Alors que depuis quelques années, une réflexion s'est développée sur le concept de justice spatiale, cet ouvrage a pour ambition de contribuer au renouveau des analyses portant plus spécifiquement sur les liens entre ségrégation urbaine et justice, en favorisant les échanges scientifiques entre chercheurs issus d'horizons disciplinaires, géographiques et culturels variés. Il vise également à apporter des éléments nouveaux permettant d'éclairer les politiques urbaines qui, dans de nombreux pays, annoncent haut et fort vouloir remédier à la ségrégation parce qu'elle serait injuste par définition.Issus de l'atelier «Justice spatiale et ségrégation» du colloque international «Justice et injustices spatiales» qui s'est tenu à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense en avril 2008, les textes rassemblés dans ce volume explorent ainsi plusieurs grandes questions: toute division socio-spatiale de l'espace - urbain en particulier - est-elle injuste? Quels sont les processus qui produisent de la ségrégation et en quoi sont-ils injustes? Les situations de ségrégation produisent-elles des effets injustes (les effets de lieu par exemple)? Symétriquement, l'objectif de la mixité socio-spatiale, souvent implicitement donné comme l'idéal de la ville juste, ne mérite-t-il pas d'être questionné? Enfin, la prise en compte de la mobilité n'impose-t-elle pas de repenser les relations entre justice et ségrégation...
Au cours des dernières décennies, la croissance sans précédent de toutes les formes de déplacement fait sans doute partie des phénomènes qui ont le plus marqué les évolutions de la ville. Cependant, tous les groupes sociaux ne sont pas concernés au même titre par l'explosion de la mobilité et celle-ci constitue aujourd'hui un véritable discriminant social. La faible mobilité des "pauvres" apparaît ainsi, aux yeux de certains auteurs, comme un handicap dans une société où l'aptitude à se mouvoir serait devenue une valeur centrale. C'est en partant de cette approche que des politiques tendant à favoriser la mobilité des personnes les plus démunies ont été mises en place. Dans un premier temps, ces actions ont été centrées sur le désenclavement des quartiers concentrant les populations pauvres par le biais d'une amélioration de l'offre de transports en commun. Plus récemment, les politiques se sont davantage axées sur le développement de la mobilité individuelle considérée comme un moyen privilégié d'intégration professionnelle et sociale. À partir d'exemples pris en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, cet ouvrage tend à montrer que si l'accès à la mobilité est une ressource dont il est évidemment nécessaire de doter les habitants des "quartiers pauvres", il est beaucoup plus contestable de transformer l'objectif d'amélioration de la mobilité en injonction à la mobilité, comme l'évolution récente des politiques d'insertion semble en témoigner. En effet, si l'incitation à bouger devient obligation, il est à craindre que les habitants des quartiers en difficulté y perdent une bonne partie de leurs ressources, fondées aujourd'hui sur la proximité et les réseaux sociaux au sein du quartier.
Alors que la mobilité s'est affirmée depuis quelques décennies comme une valeur centrale des sociétés urbaines, elle fait désormais l'objet d'une injonction qui se manifeste dans tous les domaines, qu'il s'agisse des déplacements quotidiens, de la mobilité professionnelle ou de la mobilité résidentielle. Cette dernière dimension de la mobilité est au coeur de cet ouvrage, dont l'ambition est d'analyser dans quelle mesure les mobilités résidentielles contribuent au creusement des inégalités sociales et territoriales et de discuter le rôle des politiques publiques dans les processus de mise en mobilité des habitants des territoires populaires. Dans un contexte de compétition entre les territoires, les mobilités résidentielles sont ainsi interrogées dans leur propension à renforcer les inégalités socio-spatiales, notamment entre les espaces qui sont en mesure de capter les populations les plus " désirables " et ceux qui au contraire ne parviennent qu'à accueillir les populations les plus "captives". Les mobilités résidentielles sont également analysées en lien avec les trajectoires sociales, mettant en avant les déterminants sociaux des choix résidentiels. Enfin, les contributions réunies dans cet ouvrage discutent les orientations des politiques publiques incitant à la mobilité des classes populaires. A cet égard, les contributions révèlent l'importance de l'ancrage et les formes de résistance à la mobilité des habitants des territoires populaires. Dans ce cadre, les politiques de rénovation urbaine étudiées offrent des illustrations particulièrement intéressantes des tensions comme des impensés des politiques tournées vers la mobilité résidentielle.
Fol Michel ; Abate Biagio ; Grujard Barbara ; Lima
Un guide pratique de 100 cas de mises en situation professionnelles pour vous sentir prêt le jour J.Ce guide pratique est né d'un double constat :- la difficulté des candidats à aborder cet exercice obligé concluant l'entretien avec le jury. Court par son format cet exercice est stratégique par son haut degré de sélectivité ;- avec la réforme de la fonction publique et un rapprochement inévitable des pratiques de recrutement entre le public et le privé, cet exercice professionalisant est amené à se développer. Véritable Tout-en-un, ce livre brasse un spectre large de thèmes à travers 100 cas de mises en situation professionnelles toutes tirées du quotidien et qui permettront un entraînement efficace et complet pour préparer les oraux des concours, les examens professionnels, ou encore des entretiens de recrutement dans les trois fonctions publiques. Chaque situation est présentée, analysée et détaillée offrant une résolution du cas étape par étape (problématique, comment agir, qu'est-ce qui se joue ?, quels sont les risques, etc.).Des encarts et des ajouts numériques enrichissent également les fiches, apportant des compléments d'informations pour aller plus loin (points juridiques et législatifs, notamment). Une partie introductive revient sur la méthodologie et la préparation dans une démarche didactique, simple d'accès et de compréhension.
« A treize ans je pouvais être vraiment peste par moments, et têtue. J'avais tout simplement décidé de ne dire ni faire quoi que ce soit contre mon gré. Pas de "s'il vous plaît monsieur", pas de "merci madame". Rien. A moins d'en avoir envie. Il faut avoir été pauvre et noire pour savoir à combien de coups on s'expose quand on essaie de mettre ça en pratique. » Noire, pauvre, prostituée, vulnérable et bagarreuse, des bas-fonds de Harlem aux plus prestigieuses salles de concert, Billie Holiday (1915-1959) lutta toute sa vie pour s'imposer. Sexe, alcool, drogues, elle voulut tout essayer et en mourut. Sa voix fut son chemin vers la liberté.
L'organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d'humanité y joue une position relativement ambigüe. D'un côté, le développement des sciences de l'homme depuis le milieu du XIXe siècle, fait de l'humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D'un autre côté, les notions de "nature humaine", d'"humanité" voire d'"humanisme" font régulièrement l'objet d'attaques frontales : en témoignent les différentes formes de morale ou de politique "antihumaniste", le constat philosophique de la "mort de l'homme" ou l'annonce d'une ère historique "post- ou trans- humaniste". Or, ces différentes acceptions de la notion d'humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche "L'humain impensé" cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l'humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l'art, et de la technologie.
Il rentra dans sa patrie après vingt ans d'absence, seul, après avoir perdu tousses compagnons. Il ne fut reconnu de personne. Quand il s'approcha de sa demeure, il vit les prétendants qui demandaient la main de Pénélope en train de faire le siège du palais. Il se fit passer pour un étranger. (Fable 125) Ulysse, dans les Fables d'Hygin, côtoie Achille et Hector, mais aussi Orphée, Actéon ou le Minotaure. Rares sont les grands récits mythologiques grecs qui n'apparaissent pas sous le stylet d'Hygin. Cet esclave affranchi, qu'on suppose être l'auteur des Fables, écrit en latin, au début de l'ère chrétienne, plusieurs centaines de notices sur des épisodes mythologiques grecs. Ces histoires, rédigées dans une langue simple et accessible, sont autant de pitches invitant à l'écriture de scénarios plus élaborés. A travers ce florilège de Fables d'Hygin, le lecteur cheminera au milieu des figures mythologiques les plus connues, tout en découvrant le regard singulier de l'illustrateur Fredde Rotbart sur ces histoires de familles, d'amour, de pouvoir et d'animaux.