Le mythe de la banlieue rouge, thème majeur du débat politique entre les deux guerres, n'a pas entièrement disparu. Formé entre 1924 et le Front populaire, il prend l'aspect d'une opposition radicale entre la banlieue, terre déshéritée, abandonnée, vouée par nature à la révolte et à la révolution, et la capitale assiégée, ois se concentrent l'ordre, la civilisation et les symboles du capitalisme : nouveaux communards d'au-delà des faubourgs, les barbares, c'est-à-dire les communistes, assiègent Paris. Pour comprendre le mythe, et aller au-delà, l'auteur rassemble les données démographiques, économiques, sociales qui ont pu favoriser l'implantation du Parti communiste. Elle a choisi Bobigny parce que la municipalité y est communiste sans interruption depuis 1920, et que Jean-Marie Clamamus, grande figure des banlieues ouvrières, en fut le député, puis le sénateur-maire. Elle reconstitue avec précision ce que fut, à Bobigny, la vie quotidienne des pionniers des lotissements de l'entre-deux-guerres, et montre comment, dans ce milieu original, le Parti communiste assura son hégémonie. La description vivante d'un âge d'or du communisme banlieusard permet de mieux poser une question d'actualité : est-ce la longue crise du modèle politique inventé dans l'entre-deux guerres qui explique la lente disparition de la ceinture rouge ...
Nombre de pages
214
Date de parution
01/02/1989
Poids
315g
Largeur
154mm
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EAN
9782708225046
Titre
Bobigny, banlieue rouge
Auteur
Fourcaut Annie ; Prost Antoine
Editeur
ATELIER
Largeur
154
Poids
315
Date de parution
19890201
Nombre de pages
214,00 €
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Résumé : Voici un livre d'actualité. Un livre attendu. Issu du colloque " Réalités, évolutions et représentations des ségrégations urbaines en France de la fin de l'Ancien Régime aux années 1960 " tenu en janvier 1994 à l'Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, cet ouvrage trace le chemin conducteur d'une réflexion nouvelle et féconde sur l'histoire de la ville. Saisie ici sur un espace exclusivement français pour éviter une trop grande dispersion, la question de la division de la ville (dans tous les sens du terme) n'en apparaît pas moins forte dans les intéressantes études de cas régionaux (Paris, Lyon, Bordeaux, Rouen, Strasbourg, Alençon, Vierzon...). La perspective de la longue durée permet de relativiser certaines idées reçues sur les ségrégations urbaines et de mieux percevoir leur enracinement dans le temps. La ville d'Ancien Régime s'avère aussi discriminante que les métropoles contemporaines, même si les formes d'exclusion y sont différentes. Ce livre vient également combler un vide historiographique, ainsi que le rappelle Annie Fourcaut dans son introduction. Autre originalité : l'approche résolument pluridisciplinaire. Une grande place est faite aux études micro-locales sans pour autant perdre de vue le projet initial de constituer la ségrégation urbaine en objet d'histoire pertinent, entre monographies singulières et analyses transversales et de faire de ce livre un instrument de lecture des lignes de fracture de la ville d'aujourd'hui. Livre d'érudition, La ville divisée est aussi un ouvrage d'une grande lisibilité et d'un accès agréable. La précision des exemples régionaux, la diversité des échelles de lecture et l'abondante iconographie originale contribuent à étayer les réflexions fondamentales proposées par Annie Fourcaut en introduction.
Dans sa lutte pour la survie dans les camps des Khmers rouges au Cambodge, Claire Ly, née boudhiste, entame une conversation avec le "Dieu des Occidentaux" auquel elle demande des comptes. Un apprivoisement qui la conduira vers la voie étonnante de la conversion. Avril 1975, les Khmers rouges deviennent les maîtres du Cambodge. Une femme, sa mère et ses deux enfants prennent la route pour la Thaïlande. Leur fuite est bientôt stoppée par les soldats de Pol Pot. Commence alors un long calvaire : camp de travail à la campagne, exécutions sommaires, endoctrinement des enfants, malnutrition, chasse aux bourgeois et aux intellectuels. Dans un récit bouleversant et rare, Claire Ly raconte sa lutte obstinée pour la survie. Que peut faire une jeune femme contre la folie génocidaire de soldats et de militants qui ont sciemment décidé d'éliminer les ennemis du peuple ? Les principes de l'éducation cambodgienne fondés sur une certaine conception du bouddhisme enseignent l'impassibilité, "la voie du milieu" , le détachement à l'égard des souffrances endurées. Pourtant, pour survivre Claire Ly ne peut plus taire sa haine et sa révolte. Bousculant ces valeurs ancestrales, elle choisit de demander des comptes au Dieu des Occidentaux. Pourquoi a-t-il permis ces horreurs ? Peu à peu, ce Dieu étranger devient un compagnon qui le conduira vers une voie étonnante. A travers cette nouvelle édition, Claire Ly amène le regard du public sur sa blessure, pour donner le courage à autrui de regarder ses propres traumatismes. Elle nous démontre que l'épanouissement personnel de chacun ne s'accomplit que lorsque nous faisons face à nos blessures et interrogations tel un lotus émergeant de la boue.
Robert Guédiguian est un des cinéastes majeurs du cinéma français de ces quarante dernières années. Sa participation au jury du festival de Cannes 2018 a confirmé la notoriété internationale de son oeuvre. Pourtant son univers reste encore trop méconnu. Il est pourtant d?une grande richesse, du point de vue des idées, des formes et des émotions qu?il suscite. En allant à la rencontre de l?homme, de ses films et de son engagement, Christophe Kantcheff, qui côtoie le cinéaste depuis très longtemps, propose d?explorer, en texte et en images, cet univers passionnant. Largement illustré de photos de films, de tournage et de collections privées, ce beau livre offre une vision inédite de Robert Guédiguian en tant que cinéaste et en tant qu?artiste engagé dans le débat public. Très peu d?artistes s?expriment avec autant de force en termes politiques. Ce livre présente les fondations biographiques, toujours très influentes, de Robert Guédiguian. Puis, au gré d?un entretien, le réalisateur de Marius et Jeannette aborde son rapport de spectateur au cinéma et de citoyen face à la politique. C?est l?occasion pour lui de préciser un certain nombre de ses positions sur la gauche, le libéralisme, la démocratie, la révolution, l?accueil des réfugiés, la question des identités? Dans une seconde partie, l?ouvrage explore la richesse des thématiques que déploie l?oeuvre de Guédiguian, soulignant la singularité et la grandeur artistique des films réalisés.
En Amérique latine, les années 2000 sont marquées par un boom de l'extraction des matières premières. Les populations riveraines de ces projets extractivistes (forages pétroliers, mines, coupes de bois et cultures intensives...) "paient pour d'autres" : elles ne bénéficient en rien des ressources naturelles extraites ou des grands travaux réalisés, destinés à des entreprises ou des consommateurs situés à des milliers de kilomètres, mais doivent par contre en supporter les conséquences désastreuses. Ce boom extractiviste a provoqué une multiplication des résistances et mobilisations des populations affectées - peuples indiens, petits paysans et habitants des zones rurales - pour défendre leurs espaces de vie. Rassemblant des textes des meilleurs spécialistes de la question ainsi que d'acteurs et d'actrices de ces luttes, cet ouvrage documente les deux versants de ce phénomène central de l'Amérique latine contemporaine : projets de "développement" et résistances, extractivisme et écologie populaire.
Quel est l'avenir du travail ? A l'heure du développement de l'intelligence artificielle et des plates-formes numériques, sommes-nous condamnés à être au service des machines ou pouvons-nous, au contraire, les mettre à notre service ? A l'heure du péril écologique, comment travailler sans, dans le même temps, détruire la planète ? Alors que des accords transcontinentaux favorisent la concurrence au plus bas prix, est-il possible d'appliquer des normes sociales permettant un travail décent ? Et comment élaborer des règles qui, au lieu d'être des vecteurs d'une globalisation uniformisante, tiennent compte de la diversité des formes et expériences du travail dans les différents pays du monde ? Réunissant vingt et un auteurs du monde entier, conçu, dirigé et introduit par Alain Supiot, ce Livre du centenaire de l'Organisation internationale du Travail (OIT) dresse un panorama inédit du travail au XXIe siècle et pose les questions essentielles qui détermineront son avenir. Révolution technologique, péril écologique, ordre juridique international schizophrène sont autant de défis à relever pour qu'advienne, au XXIe siècle, le "régime de travail réellement humain" projeté par la Constitution de l'OIT en 1919.