Nabis: prophètes en hébreu. Ainsi se proclama un groupe de jeunes peintres en 1888. Paul Sérusier, Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Félix Vallotton, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson, Georges Lacombe, Aristide Maillol, Jan Verkade, Henri-Gabriel Ibels, Mogens Ballin et Jozsef Rippl-Ronaï, furent les prophètes de cette nouvelle peinture, reconnaissant deux influences déterminantes: ]'oeuvre de Gauguin et le symbolisme. Les aplats de couleurs pures, cernés de contours simplifiés, les arabesques, les harmonies rythmiques, l'absence de profondeur d'un esprit proche des estampes Japonaises, caractérisent les oeuvres nabies, scènes intimistes, portraits ou paysages. Cet ouvrage montre comment la curiosité de ces artistes les porta à expérimenter, en plus de la peinture, tous les domaines artistiques, de la création de meubles à celle de paravents, d'éventails, de tapisseries, de vitraux ou encore de lithographies, d'affiches, d'illustrations de livres et de revues.
Nombre de pages
319
Date de parution
10/12/2002
Poids
2 126g
Largeur
243mm
Plus d'informations
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EAN
9782080110633
Titre
Les Nabis
Auteur
Frèches-Thory Claire ; Terrasse Antoine
Editeur
FLAMMARION
Largeur
243
Poids
2126
Date de parution
20021210
Nombre de pages
319,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En avril 1891, Gauguin quitte la France pour Tahiti. Pour retrouver, dans cet ailleurs lointain, "ce malgré moi de sauvage" et ne "faire que de l'art simple, très simple". Lorsqu'il y débarque le 9 juin, le dernier roi de l'île vient de mourir et l'ancienne religion polynésienne, évincée par le christianisme, n'est plus qu'un souvenir dans la mémoire des naturels. Fuyant le "snobisme colonial" de Papeete, il choisit Mataiea, plus au sud, s'imprègne de la luxuriante nature et du caractère des habitants, pour rendre le mystère du peuple maori. Vient l'heure du retour en métropole; durant deux années, il va tenter de faire reconnaître ses ?uvres tahitiennes - en vain. En 1895, un nouveau départ s'impose, "pour toujours en Océanie sans l'éternelle lutte contre les Imbéciles". Malgré sa détresse physique et morale, Gauguin va peindre ses compositions les plus édéniques, s'engageant plus avant encore dans l'exaltation des couleurs. Des ?uvres qui invitent à une lecture symbolique et annoncent la grande toile de 1897, D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous? Son testament pictural, avant un dernier exil, en 1901, aux Marquises
Comment Henri Rousseau, petit employé de l'octroi de Paris - d'où son surnom de "Douanier" - devenu peintre autodidacte dans les années 1880, en vint-il, alors qu'il ne quitta jamais la France, à inventer ses grandes "jungles" qui assurent aujourd'hui sa célébrité? C'est dans ses promenades au jardin des plantes et dans les serres du Muséum d'histoire naturelle, dans l'imagerie populaire et les récits de l'époque que ce doux rêveur à l'imagination débordante va puiser l'inspiration de ses luxuriantes forêts tropicales. Tour à tour menaçantes lorsque s'y affrontent des bêtes sauvages, paisibles quand y jouent des singes facétieux, mystérieuses quand on y trouve une charmeuse de serpents, une allégorie de la Guerre ou encore un canapé Louis-Philippe! Un art bien étrange, longtemps moqué au salon des Indépendants, avant d'être loué par Apollinaire et Picasso comme celui d'un faux naïf, voire d'un vrai moderne.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.