Au début des années cinquante, à Buenos Aires, un vieil homme solitaire, insomniaque, d'une maigreur paradigmatique, tend la main vers une énorme liasse de feuilles de papier, non paginées, et les éparpille sur le sol, les mêle consciencieusement, puis les empile à nouveau, comme un jeu de cartes. Le manuscrit, dans un savant désordre, s'intitule Musée du Roman de l'Eternelle. L'homme nous quitte peu après. Il s'appelait Macedonio Fernández (1874-1952). Pendant quinze ans, le fils de l'écrivain, Adolfo de Obieta, s'est plongé dans ce gigantesque puzzle. Le fils a ordonné l'oeuvre (conjecturale) selon les plans (présumés) du père. La voici. C'est un roman unique, c'est-à-dire une critique sans égale du roman et dont une bonne partie est l'exacte contemporaine d'Ulysse. C'est un musée unique : le musée de l'Imaginaire, dont les personnages sont autant de guides et de gardiens. C'est un autel dressé, pendant un demi-siècle, avec une douleur sans faille et un humour sans tache, à l'Amitié, à l'Esprit, à la Passion, à l'Eternelle."Jean-Claude Masson.
Nombre de pages
348
Date de parution
24/09/1993
Poids
343g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070731725
Titre
Musée du roman de l'Éternelle. Premier bon roman
Auteur
Fernandez Macedonio ; Masson Jean-Claude
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
343
Date de parution
19930924
Nombre de pages
348,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Dans son Macedonio Fernandez, Borges écrit : " au cours d'une vie déjà longue, j'ai côtoyé des gens célèbres : aucun ne m'a impressionné autant que lui ou comme lui... L'érudition lui semblait chose vaine, une façon grandiloquente de ne pas penser. Dans une cour intérieure de la rue Sarandi, il nous dit un soir que, s'il pouvait aller à la campagne, s'allonger par terre à midi, fermer les yeux et comprendre en se distrayant des circonstances qui nous distraient, il pourrait résoudre sur le champ l'énigme de l'univers. J'ignore si ce bonheur lui fut accordé, mais il l'entrevit certainement. Après Papiers de Nouveau venu et Continuation du Rien, ensemble de textes publiés en Argentine dans les années trente dans diverses revues, dont la célébrissime Proa, et qui s'articulaient autour du personnage donquichottesque de Nouveauvenu, les Cahiers de Tout et de Rien évoquent une nouvelle fois les titres ineffables d'Erik Satie (on pense aux Heures séculaires et instantanées, aux Aperçus désagréables ou aux Peccadilles importunes.). Ils se présentent comme une suite de réflexions, d'aphorismes, de notations qui brassent dans un désordre exquis les thèmes chers à l'auteur. On y retrouve l'amour (Aimer, c'est trouver chez un autre plus de grâce de vivre qu'en soi, ou du moins une grâce équivalente, si l'on en possède une très fine, délicate), l'absurde (- je suis né le 1er juin 1874 - Et l'autre fois ? - Comment ? Je ne suis né que cette fois-là ! - Et cette unique fois vous a suffi jusqu'à présent ? (...), Le poisson naufragé.), le refus absolu de la médecine (Avec les statistiques sur les accidents - y compris l'accident scientifique appelé " traitement médical ", dont le chiffre est le plus élevé - on s'aperçoit que Vivre est très dangereux : il faudrait chercher autre chose. (...) Mon opinion n'implique pas de nier que l'on puisse mourir même sans remèdes, (...) Arrêtez-vous, médecins, une trêve ! Les cimetières sont épuisés !), la dérision (Ce n'était pas qu'il fût laid, mais son visage allait mal avec sa physionomie. Avec la barbe, c'est-à-dire sans visage, sa figure était cependant assez gracieuse.), l'autodérision (- Je vous vois un peu triste, mon ami. - Oui, je viens de publier un livre de vers et tout le monde l'a compris.), la distance extrême vis-à-vis de la chose politique (Vouloir gouverner, c'est avoir envie d'être responsable de la pluie et de la non-pluie. L'envie de commander révèle l'infériorité et s'oppose à l'envie de convaincre ; ceux qui grognent d'obéir en ont davantage.) Ecrits avec un désir manifeste de ne pas être lus par plaisir mais par nécessité, (d'où un style souvent obscur, crypté, avec des répétitions, des constructions périlleuses, des raccourcis étonnants), les Cahiers mêlent l'humour à la gravité, la logique à l'absurde, la tendresse à l'ironie, nous laissant entrevoir l'extrême originalité de la pensée de celui que son éditeur sud-américain qualifie de génial Argentin.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.