Le but de cet essai est d'explorer une voie nouvelle par-delà les oppositions qui caractérisent l'athéisme et les philosophies de la transcendance. Est-il possible de dépasser ces oppositions apparemment inconciliables ? Comment, à quelles conditions, et dans quelles perspectives ? Le livre développe une philosophie des rapports transcendance-immanence. Partant de la conception d'une transcendance « dans » l'immanence proposée par Luc Ferry, François Gachoud en discute les conditions de possibilité en explorant deux voies susceptibles d'en élaborer aussi les fondements : celle de la vie comme lieu de la manifestation première de ce rapport, celle d'une « éthique de l'altérit? qui, avec Levinas, introduit une dimension inédite de la transcendance située par-delà l'athéisme et la tradition de la foi au sens religieux. Cette double articulation implique elle-même de faire référence aux apports de la phénoménologie de Husserl, mais aussi à celle de Michel Henry qui en a remodelé l'interprétation. Une place particulière est réservée aux thèses chères à Nietzsche dont l'auteur confronte les intuitions majeures avec celle de la vision johannique du Verbe de vie. Une ligne de crête est ainsi tracée qui va de Friedrich Nietzsche à Michel Henry, de Edmond Husserl à Emmanuel Levinas, de Luc Ferry à Paul Audi. Il s'en dégage une vision renouvelée de l'éthique fondée sur la reconnaissance de l'autre homme rencontré dans sa singularité incarnée. Mais aussi l'hypothèse d'une transfiguration de la chair comme lieu du soulèvement de la vie : peut-on penser la résurrection du Christ comme une espérance qui rencontrerait la résolution dionysiaque de Nietzsche ...--The aim of this essay is to explore a new avenue beyond the oppositions which characterise atheism and the philosophies of transcendence. But is it possible to surpass these apparently irreconcilable oppositions? How? Under what conditions? From what viewpoint? This book develops a philosophy of the transcendence-immanence of relations. Starting out from the conception of transcendence ?within' immanence as proposed by Luc Ferry, François Gachoud discusses the conditions under which this is possible, by exploring two paths likely to elucidate the foundations: that of life as the place of the first manifestation of this relation, and that of an ?ethic of otherness' which, with Levinas, introduces an original dimension of transcendence situated beyond atheism and the tradition of faith in the religious sense. This double articulation implies that we should refer to the contribution of Husserl's phenomenology, as well as that of Michel Henry who has restructured its interpretation. A special place is reserved for the theses dear to Nietzsche, whose major intuitions are compared by the author with those of John on the Word of Life. So a dividing line is traced between Friedrich Nietzsche and Michel Henry, Edmond Husserl and Emmanuel Levinas, Luc Ferry and Paul Audi. What emerges is a renewed vision of ethics founded on the recognition of the other human being encountered in his incarnate singularity. But also the hypothesis of a transfiguration of the flesh, as a lieu of the uprising of life: can one conceive the Resurrection of Christ as a hope that has encountered the Dionysiac resolution of Nietzsche...
Parler de l'intime est aussi vital que de respirer. Nous vivons en effet l'intime au plus profond de nous-même et pourtant il ne nous paraît pas évident de le situer, encore moins de le caractériser. Par ailleurs, nul n'y pénètre du dehors : l'intime est notre jardin secret, ce lieu inviolable qui n'appartient qu'à nous et qu'il faut préserver, protéger. Mais il est en même temps mystérieux, pas facilement accessible. Comment le dévoiler ? C'est ce que ce livre tente d'explorer en nous invitant à descendre dans les plis de notre univers très privé. La forme choisie est celle du dialogue, car il permet de dynamiser l'échange et d'enrichir la réflexion. Ce qui n'empêchera pas d'interroger les philosophes qui se sont penchés sur l'intime. Nul doute que leurs découvertes éclaireront une meilleure connaissance de nous-même.
Présentation de l'éditeur Il y a ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas ! Où est la vérité... Laissons la question ouverte pour l'aborder d'un point de vue philosophique. Comment peut-on penser la résurrection? Que dévoile cet événement du pouvoir de la vie? Comment interpréter ce phénomène en le considérant selon les textes? Qu'en disent les témoins... Pourquoi les disciples du Christ sont-ils passés du doute à la certitude? S'ils l'ont reconnu vivant, que s'est-il vraiment passé et que peut-on en dire? Que dire du statut de ce corps glorieux et de sa manifestation charnelle? Si le Christ est vraiment ressuscité, qu'est-ce que cela change dans notre rapport à la vie et à la mort... François Gachoud tente ce pari tout en sachant que la part de mystère qu'il implique dépasse toute démonstration.
Et si la meilleure manière de se découvrir philosophe était de se sentir interpellé par les interrogations de la vie? La vie quand elle nous bouscule et bouleverse, quand elle nous fait basculer dans d'imprévisibles vertiges... N'avons-nous pas été un jour saisi de plein fouet par l'étrange sentiment du vertige? Vertige d'exister, vertige du doute. vertige de vivre, vertige d'aimer, vertige du désir, de la beauté, de la liberté, mais aussi vertige du mal, de l'angoisse, du temps, de la mort... Pourquoi le vertige? Le vertige est toujours lié à la question du pourquoi, mais c'est un pourquoi qui nous jette en bordure d'abîme. Nous perdons pied devant d'impossibles réponses. Ce n'est pas seulement la raison qui bascule. C'est nous-même, c'est notre vie. Et si c'était là notre condition même? Ne sommes-nous pas des êtres finis, éphémères, contingents et mortels? Qu'y a-t-il donc derrière nos vertiges? Peut-on en dire les lieux, en délimiter les contours, essayer d'en explorer les voies? Le vertige est proposé ici comme un lieu d'éveil et comme l'exercice d'un travail sur soi: salutaire arrachement au confort, aux conventions, aux habitudes acquises. Mais aussi ouverture aux manifestations insoupçonnées de la vie, appel à l'invention de soi, aux remodelages de nos choix. Expériences que nous souhaitons propices à d'étonnantes découvertes. Elles peuvent conduire à la lumière d'un autre regard sur soi.
Et si la meilleure manière de se découvrir philosophe était de se sentir interpellé par les interrogations de la vie ? La vie quand elle nous fait basculer dans d'imprévisibles vertiges... N'avons-nous pas été un jour saisi de plein fouet par l'étrange sentiment du vertige ? Vertige d'exister, vertige du doute, vertige de vivre, d'aimer, vertige du désir, de la beauté, de la liberté, mais aussi vertige du mal, de l'angoisse, de la mort... Pourquoi ces vertiges ? Si nous éprouvons parfois l'impression de perdre pied devant ces questions qui nous paraissent sans réponses, celles-ci nous interpellent toujours car elles sont au coeur de nos vies. Plutôt que de les ignorer ou de les fuir, demandons-nous simplement : qu'y a-t-il donc derrière nos vertiges ? Peut-on en dire les lieux, en délimiter les contours, essayer d'en explorer les voies ? C'est le but de ce livre : une initiation aux grandes questions de la philosophie qui se présente comme l'exercice d'un éveil et d'un travail sur soi. Chacun y trouvera l'itinéraire possible de sa quête et de ses propres réponses.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...
Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.