Extrait L'oie des neiges Rien ne nous avait laissé prévoir que l'hôtel accueillerait un tournoi de golf pour joueuses professionnelles. Tous les matins, avant le petit déjeuner, les compétitrices convergeaient vers le practice pour s'échauffer. Elles portaient des polos de couleur vive, d'amples shorts en tissu écossais ou vichy, des chaussettes blanches et des chaussures à crampons bien fourbies, qui claquaient sur les allées pavées du country club. Leurs cheveux, tirés en chignons, se faufilaient par la petite encoche située à l'arrière de leurs casquettes de baseball ; leurs mollets bronzés luisaient comme des tanches fraîchement pêchées, accrochées derrière leurs tibias. Au practice, les caddies se tenaient à côté de volumineux sacs de golf en cuir, d'où les joueuses tiraient leurs clubs avec une nonchalance d'archers. Bientôt des balles de golf, bien rincées, ont jailli des tees, s'élevant loin au-dessus des panneaux ronds placés tous les cinquante mètres le long du fairway. Outre le parcours de golf, la piscine chauffée et deux courts de tennis, les clients de l'hôtel avaient à leur disposition une bibliothèque aux murs pêche, qu'éclairaient des lampadaires. Des appuie-tête en dentelle blanche donnaient une touche de distinction chichiteuse au canapé rouge sombre et aux fauteuils assortis. Entre les rayonnages, dans un cadre en bois doré tout simple, une gravure en couleur représentait un pont suspendu, monté comme une harpe, avec de solides arches en pierre et de hauts pylônes sur lesquels s'appuyaient les câbles de retenue. Des livres reliés en cuir vert et marron orné de dorures garnissaient les étagères, en compagnie de volumes plus modestes, reliés en toile, dont les dos avaient passé à la lumière du jour. Les livres n'étaient pas destinés à être lus. Ils n'étaient là que pour recréer l'atmosphère d'une demeure de campagne datant de la grande époque de l'Empire britannique. Le décorateur avait souhaité faire passer un message : Voici un lieu où les messieurs peuvent se retirer pour fumer leurs cigares. Les rayonnages abritaient des titres ésotériques, curieusement juxtaposés : un dictionnaire anglais-birman à côté des mémoires de Sully, en plusieurs tomes ; La Evolución de la Sexualidad e los Estados Intersexuales, de G. Maranón, voisinant avec Wagner as I Knew Him de Praeger ; De l'espace à l'atome, de Cari Stormer, entre Higher Mathematics for Chemical Students de J.R. Partington et le second volume de History of Chivalry de Charles Mills. Une étagère entière était consacrée à des recueils de la Dublin Review datant des années 1860, où l'on trouvait des essais tels que «Le père de Hummelauer et l'Hexateuque», «Les Canaux maritimes», «Les Bénédictins en Australie occidentale» et «Shakespeare économiste». Un matin, après avoir observé les golfeuses au practice, j'ai découvert un livre familier, un mince volume beige, presque invisible parmi les livres anciens. Quand j'ai tiré The Snow Goose (L'Oie des neiges) du rayonnage, les livres situés de chaque côté se sont penchés l'un vers l'autre, comme des mains jointes pour prier. Après m'être confortablement carré dans un fauteuil, je me suis mis à lire, en me rappelant la première fois que j'avais entendu cette histoire, à l'âge de dix ou onze ans, dans une salle de classe éclairée par de hautes fenêtres, assis à un pupitre incliné à l'ancienne mode, avec à son sommet une rainure pour poser stylos et crayons, et les initiales et étranges symboles gravés dans le grain du bois. Mr Faulkner, notre professeur, était un homme d'une taille supérieure à la moyenne, aux cheveux rares, aux joues plates et rubicondes, et dont les dents étaient plantées selon des angles biscornus. Il portait autour du cou des foulards de soie imprimée et ses cardigans étaient reprisés avec des brins de laine de n'importe quelle couleur; pour d'excellentes raisons d'optométrie, il gardait ses lunettes de soleil à l'intérieur. Il approchait de la retraite et il aimait à terminer le trimestre en nous lisant une histoire. Une de celles qu'il nous lut était The Snow Goose, de Paul Gallico.
Gravement malade alors qu'encore étudiant, ballotté entre hôpitaux et longues périodes de convalescence dans la maison familiale, William Fiennes retrouve par hasard dans une bibliothèque un livre de son enfance : L'Oie des neiges . Et ce sera pour lui l'amorce d'une renaissance... Chaque été, les oies des neiges nidifient dans l'Arctique canadien. Et chaque automne elles migrent par millions vers le sud des Etats-Unis et le golfe du Mexique. Avant de refaire au printemps suivant le voyage en sens inverse. Pourquoi de tels périples, longs de près de cinq mille kilomètres, dont beaucoup ne reviennent pas ? Quels signes mystérieux leur indiquent qu'il faut partir ? Quelle force les pousse deux fois par an à quitter un lieu pour un autre, une maison pour une autre ? Autant de questions qui le fascinent, l'interpellent. Et voilà, pour s'échapper de la prison de la maladie, qu'il entreprend de faire à son tour ce voyage, à leur suite... Un récit aux multiples rebondissements, tout autant sur la migration des oiseaux que sur la notion même d'errance, sur la joie de bouger, d'être en vie. Une oeuvre exceptionnelle qui fourmille d'histoires, d'anecdotes et de rencontres humaines.
Kévin Bordi et Fabien Libiszewski sont de retour avec un titre inédit pour progresser aux échecs et s'entraîner avec les champions du monde. Dans ce livre, découvrez les parcours biographiques de dix-sept d'entre eux et l'histoire qui se cache derrière leurs techniques de jeu. Comprendre, évoluer et gagner : 25 parties de champions décryptées et racontées à la manière de grandes batailles échiquéennes. Kévin Bordi et Fabien Libiszewski ont sélectionné et créé pour vous plus de 250 exercices, inspirés des plus grands matchs. Progressez en apprenant des grands champions du passé et revivez les plus grands moments de l'histoire des échecs.
La Caraïbe, nous dit Édouard Glissant en ouverture, "c'est d'abord un tournoiement, une ivresse de la pensée ou du jugement, une nécessité du tourbillon et de la rencontre - et de l'accord des voix". Dix nouvelles, donc, ici rassemblées pour dire la Caraïbe d'aujourd'hui, diverse, multiple, prodigieusement inventive, sans cesse renouvelée, et pourtant unique. Dix nouvelles, pour nous rappeler que cette profusion, ce chatoiement de mots, de sons, de rythmes, de couleurs, se tissent d'une immense douleur surmontée. Une littérature enchantée? Oui, sans doute: née d'un formidable arrachement à une nuit des corps et des âmes de plusieurs siècles, d'un télescopage (ô combien difficile!) de cultures des cinq continents. Des personnages déchus de Gary Victor aux âmes tourmentées de Lyonel Trouillot en passant par le dédoublement du héros de Raphaël Confiant, rien n'est simple sous les cieux clairs des îles, tout se révèle double, ou faux, ou inversé dans les univers de Gisèle Pineau, de Jean-Claude Fignolé, de Fortuné Chalumeau, d'Ernest Pépin, de Roland Brival, de Daniel Maximin, de Yanick Lahens. Images saisissantes d'un paradis dès l'origine brisé... "La créolisation, souligne Glissant, n'est pas une simple mécanique du métissage: c'est le métissage qui produit de l'inattendu." Dix nouvelles pour nous en convaincre: la littérature caraïbe, plus que jamais vivante...
Pierre Dubois signe ici son second opus de détournement maléfique des contes de fées - le premier, Les Contes de crimes, fut publié en 2000. Il est aussi l'auteur des trois grandes encyclopédies sur les Lutins, les Fées et les Elfes qui l'ont fait connaître dans le monde entier.
A nos vertes amours irlandaises renouvelle le genre du carnet de voyage et crée la surprise en donnant à voir une Irlande en pleine mutation, malmenée par la crise, mais qui pense à son avenir avec détermination. De 2008 à 2018, à l'écart des routes touristiques, Hervé Jaouen s'est glissé dans le quotidien des Irlandais, à la recherche d'authentique et de vérité. Sans jamais forcer les portes, il a pris le temps d'écouter et de traduire les sentiments d'inconnus et d'amis de quarante ans. D'un ton allègre, il s'attaque à des sujets graves qu'il traite avec un mordant teinté d'humour, tord le cou à certaines idées reçues, revient sur des thèmes qui lui sont chers, comme la pêche à la mouche... De nouveau, et plus que jamais, Hervé Jaouen poétise ses impressions comme personne, continue d'éveiller des rêves d'Irlande, ravive la mémoire des amoureux de Bile verte. Sous les ciels changeants que l'écrivain voyageur sait si bien décrire, se révèle l'âme d'un peuple prompt à l'échange devant une pinte de bière ou dans l'intimité d'une maison d'hôtes.
Posez une question, Bryson y répond dans ce livre, clair, synthétique, vivant, truffé d'anecdotes, qui conjugue avec bonheur science et sourire. Vous y apprendrez sans efforts par quels hasards, traits de génie, intuitions, déductions, expérimentations, débats, les hommes en sont arrivés à connaître le monde tel qu'ils le connaissent aujourd'hui. Tout y est (ou presque) de l'histoire des sciences, de notre planète et de l'univers. Un merveilleux compagnon, dont la lecture devrait être recommandée à tous les collégiens? et à leurs parents!Ce livre a été un best-seller en France et dans le monde entier. Il a reçu le prestigieux prix Aventis du meilleur livre de vulgarisation scientifique et l'Union européenne lui a décerné le prix Descartes pour la communication scientifique.
Du Congo à l'Amazonie et de la mer de Chine à la Nouvelle-Guinée, Patrice Franceschi nous fait le récit de ses innombrables aventures. Il a partagé la vie des Pygmées, des Indiens, des Papous, été le premier aviateur à accomplir le tour du monde en U.L.M., et suivi le Nil de sa source à la mer. Il nous raconte aussi la part de sa vie consacrée aux missions humanitaires, de la Somalie au Kurdistan, et dévoile l'intensité de ses années passées au côté de la résistance afghane combattant l'armée soviétique.Corse né en décembre 1954, Patrice Franceschi partage sa vie entre écriture et aventure. Ses récits, romans, poésies, essais, sont inséparables de ses engagements et d'une existence libre et tumultueuse où il tente " d'épuiser le champ du possible ". Il est aussi marin et capitaine du trois-mâts d'exploration La Boudeuse." Pour ceux qui veulent réaliser leurs rêves "Marianne
Personne ne destinait Jean-Pierre Brouillaud à une vie de voyages et d'aventures. Devenu aveugle à l'adolescence et révolté par ce coup du sort, il plonge dans la petite délinquance. Placé dans un institut pour malvoyants où les soignants s'entêtent à tout faire à sa place, Jean-Pierre Brouillaud découvre que ses autres sens se sont développés pour compenser celui perdu. Dès lors il n'aura de cesse de dépasser les limites imposées par son handicap et la société. On lui déconseille de traverser la rue sans aide ? Il décide de partir visiter le monde. C'est le début d'un parcours initiatique où le voyage constitue le moyen de se construire en tant qu'homme.