Histoire social de l'esprit saint en Occident. De l'amour divin à l'aumône laïque (XIe-XIVe siècle)
Fontbonne Alexis
BEAUCHESNE
41,00 €
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EAN :9782701023045
Si Dieu n'est pas un objet de l'histoire, c'est en revanche le cas des propositions discursives mentionnant la divinité. La référence à l'Esprit circule au sein du monde médiéval et c'est de l'étude de ce processus qu'il est possible de tirer une histoire sociale de la troisième personne de la Trinité. Le présent volume s'attache à relier la théologie et les pratiques quotidiennes des laïcs, la suite de l'enquête abordera les liens entre la notion d'homme spirituel et l'Eglise comme institution bureaucratique. Dans ces pages, il s'agit de comprendre comment, entre 1150 et 1250, des débats théologiques autour du lien entre Esprit et amour dialoguent avec l'ordinaire de la vie médiévale, avec les pratiques charitables quotidiennes des laïcs. Un testament forézien devient alors le témoin de réflexions scolastiques antérieures d'un siècle et les premières des confréries du Saint-Esprit sont placées dans la continuité des conceptions ecclésiologiques contemporaines. Née d'une réflexion ecclésiologique offrant aux laïcs la possibilité d'être inspirés sans menacer le monopole ecclésiastique de la prédication, l'association entre l'Esprit et la pratique charitable se transforme en voyageant et passe d'une inspiration encadrée des laïcs à l'élément fondateur d'une notabilité apostolique, légitime à intervenir dans l'économie du salut. La constitution de la religion civique et du bien public, en partie issue de ce processus, comme sphère légitime d'activité des élites laïques, mène paradoxalement à la disparition progressive de la référence à l'Esprit dans les oeuvres de charité. L'amplitude chronologique du Moyen Age offre ainsi la possibilité de décrire toute l'histoire d'un fait social, l'association étroite et explicite entre charité divine et charité humaine, de sa naissance à sa fin.
Nombre de pages
430
Date de parution
12/11/2020
Poids
538g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701023045
Titre
Histoire social de l'esprit saint en Occident. De l'amour divin à l'aumône laïque (XIe-XIVe siècle)
Auteur
Fontbonne Alexis
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
538
Date de parution
20201112
Nombre de pages
430,00 €
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Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Fontbonne Alexis ; Kalinowski Isabelle ; Rauwel Al
La sociologie a fait un usage privilégié du Moyen Age pour se constituer en discipline autonome. Auguste Comte, Emile Durkheim, Max Weber, et plus tard Pierre Bourdieu ont ainsi pensé les transformations des sociétés contemporaines depuis la distance offerte par cette période et forgé des concepts à valeur générale comme le charisme, la rationalisation ou l'habitus. Les médiévistes ont pu à leur tour s'en emparer et les mobiliser. Mais le dialogue, déjà fécond, entre histoire et sociologie n'est pas sans poser de difficultés, notamment parce que certaines notions se fondent sur un Moyen Age qui n'existe plus, tant les représentations et connaissances sur cette période ont évolué au cours du dernier siècle. Alexis Fontbonne propose ici de faire revenir la sociologie à l'étude du Moyen Age, afin de poser les bases d'une véritable sociologie médiévale. S'appuyant sur les derniers travaux de la médiévistique, il présente une démarche, qui, à partir d'outils et de déconstructions critiques, devrait permettre une meilleure compréhension des pratiques sociales et de l'univers mental du Moyen Age et proposer un renouvellement de certains concepts sociologiques.
Quand faire reproduire un chien et une chienne ? Comment s'y prendre ? Comment surveiller la mise bas en la perturbant le moins possible ? Comment prendre soin des nouveaux-nés ? Quelles maladies faut-il redouter pour les chiots en bas âge ?... Ce guide pratique, riche en conseils utiles et en informations pratiques, répond à toutes les questions des éleveurs et des propriétaires. Son objectif est de permettre une reproduction avec un taux de réussite élevé et une bonne gestion des risques. Les auteurs, vétérinaires, enseignants à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, ont souhaité traiter le sujet d'une façon large, en le rendant le plus accessible possible et en l'éclairant par des données fondamentales : Réussir la saillie (La femelle : fonctionnement reproducteur, accouplement ; Le mâle : fonctionnement reproducteur, accouplement, insémination), De la gestation à la mise bas (Gestation, soins, alimentation ; Accouchement, soins aux nouveaux-nés, complications), De la naissance au sevrage des chiots (Allaitement, alimentation de la chienne ; Education et sociabilisation des chiots ; Maladies des jeunes chiots) ; Les troubles de la reproduction (Pour la femelle et le mâle, Infertilité, Maladies d'élevage) Maîtriser la reproduction (Carrière reproductrice, Chaleurs, Insémination artificielle, Nouvelles techniques d'élevage, gestion rationnalisée, cahiers d'élevage)
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.