Jean-Patrick Manchette. Le récit d'un engagement manqué
Frommer Franck
KIME
19,30 €
Epuisé
EAN :9782841743094
A l'heure où les démons de la censure réapparaissent sournoisement sur la scène littéraire, la littérature persiste à poser les mêmes questions déstabilisantes. De même, sans plus prétendre " changer la vie ", persiste-t-elle à vouloir agir sur le monde. Dans ces conditions, qu'appelle-t-on aujourd'hui un écrivain engagé ? Jean-Patrick Manchette (1942-1995) a résolument incarné cette figure. En dix ans et une dizaine de romans, il a, par sa capacité critique, porté un coup fatal à l'écriture de polars en France. Notre intention est claire : montrer que Manchette n'a nullement été l'inventeur d'un nouveau genre - le néo-polar -, mais plutôt son fossoyeur le plus fécond. Il a accompli une expérience critique unique dans l'histoire du roman noir français : utiliser sa force socio politique tout en jouant ironiquement de ses mécanismes formels. Mais à l'aube des années quatre-vingt, J-P Manchette s'est heurté à une impasse tant politique que formelle et a abandonné l'écriture de roman. Notre ambition est de comprendre ce retrait et en quoi il préfigure le retournement de tendance romanesque qui s'est produit en France à cette époque. Journaliste durant une douzaine d'années, puis responsable de publications, Franck Frommer poursuit son travail de recherches dans le domaine du roman français contemporain.
Nombre de pages
156
Date de parution
13/05/2003
Poids
216g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841743094
Titre
Jean-Patrick Manchette. Le récit d'un engagement manqué
Auteur
Frommer Franck
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
216
Date de parution
20030513
Nombre de pages
156,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Qui est aujourd'hui l'ennemi numéro un de l'armée américaine? Les Talibans? Al-Qaida? L'Iran? Non, l'ennemi, c'est PowerPoint, comme l'a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel "PowerPoint nous rend stupides". Apparu en 1987, ce logiciel destiné à fabriquer des présentations visuelles pour soutenir des exposés oraux s'est rapidement imposé comme outil de communication dans les entreprises. Et aujourd'hui, plus aucun domaine d'activités n'est épargné par le défilement des slides animées et la succession des bullet points: des conseils d'administration aux assemblées municipales, de la publicité aux nouvelles technologies, des ministères à l'école ou à l'hôpital, en passant par les prétoires ou les églises, PowerPoint est partout. Dans ce livre documenté, Franck Frommer présente la première enquête sur les effets de cette hégémonie. Evoluant depuis des années dans la "culture ppt", il a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la "pensée PowerPoint", avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que ce logiciel fonctionne en pratique comme une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle où la raison et la rigueur n'ont plus place. Plus grave, PowerPoint a servi à imposer de véritables modèles de pensée issus du monde de l'informatique, de la communication et des consultants. Des modèles qu'on voit se diffuser à l'ensemble des activités sociales, distillant une novlangue particulièrement indigente qui tend en effet à nous rendre tout simplement... stupides.
Il est présent dans toutes les entreprises, peut attraper un virus, mais n'est jamais malade et ne manque aucune réunion. En vingt-cinq ans, PowerPoint est devenu LA référence des présentations. Et a changé les méthodes de travail de millions d'employés. Franck Frommer, spécialiste de la "culture ppt", le démontre : ici la mise en forme prime sur le fond. Raison et rigueur s'effacent devant les bulles points et les graphiques fantaisistes. Le règne du discours creux et de l'évidence mis en lumière. De là à devenir stupide...
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.