n'excluant pas la responsabilité" ; "il n'est point de coupure entre les deux formes d'écriture, celle qui s'essaye à penser le monde et celle qui se risque à le rêver. [... ] J'ai accepté de publier ensemble ces textes appelés "Essais", dans cet esprit de rencontre entre deux formes d'écriture divisées le plus souvent pour des fins didactiques mais pratiquées par moi dans le bonheur de la coïncidence".
Résumé : Anna avait raconté d'une traite, comme absente de moi. Elle me revint, l'air épuisé, les yeux creux et cernés, on aurait dit soudain une vieille femme. Elle m'a fait jurer le secret, m'a dit : " A toi, je ne sais pas pourquoi j'ai fait confiance... Peut-être parce que tu as le courage de regarder l'envers des choses. Peut-être parce que je sens ta peur aussi et tes instincts guerriers. Peut-être parce que tu es poète et que tu construis ta demeure sur le doute. Peut-être avons-nous besoin, nous femmes, d'être rassurées par l'incertitude. Peut-être... " Huit mois durant entre septembre 1999 et mai 2000, Madeleine Gagnon a rencontré les femmes d'aujourd'hui victimes de la guerre. En Macédoine, au Kosovo, en Bosnie, en Israël, en Palestine, au Liban, au Pakistan et au Sri Lanka. Ces femmes ont perdu leurs hommes : maris, père, fils, amis. Certains sont morts, d'autres sont " disparus ". Nombre d'entre elles ont subi des sévices : viols, maisons et fermes incendiées... Témoin de leur douleur mais aussi de leur courage, Madeleine Gagnon raconte ces femmes dont plusieurs lui ont dit : " Parlez de nous pour nous sauver ". Peu d'écrivains ont su exprimer la tragédie de la guerre. Peu ont su trouver les mots capables de l'évoquer dans toutes ses dimensions. Madeleine Gagnon, parce qu'elle sait l'autre langue - celle nichée au fond de chacun de nous à la grammaire à la fois indigène et apatride -, éveille à la grande complexité du monde et des sentiments, à l'énigme des hommes et des femmes marchant d'un même pas à la violence et à l'amour.
Résumé : Née à Amqui, Madeleine Gagnon se souvient avec enchantement de son enfance entourée d?une nature rayonnante, au sein d?une vaste famille qui oeuvre dans la forêt et sur la terre, gens droits et fiers, mais sur l?esprit desquels règne encore indûment tout ce qui porte soutane. L?entrée au pensionnat marque le début des grandes aventures intellectuelles et la naissance d?un profond refus qui commence à creuser ses sillons. Refus qui tranquillement remontera à la surface pendant les études en Europe, pour éclater quand la jeune femme rentrera dans un Québec méconnaissable. Marx a remplacé Claudel. La psychanalyse accompagne et favorise la venue à l?écriture, et l?oeuvre surgit sous forme d?un torrent. En même temps que la femme connaît la douleur et l?éblouissement de l?enfantement, l?exaltation amoureuse et les tourments du désamour. Madeleine Gagnon raconte aussi les amitiés, primordiales, avec Annie Leclerc, Christiane Rochefort, entre autres. Les luttes féministes, avec tous les rêves et toutes les déchirures qu?elles portent. Le temps qui transforme tout, la disparition des parents. Les nouvelles passions, qui seules nous permettent de continuer la route, comme celle de comprendre le lien cruel et mystérieux qui unit les femmes et la guerre.
Résumé : Après le Guide Info-Parents I portant sur l'enfant en difficulté, voici le Guide Info-Parents II entièrement consacré à la vie de famille. Vie de famille traditionnelle, monoparentale ou recomposée, vie de famille après une séparation ou un divorce, vivre avec un enfant adopté, un enfant doué, conserver une bonne relation avec son adolescent, appliquer une discipline appropriée, régler les conflits frères-soeurs, voir à l'éducation sexuelle de ses enfants... chaque âge amène son lot de questions, de soucis et de préoccupations pour les parents. Ce nouveau guide, construit autour de 50 thèmes, suggère aux parents des livres, des groupes d'entraide ainsi que des liens vers des sites Internet. Il s'adresse également à toute personne travaillant auprès des familles et ayant à répondre à leurs besoins d'information.
Les débats sur l'utilité des organisations internationales pendant la pandémie de COVID-19 ou la guerre en Ukraine illustrent le poids des attentes qui reposent sur ces institutions, malgré leur affirmation de ne pas intervenir dans le champ politique. Cet ouvrage prend cette revendication au sérieux et étudie la manière dont ces organisations s'efforcent de "dépolitiser le monde". S'appuyant sur divers cas d'étude, de la gestion de la crise environnementale à la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, les autrices analysent de façon précise les pratiques d'expertise, les prétentions à la neutralité et le jeu sur la temporalité des négociations qui mènent à la dépolitisation. Elles mettent au jour trois grandes logiques qui la sous-tendent : le pragmatisme, les stratégies de légitimation et les tactiques d'évitement de la responsabilité. Tout en éclairant la complexité et la crise de légitimité du multilatéralisme contemporain, elles montrent en définitive qu'il est impossible de réduire ces organisations à de simples mécanismes apolitiques établis uniquement pour faciliter la coopération internationale.
L'administration Trump (2017-2021) a représenté un "point de rupture" dans les relations canado-américaines, dont les effets ont continué à se faire sentir pendant la présidence de Joe Biden, et qui encourage les élus américains à protéger les intérêts des Etats-Unis par tous les moyens, même si cela déplaît parfois au Canada. C'est du moins ce que soutiennent les auteurs de cet ouvrage qui retrace l'évolution de ces relations pendant le premier mandat du célèbre milliardaire, en s'attardant à trois grands domaines d'intérêt : l'économie, l'environnement et la gestion de la frontière canado-américaine. L'importance accrue accordée à cette relation aux Etats-Unis résulte des sentiments négatifs de Trump à l'égard du Canada, sentiments que des politiciens américains aux convictions semblables ont ensuite adoptés. Aucun ouvrage en français n'examine autant en profondeur l'influence de Donald Trump sur les nombreux liens tissés entre les deux nations. La diversité des cas ici à l'étude permet de brosser un portrait éloquent, et précis, de la situation actuelle susceptible de durer, et ce, quels que soient les résultats des prochaines élections américaines.
Depuis plus de 75 ans, le cinéma nous met en garde contre les armes nucléaires. Tous ces cauchemars sur pellicule expriment symboliquement la pire angoisse qui hante notre imaginaire collectif : l'anéantissement du monde tel qu'on le connaît. A travers un découpage historique et thématique, cet essai analyse plus de 40 oeuvres cinématographiques en mettant l'accent sur les appréhensions générées par la puissance nucléaire. L'étude se penche donc sur l'évolution des doctrines stratégiques nationales ainsi que sur les perceptions qui en découlent. En se prêtant à une lecture allégorique ou sociologique, ces films jettent un éclairage révélateur sur la place qu'occupe le cinéma dans notre représentation des grands enjeux militaropolitiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.