Au c?ur de l'existence humaine, l'interprétation serait décisive. Décidant de la signification des choses pour nous, elle ferait problème sans, pour autant, que le problème de l'interprétation ne soit posé en tant que tel. Exclue par la description phénoménologique, la question de l'interprétation est par ailleurs dissoute par les solutions herméneutiques. Ne sachant en effet comment résoudre le problème de la quadrature du cercle herméneutique, le méthodologisme philologique s'essaie d'un côté à fournir une interprétation objective des textes pendant que, de l'autre côté, l'herméneutique philosophique, fustigeant l'aveuglement de la position objectiviste, cherche en vain à sauver l'interprétation de l'impasse décisionniste. L'une comme l'autre de ces solutions s'abîment dans le cercle de la répétition du même. Par sa manière de trancher la question au travers de son herméneutique phénoménologique, Heidegger pourrait bien être au c?ur nodal de cette configuration actuelle du problème de l'interprétation. Après avoir proposé un diagnostic d'époque qui justifie l'abord de la question de l'interprétation à partir de Heidegger, l'essai pose la question de la circularité de son herméneutique. La théorie du cercle herméneutique reprise par Heidegger ne le condamne-t-elle pas en pratique à expulser l'altérité hors du cercle du même en une reprise de l'autre qui le rabat sur le même ? La secrète affinité entre la Wiederholung et l'Aufhebung enfermerait l'herméneutique de Heidegger dans l'eschato-téléo-logique qu'elle emprunte à la conception hégélienne de l'histoire de la philosophie.
Nombre de pages
248
Date de parution
01/09/1999
Poids
342g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741472
Titre
Heidegger et le problème de l'interprétation
Auteur
Ferrié Christian
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
342
Date de parution
19990901
Nombre de pages
248,00 €
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Résumé : Pourquoi lire Derrida ? Selon Derrida, ce qui nous pousse à lire, ce sont les spectres qui nous obsèdent. Comment sortir alors du cercle herméneutique de ses propres obsessions pour offrir justice à l'altérité de l'autre ? N'est-ce pas Derrida lui-même qui, dans Spectres de Marx, parle à travers la voix de Marx ? Pour le découvrir sans aucune certitude d'échapper au cercle spéculaire, il convient de suivre Derrida passer Marx au crible de la pensée spectrale : dissociant " de tous ses autres esprits " l'esprit messianique de Marx qu'il élit dans la lettre devenue spectrale de son texte. Ce voyage au pays de l'nterprétation pourrait cependant réserver la surprise d'un repli qui découvrirait le spectre littéral sous la lettre spectrale. Le théoricien postmoderne de l'altération interprétative pourrait bien ainsi être hanté par le praticien cryptique de l'exégèse littérale. Figure d'un autre Derrida qui complique et déborde la figure dominante de Derrida. Figure pourtant marginale du fait de l'héritage fatal du décisionnisme herméneutique légué à Derrida par son archi-spectre Heidegger. En proie à la quadrature du cercle herméneutique qui en revient toujours au même, la pensée de l'altérité esquissée par Derrida du coup s'en trouve esquivée.
Résumé : Le Kant et le problème de la métaphysique de Heidegger a fait école. Heidegger et le problème de Kant entend faire le procès herméneutique de l'interprétation heideggerienne de Kant. Car Heidegger convertit le problème que lui pose Kant en un problème qui se pose pour Kant : celui d'entrevoir plutôt que de voir le problème de l'être et du temps. L'essai montre dans le détail du Livre sur Kant comment Heidegger impose ses présupposés à Kant en explicitant un non-dit qu'il lui prête en fait. Une reprise de l'ensemble des Cours qui préparent le Livre sur Kant montre en outre de quelle manière Heidegger a méthodiquement préparé son coup de force en variant les stratégies interprétatives de la Critique de la raison pure. Le coup de force est si violent qu'il finit par dissimuler la force de l'interprétation heideggerienne, sa capacité à pointer une série de difficultés qui font système chez Kant. Invitation à risquer une interprétation de Kant qui a le mérite d'éclairer en retour l'aporie dans laquelle Heidegger s'est enfoncé : celle d'une interprétation phénoménologique de texte qui présuppose la vérité au préalable et recouvre sa problématicité à la faveur de la théorie du cercle herméneutique. Telle serait l'intention fondamentale de l'interprétation de Heidegger en question dans ce livre : déconstruire la circularité de l'interprétation de Heidegger en montrant en acte la possibilité d'un dialogue de penseurs qui ne tombe pas sous le coup de la loi heideggerienne de la surinterprétation.
Résumé : Kant, penseur de la démocratie participative ? La pensée politique moderne a admis la dichotomie entre la réforme, entreprise par le souverain, et la révolution, accomplie par le peuple. Kant est réformiste. Toutefois, sa sympathie pour la Révolution française l'amène à élaborer une politique pragmatique. Animé par un esprit révolutionnaire, le réformisme kantien entend réussir le processus politique de la républicanisation par le moyen de la réforme, tout en rendant justice à la nécessité du processus naturel de la révolution qui réagit à l'oppression de la liberté.
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.