Dans ce court essai, Joseph Gabel, philosophe et sociologue d origine hongroise, se propose d intégrer un concept clé de la pensée marxiste, la réification, à l analyse psychopathologique d une forme de schizophrénie. L application du concept de réification, issu de la philosophie politique, au domaine de la psychiatrie, apparaît comme une tentative de l auteur visant à jeter des ponts entre des disciplines distinctes. Par son élaboration d analogies fécondes, Jospeh Gabel espère parvenir à l élargissement des champs de recherche respectifs de chacune des disciplines auxquelles il fait appel. Dans un système d économie capitaliste, la réification désigne le processus de rationalisation à outrance qui tend à pétrifier le fonctionnement de l ensemble de la société. L homme de l univers réifié appartient à un monde déshumanisé, qui tend à réduire l aspect qualitatif de la vie à une chose composée d éléments quantifiables. La conscience réifiée ressemble ainsi, en de nombreux points, à celle du patient souffrant de schizophrénie, dans la mesure où elle établit un rapport d étrangeté radicale à l idée de mouvement, et plus largement à celle d Histoire. Les différents résumés d observations de schizophrènes que joint Joseph Gabel à son essai s avèrent d ailleurs édifiants. Incapable d envisager la multiplicité des facettes d un objet ou faisant preuve d un détachement complet à l égard des questions morales, le schizophrène apparaît donc comme un individu souffrant de symptômes analogues à ceux que le processus de réification étend à l ensemble de la société moderne. En se fondant sur les acquis de la pensée marxiste qu il confronte à de nouveaux objets d études, Joseph Gabel parvient à ouvrir de nouvelles perspectives d analyses, qui trouveront des applications tant dans l étude de nouvelles formes de schizophrénie que dans la psychologie sociale.
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Date de parution
21/08/2009
Poids
69g
Largeur
100mm
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EAN
9782844853233
Titre
LA REIFICATION
Auteur
GABEL JOSEPH
Editeur
ALLIA
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100
Poids
69
Date de parution
20090821
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Le marxisme se meurt, le marxisme est mort . On entend les sanglots des pleureuses et les Bossuet de l'Intelligentsia se penchent sur le canevas de leurs oraisons funbres. Aprs une existence triomphale de plus d'un sicle, le marxisme aborde l'ge des dceptions et des reniements. La tragdie du marxisme rappelle celle du Pre Goriot et du Roi Lear ; il est reni par ses enfants. Or si le marxisme est peut-tre moribond, la dialectique se porte, en revanche, comme un charme ; elle reste (Sartre l'a bien vu) l'instrument incontournable de toute dmystification idologique. Ce n'est certes pas sans bonne raison que le stalinisme avait la dialectique en horreur. Le but des tudes runies dans ce volume est de contribuer la sauvegarde de ce chargement prcieux qui surnage, non sans difficult, aprs le terrible naufrage du marxisme politique et conomique. Elles visent aussi faire descendre la dialectique de l'ther philosophique o elle sjourne habituellement, sur la terre des hommes... (J. d'Hondt)
Joseph Gabel étudie dans cet essai la signification psychopathologique du mensonge. Il définit la maladie mentale par quatre traits essentiels esseulement, perte de liberté, absence de rencontre et de valeurs dont il montre qu ils sont également caractéristiques du menteur; pour conclure que la recherche de la vérité n est pas une activité de luxe, mais une dimension essentielle de notre santé et de notre humanité.
Race prolifique", les imbéciles, du fait même de leur nombre, assurent la survie de l'espèce. Ils sont aussi source de divertissement et autorisent la plus grande paresse. Leur domination, vu la masse qu'ils représentent, permet l'oisiveté. Car si tous les hommes étaient intelligents, que d'efforts il faudrait déployer. Qui plus est, sans imbécile, pas de génie. En effet, l'imbécile accepte volontiers des tâches, voire des responsabilités, dont l'homme intelligent ne voudrait pour rien au monde. Raison pour laquelle les puissants en sont souvent doté, d'imbécillité. L'imbécile a ceci de dangereux qu'il se mêle de tout et volontiers d'art et de littérature, quand ce n'est pas de politique. C'est que les imbéciles sont partout et prolifèrent. Mais ce peut aussi être un avantage.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".