La question du sens traverse de bout la vie des hommes. Elle est posée tant par leurs pratiques que par les objets qu'ils manipulent. La sémiotique naît de ce constat et cherche à en creuser la complexité. Sans parti pris quant aux obédiences théoriques ni quant aux objets d'étude, la collection Sigilla accueille des études originales reconnaissant la pertinence et la cohérence du projet sémiotique. Les vivants persistent à vivre, et les humains persévèrent. Les cours de vie prennent forme dans la manière dont leur continuité est assurée, malgré les obstacles et les aléas. Et le sens de la vie est tout aussi bien dans la force des engagements, dans les hésitations, les atermoiements, les renoncements et les changements de cap qui permettent, ou ne permettent pas, de persister. Les formes de vie trouvent sens dans la réunion entre des expressions (des formes du cours de vie) et des contenus (des valeurs, des émotions, des enjeux et des croyances). Toutes sont par principe disponibles pour tous les acteurs sociaux, qui peuvent se les approprier, les transformer, les confronter entre elles et en inventer de nouvelles, mais avec des chances inégales d'y parvenir. Par leur résistance aux segmentations sociales a priori, par leur capacité à établir des rapports entre des phénomènes d'une grande diversité, les formes de vie nous mettent en somme à «bonne distance», la distance qui convient à la fois à la compréhension et à l'évaluation critique de la signification de nos pratiques sociales, quotidiennes, politiques et médiatiques, et des discours qui les diffusent. Transparence sociale et politique, territoires socio-économiques et symboliques, croyances et régimes médiatiques, compétitivité et compétition, variations stylistiques de la mode : ce sont quelques-unes des innombrables configurations sémiotiques qui donnent du sens à nos vies quotidiennes, collectives ou individuelles. En traversant ces configurations l'une après l'autre, le sémioticien dialogue avec l'anthropologue, l'économiste, le géographe, le philosophe, ou le sociologue.
Nombre de pages
278
Date de parution
01/06/2015
Poids
580g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875620668
Auteur
Fontanille Jacques
Editeur
PULG
Largeur
160
Date de parution
20150601
Nombre de pages
278,00 €
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Résumé : Le texte, notamment le texte littéraire, certes, est au c?ur des préoccupations de la sémiotique, mais elle l'a souvent abordé comme un simple domaine d'application de la théorie. Affronter directement les problèmes de la critique littéraire elle-même, et examiner, à la lumière de la sémiotique, quelques notions ou ensembles de notions couramment utilisées par les spécialistes de littérature - point de vue, genre, style, intertextualité, figures de rhétorique, etc. : tel est, en revanche, le projet de cet ouvrage. L'approche sémiotique donne alors toute sa mesure : d'un côté, sans prétendre se substituer à l'approche littéraire, elle apparaît comme un complément méthodologique, qui aide à poser les problèmes, parfois à les résoudre; de l'autre, en faisant communiquer des approches d'origines diverses (l'anthropologie, la phénoménologie, la rhétorique, la linguistique, la stylistique), elle déplace les perspectives, elle suscite de nouvelles questions, et augmente ainsi notre compréhension des textes.
La sémiotique est une discipline de recherche qui procède par intégration. Ce qui signifie qu'au cours de la procédure qui conduit de l'objet visé à l'objet circonscrit pour l'analyse, ce dernier a intégré tous les éléments nécessaires à son interprétation et cette procédure agglomère plusieurs modes d'expression différents. L'approche sémiotique des pratiques doit par conséquent répondre à la fois à une exigence concrète, celle de la prise en charge de nouveaux champs d'investigation, et à un impératif épistémologique, celui de la définition des limites de leur propre immanence, condition nécessaire à une modélisation. L'ouvrage est structuré en trois parties: la définition des pratiques et leur situation comme un des plans d'immanence de l'analyse sémiotique, l'exploration des diverses pratiques pour en dégager leur organisation spécifique, les dimensions propres au plan d'immanence des pratiques. Biographie de l'auteur Professeur de linguistique et sémiotique, membre de l'IUF, président de l'Université de Limoges, Jacques FONTANILLE est l'auteur de plusieurs ouvrages de sémiotique et linguistique, dont la plupart dans la collection Formes sémiotiques.
Le corps n'est pas, pour la sémiotique, un domaine d'analyse parmi d'autres; il est au coeur d'une hypothèse théorique qui renouvelle notre conception des processus de signification. L'incarnation des processus signifiants leur procure un substrat qui s'impose à toutes les élaborations cognitives et émotives: les rôles narratifs sont portés par des corps; la production des discours émane d'une activité corporelle; les émotions et les passions, de même que les manifestations sensibles et perceptives impliquent des corps. Des corps qui interagissent conservent dans leur chair ou sur leur enveloppe corporelle les empreintes de ces interactions, et ce sont ces empreintes porteuses de significations à découvrir qui doivent être identifiées, extraites, déchiffrées et interprétées. La sémiotique de l'empreinte éclaire alors d'un nouveau jour l'énonciation, la narrativité, le jeu figuratif, la mémoire et l'anticipation des formes, le sens des textes, des images et des objets.
L'émergence est la pensée du nouveau, de l'inédit. Comment quelque chose peut-il apparaître là où rien n'était ? Pourquoi le tout n'est-il pas seulement la somme de ses parties ? Ce " quelque chose ", ce supplément, qui font la naissance, l'avènement ou la création de phénomènes culturels et scientifiques, ainsi que les mouvements qu'ils génèrent, sont étudiés sous le nom d'" émergence ". Dédicacé par un prix Nobel de Littérature, rassemblant des auteurs qui font autorité dans leur domaine, cet ouvrage constitue aussi bien une synthèse et une analyse scientifique des théories de l'émergence qu'un hommage à celui qui s'en est fait le concepteur en France. Jean-Marie Grassin, en effet, grâce a sa bonne connaissance de la francophonie et des questions de l'émergence de nouvelles littératures dans un contexte postcolonial, et comme observateur international privilégié des concepts littéraires, a proposé une description, puis une théorisation, de l'émergence. Venus de divers horizons des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales et de pays très divers, des chercheurs lui répondent en un échange fécond.
Des dizaines de milliers de morts, des familles séparées, des humains traqués, séquestrés, torturés et exploités. Parce qu'ils ne se trouvent pas du bon côté de la frontière, qu'ils n'ont pas le bon morceau de papier. Comment un système aussi violent peut-il être le fruit de l'Europe des droits de l'homme ? Comment la Belgique peut-elle se complaire dans cette trame ? A travers la résonance de l'histoire de la politique migratoire, le recueil de la propagande fascisante d'hier et d'aujourd'hui, l'étude de cas réels et le démêlé des rouages de l'administration et du droit, mais aussi des citoyens qui s'organisent et des voix qui s'élèvent, cet ouvrage est un état des lieux de la banalité du mal appliquée aux migrations.
Comparer les comparables ? Comparer les comparatismes ? Pourquoi et comment comparer ? La première interrogation a été formulée par E. Lésinas dans le questionnement sur les relations avec autrui ; elle a été transférée récemment dans le domaine de l'anthropologie culturelle, et plus particulièrement dans celui de l'histoire des religions. Les doutes entretenus par les grandes entreprises comparatistes, de J. G. Frazer à Cl. Lévi-Strauss en passant par M. Eliade ou G. Dumézil, ont suscité la seconde, plus récemment encore. Quant à la troisième elle est l'objet, pour les religions antiques, des contributions réunies dans le présent volume, dans des tentatives devenues désormais plus modestes et plus expérimentales. En effet, pour l'Antiquité, les principes de l'analyse structurale dans l'anthropologie culturelle et sociale des années 1960 ont conduit soit au paradigme indo-européen des trois fonctions, soit à un renouveau du paradigme sémitique : approche moins diachronique que synchronique dans le premier cas ; fréquente perspective historique de dérivation dans le second. Déconstructionisme et relativisme postmoderniste ont contribué à déstabiliser la belle assurance des oppositions et schémas structuraux. Ils ont montré les risques d'un universalisme et d'un essentialisme naturalisants. Désormais, la démarche comparative est revenue à des pratiques moins ambitieuses, soit sur le mode du questionnement et de l'expérimentation autour d'un problème, soit sur le mode de la comparaison différentielle à la recherche de spécificités définies par contraste, soit encore sur le mode dialogique et réflexif qui est aussi devenu celui de l'anthropologie culturelle et sociale. A l'exemple des phénomènes que nous plaçons sous l'étiquette de la religion, comment réhabiliter une démarche comparative à la fois rigoureuse et critique ? Questionnements donc, à partir d'exemples précis, sur les modèles d'intelligibilité dont nous nous inspirons, dans la dialectique parfois conflictuelle entre catégories "émiques" et catégories "étiques", pour refonder une analyse comparative productive, en histoire des religions en particulier et en sciences humaines en général.