Par son titre, Caillot, Stéphanie Ferrat annonce toute la matière de ce nouveau recueil. Matière du sujet d'abord ? il est question de « cicatrice », de « gorge impossible » ? puis matière de la forme, car c'est une langue sèche, dense, ramassée, à laquelle nous avons affaire ici. Le corps, par morceaux ? ventre, peau, cou, mains... ? revient régulièrement ; et dès lors qu'il est questionné, il questionne. Comme par flux, la langue toute dans la retenue, laisse parfois surgir l'à-vif, tente de désigner ce qui se donne comme étranger à la vision, et si elle effleure sans nommer, elle rejoint en révélant l'intime enlacé au réel. L'écriture tendue vers cette parole d'urgence déploie un univers sensoriel ; creuse, avance dans les jours, l'air ; et c'est de cette matière laissée en terre, ou plutôt, dans le sang que vient le poème. Phénomène de la cristallisation dont le corps garde les traces. Tout de ce qui a été l'épaisseur a séché, ne laissant que squelette, essence de l'être, concentration de gestes. Au cours de la lecture, on perçoit, à l'image des rivières souterraines, des bouillonnements, alors qu'à la surface presque rien ne paraît bouger. Les mots semblent venir de cet arrêt du corps face au monde qui n'en finit pas de surprendre, face à la vie qui n'en finit pas de remuer.Stéphanie Ferrat, née en 1972 à Aix-en-Provence, vit aujourd'hui à Ampus dans le Var. Poète, elle s'est également fait connaître comme plasticienne et éditrice (Pavupapri, devenu les mains). Depuis un peu plus de dix ans, elle a publié plus d'une dizaine de livres de poésies, accompagnés parfois par des ?uvres d'artistes actuels. Parmi les livres qu'elle a publié depuis 2004, nous retiendrons les titres suivants : Couvrir la bouche (préface de Jean-Louis Giovannoni, Le Dé bleu, 2004 ; Corps seulement, Remarque, 2005 ; Abîmer de jour, La Lettre volée, 2007 ; Les Mains prononcées, L'Arbre à paroles, 2009 ; Caisson, La Lettre volée, 2009 ; Réceptacle, Fissile, 2009. Stéphanie Ferrat à également publié dans plusieurs revues dont Propos de campagne, La Canopée, N4728, Le Nouveau Recueil, L'animal, Rehauts...
Nombre de pages
78
Date de parution
13/06/2013
Poids
150g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782873174019
Titre
Caillot
ISBN
2873174013
Auteur
Ferrat Stéphanie
Editeur
LETTRE VOLEE
Largeur
140
Poids
150
Date de parution
20130613
Nombre de pages
78,00 €
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On entre dans ce texte comme on ouvrirait des volets, premier plan : le ciel. On pourrait croire que cet ensemble n'est qu'une suite de notes, de questionnements sur l'acte de création. Mais si la mention « notes d'atelier » est annoncée dès l'ouverture, c'est que l'on se trouve là dans quelque chose de bien plus global. Bien sûr les termes de « peinture, formes, papiers, couleurs » reviennent régulièrement, mais on sent très vite qu'il s'agit essentiellement, à travers la peinture, d'interroger le monde, le lien entre l'espace et le regard, le dehors et le dedans. Dans ce texte, les êtres et les chosent se frôlent. on passe d'une problématique concrète, à un espace interrogeant le champ poétique : Je délimite des corps qui ne sont que des gris. J'appelle à l'aide selon ma place. On avance dans la lecture en étant sans cesse transporté à des échelles de regards, d'angles différents. Des visions plus précises, puis soudain, le questionnement s'ouvre et renverse l'interrogation du côté de l'écriture : on cherche à mettre des titres, alors que les mots cherchent des images. Stéphanie Ferrat, dans ce recueil, se retrouve au centre de ses deux pratiques que sont la poésie et la peinture, navigue de l'une à l'autre, mélangeant la peinture à la langue et la langue aux matières. elle montre également, comment sa pensée poétique s'inspire du paysage alentour, du quotidien, de tout ce qui se trouve à portée de main. car au final, ces deux pratiques ne sont-elles pas une seule et même langue, une manière simplement d'interroger le monde ?Stéphanie Ferrat est à la fois poète et plasticienne. Diplômée de l'École d'art d'Aix-en-Provence en 1997, elle poursuit depuis des années ces deux activités parallèlement. Elle a publié une douzaine de livres dont les principaux : Abîmer de jour (2007), Caisson (2009), Caillot (2013) aux éditions de La Lettre volée (Bruxelles) ; Roncier (2014) aux éditions de La Feugraie ; Réceptacle (2009) aux éditions Fissile ; Les Mains prononcées (2009) à L'Arbre à paroles.
Brûle dans la nuit, brûle de toi venu au monde. Dans un joli désordre de sentiments fiévreux, s'abandonner au silence et à la nuit. Les feux sont hauts qui dévorent les reliques d'un passé de cauchemar. Brûle mon corps dans l'épaisseur d'octobre. Tout seul et entravé aux jambes. Je marque le pas au seuil de tes exigences. Je séduis l'impossible, j'arrache aux ultimes lueurs des lambeaux vifs. Bien loin de toute duplicité s'ancre mon regard. Renaissance au calendrier des rêves de feu. Ainsi l'ancrage maritime, ainsi les porteurs d'eau de leurs mains fécondes. Brûle dans mes jambes saccagées, brûle jusque-là, au plus près des os qui s'effritent en certitude. Tourbillon de la nuit que je serre contre moi, en quête de réconfort affectif durable. La mer échoe mes pensées dans l'aube foisonnante. Monstres issus de cerveaux en ébullition, mer douce à ma joue de tous les horizons.
Guide pratique de la performance comme outil pédagogique et comme expérience transformatrice de vie par une performeuse franco-brésilienne internationalement reconnue, ce manuel ne se contente pas de réflexions pratiques. C'est un guide pédagogique, pour la pratique, la réflexion et la vie. Pour Tania Alice, la pédagogie est une expérience transformatrice, pour l'élève ou l'étudiant mais aussi pour le professeur, une expérience axée sur le changement. La pédagogie est une pratique collaborative, c'est ensemble qu'on se lance dans l'aventure. Nombre d'ouvrages récents consacrés à la performance se réfugient derrière une autoréférentialité complexe et une théorie nébuleuse. Ce n'est pas le cas de ce livre. Pour Tania Alice, l'art est toujours une rencontre, peu importe entre qui, un échange d'affects, à mille lieues d'une discussion entre initiés. Par ses interventions, elle tente d'extraire ces affects des structures de pouvoir régnantes pour aboutir à de nouvelles formes de subjectivité.Tania Alice est une performeuse franco-brésilienne née en 1976. Elle est directrice artistique des Performers sans Frontières de l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, où elle enseigne la performance et mène une recherche sur les actions artistiques participatives en zones de trauma. Docteur en Lettres et Arts de l'Université de Provence, elle a publié, entre autres, Performance como Revolução dos Afetos (São Paulo, Annablume, 2016) et Manual para performers e não-performers (Rio de Janeiro, Multifoco, 2020) et a été artiste-chercheuse invitée dans de nombreuses institutions internationales, dont l'Université libre de Bruxelles.