La psychanalyse semble aujourd'hui e?tre passe?e corps et biens dans le camp de la re?action. Outre les sorties me?diatiques contre les bandes de jeunes qui ne reconnaissent plus d'autorite?, le " fe?minisme diffe?renciateur " ou encore une " e?pide?mie de transgenres ", c'est l'histoire re?volutionnaire qui est de?nigre?e : mai 1968, qualifie? de " re?gression annale ", et la Re?volution franc?aise re?duite a? une simple affaire oedipienne. Contre cette entreprise de re?ification, qui touche la discipline psychanalytique elle- me?me, ce livre entend redonner leur place aux acteurs et actrices de l'histoire populaire de la psychanalyse qui ont soutenu et accompagne? les mouvements re?volutionnaires de leur temps en cherchant a? mettre la clinique au coeur de la cite?. On y de?couvre un Freud enthousiaste a? l'annonce de la re?volution de 1917, qui encourage les expe?riences mene?es par Vera Schmidt et d'autres dans la Russie bolchevique. On suit la trajectoire de Marie Langer, de la Vienne rouge a? l'Argentine, qui tente de concilier son engage- ment fe?ministe et marxiste avec sa pratique analytique et les contraintes de l'exil... Et celle de Franc?ois Tosquelles, de la guerre d'Espagne a? l'ho?pital de Saint-Alban ou? sa rencontre avec Jean Oury symbolise celle de deux ge?ne?rations : les analystes des anne?es 1920-30 et ceux des anne?es 1960 qui, en France, se retrouvent au sein de la clinique de La Borde.
Nombre de pages
224
Date de parution
17/09/2021
Poids
252g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782358722179
Titre
Histoire populaire de la psychanalyse
Auteur
Gabarron-Garcia Florent
Editeur
FABRIQUE
Largeur
130
Poids
252
Date de parution
20210917
Nombre de pages
224,00 €
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Résumé : Dépolitisée, la psychanalyse rouille aujourd'hui dans la boîte aux outils de la normalisation contemporaine, patauge dans le marécage du conformisme généralisé. Il n'en a pas toujours été ainsi. S'appuyant sur une historiographie minutieuse, une lecture croisée de Deleuze, Guattari et Lacan et un matériel clinique foisonnant, Florent Gabarron-Garcia restitue à la pensée et à la pratique psychanalytique toute sa vitalité. Le primat oedipien abandonné, c'est avec l'inconscient réel qu'il s'agit désormais de cheminer : un inconscient traversé par les aléas de nos histoires singulières et de la grande Histoire et capable de subversions à l'encontre du règne du spectacle et de la marchandise.
En limitant l'inconscient au refoulé et le refoulé à l'Oedipe, la psychanalyse est pour une large part devenue une école de la résignation qui renforce l'ordre social. Cette mue conservatrice, qui l'a conduite à se replier exclusivement sur les maux privés des individus et à arraisonner le malaise contemporain, n'avait cependant rien d'inéluctable. Elle n'a rien non plus de définitif. La psychanalyse peut redevenir un vecteur d'émancipation, à condition d'être recentrée sur le réel - c'est-à-dire sur les rapports entre jouissance et politique. Restituant les débats passionnants qui, de Deleuze et Guattari au dernier Lacan, ont contribué à cette opération de recentrage, Florent Gabarron-Garcia propose dans cet ouvrage une critique en règle du psychanalysme, cette orthodoxie qui aboutit inéluctablement à une pathologisation tant de la folie que du discours critique. Il montre au contraire comment une attention soutenue au lien inextricable qui unit les histoires des personnes et la grande Histoire peut rendre à la clinique sa portée subversive, et transformer le sentiment de fatalité en désir de révolution.
Résumé : Dans cet ouvrage majeur, Ilan Pappé, historien israélien de renom, revient sur la formation de l'Etat d'Israël : entre 1947 et 1949, plus de 400 villages palestiniens ont été délibérément détruits, des civils ont été massacrés et près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été chassés de chez eux sous la menace des armes. Ce nettoyage ethnique a été passé sous silence pendant plus de soixante ans et peine encore à être considéré dans sa pleine mesure. S'appuyant sur quantité d'archives, Ilan Pappé réfute indubitablement le mythe selon lequel la population palestinienne serait partie d'elle-même et démontre que, dès ses prémices, l'idéologie fondatrice d'Israël a oeuvré pour l'expulsion forcée de la population autochtone. Ce qui fut un grand livre d'histoire est aujourd'hui une lecture indispensable hélas éminemment d'actualité. Publié pour la 1 re fois en français en 2006 chez Fayard, il a été mis en arrêt de commercialisation à la fin de 2023 alors que les bombes pleuvaient sur Gaza.
Face aux gouvernements liberticides, aux violences policières, à la réaction coloniale en Kanaky ou au patronat radicalisé, plus il devient nécessaire de se défendre en justice, plus il est difficile de le faire. C'est l'expérience que font au quotidien les avocates des classes opprimées : quand l'ordre social et la légitimité du pouvoir sont mis en cause, garde des Sceaux, parquet et juges font bloc derrière le régime, et les principes libéraux de "l'Etat de droit" ne pèsent plus bien lourd. Pour conjurer l'impuissance, Elsa Marcel invite à renouer avec la défense politique déployée par les avocates des combattantes du FLN pendant la guerre d'Algérie, par les grandes figures du mouvement ouvrier comme Marx ou Rosa Luxemburg lors de leurs procès, par les animateurs du tribunal Russell contre les crimes américains au Vietnam ou encore par les juristes du Mouvement d'action judiciaire dans les années 1970 - autant de pistes pour repenser aujourd'hui les pratiques de la profession et ses rapports aux luttes. Une analyse lucide de l'arène judiciaire sous état d'urgence pour servir au combat dans les tribunaux comme en dehors.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Au fil des saisons, nous avons formé des cortèges bigarrés, muni·es de bêches, de mégaphones et de meuleuses, vêtu·es de bleus de travail et de combinaisons blanches, escorté·es par des oiseaux géants... Nous avons traversé les bocages et les plaines, arpenté les vallées industrielles et le bitume des usines ? et même frôlé les cimes alpines. Nous nous soulevons pour défendre les terres et leurs usages communs. Contre les méga-bassines, les carrières de sable, les coulées de béton et les spéculateurs fonciers, nous voulons propager les gestes de blocage, d'occupation et de désarmement, pour démanteler les filières toxiques. Nous nous soulevons parce que nous n'attendons rien de ceux qui gouvernent le désastre. Nous nous soulevons parce que nous croyons en notre capacité d'agir. Depuis des siècles, du nord au sud, des mouvements populaires se battent pour défendre une idée simple : la terre et l'eau appartiennent à tou·tes, ou peut-être à personne. Les Soulèvements de la terre n'inventent rien ou si peu. Ils renouent avec une conviction dont jamais nous n'aurions dû nous départir.