La fausse conscience et autres textes sur l'idéologie
Gabel Joseph ; Allen David Frank ; Marcolini Patri
ECHAPPEE
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EAN :9782373091144
Sur tous les sujets politiques, les opinions sont aujourd'hui de plus en plus tranchées. " Progressistes " ou " réactionnaires ", celles et ceux qui les énoncent procèdent de la même manière : en ciblant une catégorie d'individus porteuse de tous les maux, en mettant sur le même plan des phénomènes qui n'ont rien à voir, et en réécrivant le passé. Aveugles aux faits qui démentent leurs convictions, les esprits militants considèrent toute contradiction comme inacceptable, voire dangereuse. à la racine de ce type d'attitude, on trouve ce que Joseph Gabel appelait la fausse conscience, soit l'altération du contact vital avec la réalité. Elle est au fondement des idéologies, applications de systèmes abstraits et rigides, fermés à l'expérience, appréhendant les êtres humains comme des objets. Le nazisme et le stalinisme en ont été les exemples les plus extrêmes. Mais comme le suggère Gabel, c'est en fait l'organisation capitaliste et technocratique de notre société qui favorise le développement de la fausse conscience : la prépondérance de l'avoir sur l'être, de la quantité sur la qualité, de même que la dépersonnalisation et la réification, y abolissent toute dimension humaine. Livre culte de la critique sociale, célèbre dans le monde entier, La Fausse conscience, publié en 1962, nous revient aujourd'hui dans une édition augmentée : une lecture plus nécessaire que jamais.
Nombre de pages
544
Date de parution
13/01/2023
Poids
660g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782373091144
Titre
La fausse conscience et autres textes sur l'idéologie
Auteur
Gabel Joseph ; Allen David Frank ; Marcolini Patri
Editeur
ECHAPPEE
Largeur
141
Poids
660
Date de parution
20230113
Nombre de pages
544,00 €
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Dans ce court essai, Joseph Gabel, philosophe et sociologue d origine hongroise, se propose d intégrer un concept clé de la pensée marxiste, la réification, à l analyse psychopathologique d une forme de schizophrénie. L application du concept de réification, issu de la philosophie politique, au domaine de la psychiatrie, apparaît comme une tentative de l auteur visant à jeter des ponts entre des disciplines distinctes. Par son élaboration d analogies fécondes, Jospeh Gabel espère parvenir à l élargissement des champs de recherche respectifs de chacune des disciplines auxquelles il fait appel. Dans un système d économie capitaliste, la réification désigne le processus de rationalisation à outrance qui tend à pétrifier le fonctionnement de l ensemble de la société. L homme de l univers réifié appartient à un monde déshumanisé, qui tend à réduire l aspect qualitatif de la vie à une chose composée d éléments quantifiables. La conscience réifiée ressemble ainsi, en de nombreux points, à celle du patient souffrant de schizophrénie, dans la mesure où elle établit un rapport d étrangeté radicale à l idée de mouvement, et plus largement à celle d Histoire. Les différents résumés d observations de schizophrènes que joint Joseph Gabel à son essai s avèrent d ailleurs édifiants. Incapable d envisager la multiplicité des facettes d un objet ou faisant preuve d un détachement complet à l égard des questions morales, le schizophrène apparaît donc comme un individu souffrant de symptômes analogues à ceux que le processus de réification étend à l ensemble de la société moderne. En se fondant sur les acquis de la pensée marxiste qu il confronte à de nouveaux objets d études, Joseph Gabel parvient à ouvrir de nouvelles perspectives d analyses, qui trouveront des applications tant dans l étude de nouvelles formes de schizophrénie que dans la psychologie sociale.
« Le marxisme se meurt, le marxisme est mort ». On entend les sanglots des pleureuses et les Bossuet de l'Intelligentsia se penchent sur le canevas de leurs oraisons funèbres. Après une existence triomphale de plus d'un siècle, le marxisme aborde l'âge des déceptions et des reniements. La « tragédie du marxisme » rappelle celle du Père Goriot et du Roi Lear ; il est renié par ses enfants. Or si le marxisme est peut-être moribond, la dialectique se porte, en revanche, comme un charme ; elle reste (Sartre l'a bien vu) l'instrument incontournable de toute démystification idéologique. Ce n'est certes pas sans bonne raison que le stalinisme avait la dialectique en horreur. Le but des études réunies dans ce volume est de contribuer à la sauvegarde de ce chargement précieux qui surnage, non sans difficulté, après le terrible naufrage du marxisme politique et économique. Elles visent aussi à « faire descendre la dialectique de l'éther philosophique où elle séjourne habituellement, sur la terre des hommes... » (J. d'Hondt)
Joseph Gabel étudie dans cet essai la signification psychopathologique du mensonge. Il définit la maladie mentale par quatre traits essentiels esseulement, perte de liberté, absence de rencontre et de valeurs dont il montre qu ils sont également caractéristiques du menteur; pour conclure que la recherche de la vérité n est pas une activité de luxe, mais une dimension essentielle de notre santé et de notre humanité.
Avec huit romans écrits de la main d'un maître qui détestait les tyrans, Albert Cossery fit peu de bruit malgré son goût prononcé pour la fête. Venu d'Egypte après-guerre, il s'installe à Paris où il fréquente la bohème intellectuelle et artistique du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il y mène une vie proche de celle qu'il exalte dans ses récits réjouissants, où l'on découvre les aventures hautes en couleur des gens de peu du Proche-Orient : traîne-savates, sans-le-sou, vagabonds, prostituées, lettrés inadaptés, ascètes et saltimbanques... La frugalité joyeuse de ses personnages, pleins d'humour et de sagesse, subvertit sans cesse l'absurdité du mode de vie occidental contemporain. D'ailleurs, Cossery disait écrire "pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain". En déshabillant les rois imposteurs et en faisant l'éloge de la paresse, ce "Voltaire du Nil", comme on l'a qualifié, magnifie l'aristocratie des moins que rien qui hantent les ruelles en riant, libres de toute possession. Au-delà d'une réflexion sur l'oeuvre d'Albert Cossery, ce livre invite à s'affranchir de la société matérialiste en conjuguant sous toutes ses formes le refus de parvenir, pour trouver, dans la simplicité et le détachement, d'autres manières de vivre.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, de jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l'Eglise, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l'entrée d'une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C'est le début d'une longue série d'actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d'édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu'ils réalisent le plus souvent à la faveur de l'obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l'impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices. A partir de nombreux documents d'archives et témoignages d'époque, ce livre, récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l'histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l'enfer de la mine.
Nestor Makhno, protagoniste légendaire et damné de la guerre civile qui suit la révolution russe de 1917, déclenche un mouvement insurrectionnel autonome en organisant des paysans d'Ukraine qui brandissent bien haut le drapeau noir de l'anarchie. La "Makhnovchtchina" comptera jusqu'à 25000 partisans et la fulgurance de son action n'aura d'égal que son courage à livrer bataille : contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens et finalement contre l'Armée rouge. C'est cette épopée grandiose qui nous est racontée ici. Mais ce livre est aussi l'évocation d'un destin hors du commun, aussi tragique que celui du mouvement auquel il a donné son nom. Celui d'un homme, fils de paysans plongé au coeur de l'un des plus grands bouleversements de l'histoire, obligé de s'exiler loin des steppes qu'il a parcourues avec tant d'ardeur, et qui, après avoir erré de prison en prison dans divers pays, devint ouvrier chez Renault et mourut dans une extrême pauvreté. Voici l'un des épisodes les plus glorieux, et pourtant méconnu, de la mémoire des vaincus.
Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s'affronter deux projets de société : celui d'une maîtrise rationnelle du réel et celui d'une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l'économie. Le second reste encore à construire pour qu'advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante. Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d'autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd'hui : auto-organisation des luttes, pratique de l'égalité et sens des limites. Ce projet d'autonomie n'est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu'une expérience. Il est un horizon, celui d'une société consciente du fait que le pouvoir est l'affaire de tous. C'est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.