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Les oies des neiges
Fiennes William ; Vierne Béatrice
HOEBEKE
19,80 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782842304959
Extrait L'oie des neiges Rien ne nous avait laissé prévoir que l'hôtel accueillerait un tournoi de golf pour joueuses professionnelles. Tous les matins, avant le petit déjeuner, les compétitrices convergeaient vers le practice pour s'échauffer. Elles portaient des polos de couleur vive, d'amples shorts en tissu écossais ou vichy, des chaussettes blanches et des chaussures à crampons bien fourbies, qui claquaient sur les allées pavées du country club. Leurs cheveux, tirés en chignons, se faufilaient par la petite encoche située à l'arrière de leurs casquettes de baseball ; leurs mollets bronzés luisaient comme des tanches fraîchement pêchées, accrochées derrière leurs tibias. Au practice, les caddies se tenaient à côté de volumineux sacs de golf en cuir, d'où les joueuses tiraient leurs clubs avec une nonchalance d'archers. Bientôt des balles de golf, bien rincées, ont jailli des tees, s'élevant loin au-dessus des panneaux ronds placés tous les cinquante mètres le long du fairway. Outre le parcours de golf, la piscine chauffée et deux courts de tennis, les clients de l'hôtel avaient à leur disposition une bibliothèque aux murs pêche, qu'éclairaient des lampadaires. Des appuie-tête en dentelle blanche donnaient une touche de distinction chichiteuse au canapé rouge sombre et aux fauteuils assortis. Entre les rayonnages, dans un cadre en bois doré tout simple, une gravure en couleur représentait un pont suspendu, monté comme une harpe, avec de solides arches en pierre et de hauts pylônes sur lesquels s'appuyaient les câbles de retenue. Des livres reliés en cuir vert et marron orné de dorures garnissaient les étagères, en compagnie de volumes plus modestes, reliés en toile, dont les dos avaient passé à la lumière du jour. Les livres n'étaient pas destinés à être lus. Ils n'étaient là que pour recréer l'atmosphère d'une demeure de campagne datant de la grande époque de l'Empire britannique. Le décorateur avait souhaité faire passer un message : Voici un lieu où les messieurs peuvent se retirer pour fumer leurs cigares. Les rayonnages abritaient des titres ésotériques, curieusement juxtaposés : un dictionnaire anglais-birman à côté des mémoires de Sully, en plusieurs tomes ; La Evolución de la Sexualidad e los Estados Intersexuales, de G. Maranón, voisinant avec Wagner as I Knew Him de Praeger ; De l'espace à l'atome, de Cari Stormer, entre Higher Mathematics for Chemical Students de J.R. Partington et le second volume de History of Chivalry de Charles Mills. Une étagère entière était consacrée à des recueils de la Dublin Review datant des années 1860, où l'on trouvait des essais tels que «Le père de Hummelauer et l'Hexateuque», «Les Canaux maritimes», «Les Bénédictins en Australie occidentale» et «Shakespeare économiste». Un matin, après avoir observé les golfeuses au practice, j'ai découvert un livre familier, un mince volume beige, presque invisible parmi les livres anciens. Quand j'ai tiré The Snow Goose (L'Oie des neiges) du rayonnage, les livres situés de chaque côté se sont penchés l'un vers l'autre, comme des mains jointes pour prier. Après m'être confortablement carré dans un fauteuil, je me suis mis à lire, en me rappelant la première fois que j'avais entendu cette histoire, à l'âge de dix ou onze ans, dans une salle de classe éclairée par de hautes fenêtres, assis à un pupitre incliné à l'ancienne mode, avec à son sommet une rainure pour poser stylos et crayons, et les initiales et étranges symboles gravés dans le grain du bois. Mr Faulkner, notre professeur, était un homme d'une taille supérieure à la moyenne, aux cheveux rares, aux joues plates et rubicondes, et dont les dents étaient plantées selon des angles biscornus. Il portait autour du cou des foulards de soie imprimée et ses cardigans étaient reprisés avec des brins de laine de n'importe quelle couleur; pour d'excellentes raisons d'optométrie, il gardait ses lunettes de soleil à l'intérieur. Il approchait de la retraite et il aimait à terminer le trimestre en nous lisant une histoire. Une de celles qu'il nous lut était The Snow Goose, de Paul Gallico.
Résumé : Gravement malade alors qu'encore étudiant, ballotté entre hôpitaux et longues périodes de convalescence dans la maison familiale, William Fiennes retrouve par hasard dans une bibliothèque un livre de son enfance : L'Oie des neiges . Et ce sera pour lui l'amorce d'une renaissance... Chaque été, les oies des neiges nidifient dans l'Arctique canadien. Et chaque automne elles migrent par millions vers le sud des Etats-Unis et le golfe du Mexique. Avant de refaire au printemps suivant le voyage en sens inverse. Pourquoi de tels périples, longs de près de cinq mille kilomètres, dont beaucoup ne reviennent pas ? Quels signes mystérieux leur indiquent qu'il faut partir ? Quelle force les pousse deux fois par an à quitter un lieu pour un autre, une maison pour une autre ? Autant de questions qui le fascinent, l'interpellent. Et voilà, pour s'échapper de la prison de la maladie, qu'il entreprend de faire à son tour ce voyage, à leur suite... Un récit aux multiples rebondissements, tout autant sur la migration des oiseaux que sur la notion même d'errance, sur la joie de bouger, d'être en vie. Une oeuvre exceptionnelle qui fourmille d'histoires, d'anecdotes et de rencontres humaines.
Résumé : Kévin Bordi et Samy Robin vous ouvrent leur univers de passionnés et vous embarquent à la découverte des échecs. Grâce à leur approche singulière du jeu, ils démystifient les codes et guident vos pas sur le chemin de la victoire. Avec plus de 450 diagrammes commentés, vous découvrirez les clés et astuces pour jongler entre les tactiques, peaufiner vos stratégies et comprendre enfin ce qu'il se passe dans la tête des champions. Pédagogique et complet, de l'ouverture à la finale, vous ne serez plus jamais démuni face à un échiquier et trouverez enfin des réponses adaptées pour progresser et repousser vos limites.
Le Nord de la France a longtemps souffert d un manque d image positive. Les clichés sur le climat, la pauvreté, la tristesse de ses habitants, le manque de culture, la langue, ont aujourd hui fait long feu grâce notamment au film de Dany Boon. Cette mise à l écart a eu néanmoins un effet positif: celui de préserver une région et de perpétuer des traditions qui ont ailleurs disparues. Les 59 thèmes sélectionnés dans cet ouvrage donnent un large éventail des produits liés au Nord qu ils soient issus du patrimoine architectural (la brique, les beffrois, les moulins); de la tradition populaire (les friteries, les estaminets, les carnavals), de la tradition culinaire (l endive, la bière, le maroilles) ou encore culturelle ou sportive (le quotidien la Voix du Nord, la Piscine de Roubaix, la trouée d Arenberg).Il ne s agit pas ici uniquement d évoquer un passé nostalgique mais de souligner le portrait vivant d une région qui, pour être attachée à ses traditions, sait se hisser à la pointe de la technologie, de montrer que les entreprises ou les industries locales qui s y sont créées ont su se développer et être, pour certaines aujourd hui, des leaders dans leur spécialité. Biographie de l'auteur Bruno Vouters est rédacteur en chef adjoint du quotidien la Voix du Nord. Il est très impliqué dans sa région, il a notamment été à l'origine de la création du Musée Matisse dans la ville natale de l artiste au Cateau-Cambrésis. Il est également l auteur de plusieurs ouvrages ayant trait au Nord. Il a aussi contribué à des documentaires ou portraits pour la télévision.Rémi Vouters a participé à différents projets de documentaires télévisés et écrit pour le théâtre.
Elles fleurissent partout sur le visage des hommes d'aujourd'hui, plus ou moins longues, plus ou moins travaillées ou fournies. Leur forme et leur style renseignent sur leurs propriétaires mais aussi sur notre époque. Esthétiques, éthiques, religieuses, symboliques, les aventures du poil ont été nombreuses et étonnantes. Des fanatismes, des luttes, des guerres, des amours, des cultes, des rires, des pleurs, des espoirs, des regrets ont jalonné son histoire. C'est cette histoire inédite que Jean Feixas et Emmanuel Pierrat explorent en rassemblant nombre d'anecdotes surprenantes et savoureuses qui s'y rapportent et en les ponctuant d'illustrations variées et hautes en couleur. Car après tout, comme les auteurs nous le disent, " c'est à un poil près que chacun peut passer à côté du gros lot, et à un cheveu que tient la vie " !
Cédric Gras livre un récit de voyage sur l'effondrement écologique de l'ère post-soviétique. ??? ? Depuis les bords de la mer d'Aral, aujourd'hui presque asséchée, Cédric Gras remonte aux sources du mythique fleuve Amou-Daria. En traversant les républiques ex-soviétiques d'Ouzbékistan, du Turkménistan ou du Tadjikistan, il pêche avec des braconniers, rencontre les ramasseuses de coton et admire les cités des routes de la soie. Là un dictateur fantasque a fait bâtir une capitale de marbre dans les sables. Ailleurs, un président érige des barrages records. Plus loin les Talibans creusent un canal qui achève de saigner le fleuve. Dans le terrible désert du Karakoum, la Sécurité d'Etat entrave son voyage, mais il parvient, au terme de 2 500 kilomètres, au plus long glacier du monde, niché dans le Pamir et véritable château d'eau d'une Asie centrale menacée par la soif... "Un passionnant thriller post-soviétique sur les origines de ce désastre écologique" Le Nouvel Obs Né en 1982, Cédric Gras a suivi des études de géographie entre la France et la Russie avant de diriger plusieurs Alliances françaises en Russie et en Ukraine puis de se consacrer à l'écriture. Il a notamment publié chez Points Alpinistes de Staline (2023) et Alpinistes de Mao (2024).
Annabel Abbs enquête sur les intellectuelles et femmes artistes qui ont pratiqué la randonnée. Elle montre comment cette activité a été pour elles une libération face aux contraintes et aux difficultés du quotidien. Les nombreuses femmes qui ont eu l'audace d'entreprendre de longs voyages ont pour la plupart disparu dans les brumes de l'histoire. Aujourd'hui, leurs récits sont redécouverts. Grâce à la marche, ces femmes ont trouvé leur indépendance et se sont parfois même autorisé un changement de vie radical. Nan Shepherd, poétesse écossaise ; la peintre galloise Gwen John ; Clara Vyvyan, voyageuse et randonneuse ; l'écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir ou Georgia O'Keeffe, célèbre peintre américaine, en témoignent. Artistes, philosophes, écrivaines, ces femmes ne marchaient pas pour jouir de toute la liberté dont peut jouir un homme, ni pour faire de l'exercice. Elles marchaient afin de penser par elles-mêmes, de mettre de l'ordre dans leurs émotions, d'affirmer leur indépendance. Elles marchaient pour exister.