Comparer en histoire des religions antiques. Controverses et propositions
Calame Claude ; Lincoln Bruce
PULG
20,00 €
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EAN :9782875620088
Comparer les comparables ? Comparer les comparatismes ? Pourquoi et comment comparer ? La première interrogation a été formulée par E. Lésinas dans le questionnement sur les relations avec autrui ; elle a été transférée récemment dans le domaine de l'anthropologie culturelle, et plus particulièrement dans celui de l'histoire des religions. Les doutes entretenus par les grandes entreprises comparatistes, de J. G. Frazer à Cl. Lévi-Strauss en passant par M. Eliade ou G. Dumézil, ont suscité la seconde, plus récemment encore. Quant à la troisième elle est l'objet, pour les religions antiques, des contributions réunies dans le présent volume, dans des tentatives devenues désormais plus modestes et plus expérimentales. En effet, pour l'Antiquité, les principes de l'analyse structurale dans l'anthropologie culturelle et sociale des années 1960 ont conduit soit au paradigme indo-européen des trois fonctions, soit à un renouveau du paradigme sémitique : approche moins diachronique que synchronique dans le premier cas ; fréquente perspective historique de dérivation dans le second. Déconstructionisme et relativisme postmoderniste ont contribué à déstabiliser la belle assurance des oppositions et schémas structuraux. Ils ont montré les risques d'un universalisme et d'un essentialisme naturalisants. Désormais, la démarche comparative est revenue à des pratiques moins ambitieuses, soit sur le mode du questionnement et de l'expérimentation autour d'un problème, soit sur le mode de la comparaison différentielle à la recherche de spécificités définies par contraste, soit encore sur le mode dialogique et réflexif qui est aussi devenu celui de l'anthropologie culturelle et sociale. A l'exemple des phénomènes que nous plaçons sous l'étiquette de la religion, comment réhabiliter une démarche comparative à la fois rigoureuse et critique ? Questionnements donc, à partir d'exemples précis, sur les modèles d'intelligibilité dont nous nous inspirons, dans la dialectique parfois conflictuelle entre catégories "émiques" et catégories "étiques", pour refonder une analyse comparative productive, en histoire des religions en particulier et en sciences humaines en général.
Nombre de pages
143
Date de parution
15/09/2012
Poids
290g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875620088
Auteur
Calame Claude ; Lincoln Bruce
Editeur
PULG
Largeur
160
Date de parution
20120915
Nombre de pages
143,00 €
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Résumé : Déméter, Bellérophon, Oreste, Io, Thésée, Héraclès, Prométhée, Tirésias, Hippolyte, la belle Hélène de Troie... Tous, nous croyons connaître la mythologie grecque car nous en gardons le souvenir de personnages dont les traits et gestes seraient fixés pour l'éternité. Or, montre Claude Calame, rien n'est plus instable et variable que le mythe, sans cesse récrit selon des époques précises, des auteurs singuliers, des fins spécifiques - morales, culturelles ou politiques. Au commencement, il y a toujours un récit intriqué dans sa forme d'énonciation qui lui donne tout son sens. On ne saurait donc dissocier dans le mythe le récit de la source qui le narre : la constitution indigène d'une mythologie (Homère, Hésiode, Orphée) ; les usages qu'en font la poésie chantée (Pindare), la pédagogie (sophistes, rhéteurs), la dramatisation théâtrale (poètes tragiques), voire l'historiographie (Hérodote, Thucydide) et l'iconographie. Claude Calame nous invite, à partir des formes choisies par les poètes, les artistes ou les philosophes, à comprendre ce qu'est l'art du mythe, ses contraintes et ses règles.
Résumé : Cyrène au ciel percé, Cyrène et ses trois récoltes annuelles de fruits, Cyrène nourricière de troupeaux en ses riches pâturages. Poètes et historiographes ont rivalisé d'invention pour faire de la fertile et prospère colonie grecque de Libye une terre de l'Age d'or. Mais Cyrène, c'est aussi le nom de la jeune nymphe tueuse de lions qu'Apollon, amoureux, emmène de Thessalie en Libye pour s'unir à elle sur le site de la future cité grecque, autour de l'eau jaillissante qui porte le même nom. C'est encore une terre lointaine qu'il faut ancrer au continent par un autre récit métaphorique, animé par les Argonautes. C'est enfin ce territoire civique dont le balbutiant Battos, conduit par la voix oraculaire d'Apollon Pythien, trace le plan en forme de nef, pour être héroïsé à sa poupe. Dans plusieurs entrelacs narratifs et métaphoriques d'une extraordinaire richesse les Grecs ont tissé la mémoire poétique d'un acte de fondation essentiel, consacré par un culte héroïque. Au gré des circonstances historiques, selon les occasions rituelles, en relation avec les genres qui les portent à leur public, ces différentes configurations du temps, de l'espace et de l'événement ne cessent de se métamorphoser. Mythe, légende, conte ou histoire ? L'occasion est trop belle pour ne pas montrer qu'en dépit de sa dénomination hellène, le mythe n'est pas une catégorie indigène. Pour les Grecs, les récits de fondation font partie de cette "archéologie" qui soumet l'histoire des temps anciens à la spéculation symbolique pour l'offrir à la communauté de croyance qui l'entretient sous une forme en général rituelle, avec une efficacité politique et religieuse renouvelée. Telle est la double visée de ce double essai : tenter une critique du concept moderne de mythe tout en restituant dans leur profondeur sémantique, et avec leurs fonctions poétiques et sociales, les créations fictionnelles suscitées par les relations mémorielles des Grecs avec le passé de la plus "mythique" de leurs colonies.
Résumé : Qu'est-ce qu'un auteur clans la littérature grecque antique ? Le présent ouvrage propose une série d'incursions dans des manifestations de l'art du poieîn tel qu'il est pratiqué par les artisans grecs de la parole poétique. Il s'agit d'un ensemble de lectures qui se veulent sensibles aux aspects énonciatifs, sémantiques et pragmatiques de quelques-uns parmi les grands textes poétiques qui ont marqué notre histoire de la littérature hellène. Ces lectures tendent à saisir ce qui se donne dans un premier temps comme simple instance d'auteur : position dans le discours, profil énonciatif, épaisseur sémantique, effets pratiques sur le public. Les marques discursives de l'auteur, les masques et simulacres d'auteur que présente en Grèce antique toute manifestation textuelle renvoient par des moyens poétiques à une autorité polymorphe, distincte de l'auteur biographique : elles dépendent de formes et de genres littéraires particuliers : elles renvoient à des circonstances de communication et à des fonctions sociales spécifiques. Il s'agit donc de saisir en acte quelques-uns des aspects fondamentaux de différentes formes poétiques et littéraires grecques à fonction pratique, à l'exemple d'un Hymne homérique, des Travaux d'Hésiode, d'un poème de Sappho, d'un bref poème épigraphique. d'une tragédie de Sophocle, des comédies d'Aristophane, d'une théogonie orphique et de son commentaire, d'un traité hippocratique, de l'un des Hymnes de Callimaque ; et d'une Idylle de Théocrite.
A travers les mots d'un poète masculin, au service de la martiale cité de Sparte, des jeunes filles chantent en choeur le désir homoérotique que leur inspire leur chorège tout en rendant hommage à une déesse proche d'Hélène. Pas si étonnant, lorsque l'on sait que les formes de sexualité en Grèce ancienne dépassent l'opposition moderne entre hétéro et homosexualité. Le genre comme rapport social et religieux à la sexualité, la culture musicale et poétique, les pratiques rituelles dans leur confrontation avec les récits héroïques fondateurs de la cité, les institutions, les statuts sociaux et politiques réservés aux femmes, sont autant de pistes explorés par cet ouvrage. A l'exemple des poèmes dit "parthénées" du poète spartiate Alcman, cet essai s'interroge à la fois sur les différents cultes dont la performance chorale féminine représente l'un des moments rituels essentiel et sur les qualités et fonctions des divinités auxquelles sont destinées ces célébrations de l'adolescence : Artémis, Apollon, Héra, Aphrodite et, à Sparte, Hélène. En combinaison avec une perspective d'histoire des religions en régime polythéiste, l'approche offerte par l'anthropologie culturelle et sociale permet d'étudier la fonction sociale de ces rituels musicaux ainsi que des relations sexuelles impliquées. La comparaison anthropologique avec les processus rituels de l'initiation tribale permet de saisir le sens esthétique et politique d'une éducation chorale et rituelle des jeunes filles en Grèce ancienne, par le chant de la beauté féminine.
Des dizaines de milliers de morts, des familles séparées, des humains traqués, séquestrés, torturés et exploités. Parce qu'ils ne se trouvent pas du bon côté de la frontière, qu'ils n'ont pas le bon morceau de papier. Comment un système aussi violent peut-il être le fruit de l'Europe des droits de l'homme ? Comment la Belgique peut-elle se complaire dans cette trame ? A travers la résonance de l'histoire de la politique migratoire, le recueil de la propagande fascisante d'hier et d'aujourd'hui, l'étude de cas réels et le démêlé des rouages de l'administration et du droit, mais aussi des citoyens qui s'organisent et des voix qui s'élèvent, cet ouvrage est un état des lieux de la banalité du mal appliquée aux migrations.