Dans son Macedonio Fernandez, Borges écrit : " au cours d'une vie déjà longue, j'ai côtoyé des gens célèbres : aucun ne m'a impressionné autant que lui ou comme lui... L'érudition lui semblait chose vaine, une façon grandiloquente de ne pas penser. Dans une cour intérieure de la rue Sarandi, il nous dit un soir que, s'il pouvait aller à la campagne, s'allonger par terre à midi, fermer les yeux et comprendre en se distrayant des circonstances qui nous distraient, il pourrait résoudre sur le champ l'énigme de l'univers. J'ignore si ce bonheur lui fut accordé, mais il l'entrevit certainement. Après Papiers de Nouveau venu et Continuation du Rien, ensemble de textes publiés en Argentine dans les années trente dans diverses revues, dont la célébrissime Proa, et qui s'articulaient autour du personnage donquichottesque de Nouveauvenu, les Cahiers de Tout et de Rien évoquent une nouvelle fois les titres ineffables d'Erik Satie (on pense aux Heures séculaires et instantanées, aux Aperçus désagréables ou aux Peccadilles importunes.). Ils se présentent comme une suite de réflexions, d'aphorismes, de notations qui brassent dans un désordre exquis les thèmes chers à l'auteur. On y retrouve l'amour (Aimer, c'est trouver chez un autre plus de grâce de vivre qu'en soi, ou du moins une grâce équivalente, si l'on en possède une très fine, délicate), l'absurde (- je suis né le 1er juin 1874 - Et l'autre fois ? - Comment ? Je ne suis né que cette fois-là ! - Et cette unique fois vous a suffi jusqu'à présent ? (...), Le poisson naufragé.), le refus absolu de la médecine (Avec les statistiques sur les accidents - y compris l'accident scientifique appelé " traitement médical ", dont le chiffre est le plus élevé - on s'aperçoit que Vivre est très dangereux : il faudrait chercher autre chose. (...) Mon opinion n'implique pas de nier que l'on puisse mourir même sans remèdes, (...) Arrêtez-vous, médecins, une trêve ! Les cimetières sont épuisés !), la dérision (Ce n'était pas qu'il fût laid, mais son visage allait mal avec sa physionomie. Avec la barbe, c'est-à-dire sans visage, sa figure était cependant assez gracieuse.), l'autodérision (- Je vous vois un peu triste, mon ami. - Oui, je viens de publier un livre de vers et tout le monde l'a compris.), la distance extrême vis-à-vis de la chose politique (Vouloir gouverner, c'est avoir envie d'être responsable de la pluie et de la non-pluie. L'envie de commander révèle l'infériorité et s'oppose à l'envie de convaincre ; ceux qui grognent d'obéir en ont davantage.) Ecrits avec un désir manifeste de ne pas être lus par plaisir mais par nécessité, (d'où un style souvent obscur, crypté, avec des répétitions, des constructions périlleuses, des raccourcis étonnants), les Cahiers mêlent l'humour à la gravité, la logique à l'absurde, la tendresse à l'ironie, nous laissant entrevoir l'extrême originalité de la pensée de celui que son éditeur sud-américain qualifie de génial Argentin.
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Nombre de pages
131
Date de parution
19/01/1996
Poids
115g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782714305671
Titre
Cahiers de tout et de rien
Auteur
Fernandez Macedonio
Editeur
CORTI
Largeur
120
Poids
115
Date de parution
19960119
Nombre de pages
131,00 €
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Il s'agit d'une méditation sur le rêve et la réalité. L'auteur y prend au sérieux la célèbre formule de Calderón : " La vie est un songe ", et élabore la métaphysique idéaliste que celle-ci appelle. Si la vie est un songe, comment dès lors distinguer rêve et réalité ? Y a-t-il même encore lieu de le faire ? A partir d'une remarque de Hobbes (dont l'auteur imagine dans un chapitre particulièrement burlesque qu'il vient le consulter à Buenos Aires), à travers une critique de Kant (le livre contient un commentaire de quelques pages de la Critique de la raison pure intitulé : " Il est parfaitement légitime de dire du mal de Kant ") et de Schopenhauer (qui, tout comme Hobbes, rend visite à l'auteur avec qui il devise en buvant le maté), l'auteur donne sa réponse à la question métaphysique des rapports entre rêve et réalité qui est peut-être la question par excellence de la métaphysique.
« Des bras contre du charbon ». Dans l?immédiat après-guerre, la Belgique cherche de la main-d??uvre pour exploiter ses mines. Elle scelle, en 1946, un accord avec l?Italie qui, en échange de l?achat prioritaire de charbon, enverra des milliers de jeunes travailleurs dans les mines belges.Originaire des Pouilles, Donato est l?un de ces ouvriers mineurs ayant tout quitté pour venir vivre et travailler au Pays noir. Ce livre raconte son histoire, ou plutôt il l?imagine à travers les yeux de Clio, la petite-fille de Donato, partie à la recherche de cette vie que son grand-père n?a jamais racontée.4e de couverture : « Des bras contre du charbon ». Dans l?immédiat après-guerre, la Belgique cherche de la main-d??uvre pour exploiter ses mines. Elle scelle, en 1946, un accord avec l?Italie qui, en échange de l?achat prioritaire de charbon, enverra des milliers de jeunes travailleurs dans les mines belges.Originaire des Pouilles, Donato est l?un de ces ouvriers mineurs ayant tout quitté pour venir vivre et travailler au Pays noir. Ce livre raconte son histoire, ou plutôt il l?imagine à travers les yeux de Clio, la petite-fille de Donato, partie à la recherche de cette vie que son grand-père n?a jamais racontée.Dans ce premier roman d?une extraordinaire inventivité langagière, Éléonore de Duve ravive tout un monde de sensations, de rencontres, d?existences entremêlées. Elle nous plonge, avec une prodigieuse force d?évocation, au c?ur de la jeunesse italienne de Donato, dans les collines lumineuses des Pouilles, jusqu?au noir sans fond de la mine. C?est une quête, aussi prudente qu?aimante, que Donato donne à lire : restituer la consistance d?une vie, en affirmant la capacité de la littérature à dire ce qui a été arraché et tu.Notes Biographiques : Éléonore de Duve est née en Belgique en 1989. Elle vit et travaille à Bruxelles. "Donato" est son premier roman.
A l'origine, il y a un non, un non radical qui dure le temps d'une crise. Ce non, c'est celui de Rinske qui refuse de retourner vivre avec son mari, Wim. Mais, la crise finie, la vie reprend son cours comme si de rien n'était. La préparation d'une tasse de thé ou d'un gâteau. Une promenade en forêt. La cicatrice toujours douloureuse d'une balle reçue pendant la guerre en Indonésie. L'attente d'un amour sur le quai d'une gare. Sporen dit cette vie, celle de Rinske et de Wim, à travers les fragments qui la composent, dans les Pays-Bas de l'après-guerre. Une vie hantée par les traces (sporen), les ombres et les légendes. Sporen est un premier roman d'une intensité rare, entre l'enquête et le conte, où la violence de l'Histoire diffracte l'intime.
Bürger Gottfried August ; Doré Gustave ; Gautier T
A la faveur d'un style qui jongle avec la satire, s'égare dans le truculent et frise même la veine poétique, Bürger a donné au héros pittoresque une personnalité littéraire inégalée. La figure du héros chevauchant un boulet de canon, se sauvant d'un marécage en se tirant les cheveux, attachant son cheval à ce qu'il croit être un tronc d'arbre mais se révèle un clocher, appartient désormais à l'imaginaire collectif.
L'expérience de la désorientation est au coeur de La Tectonique des Halles. Qu'est-ce que se perdre, et que perd-on exactement lorsqu'on se perd dans une ville - en l'occurrence Paris - que l'on connaît, aime et sillonne quotidiennement ? En prenant pour point de départ un moment où les repères habituels semblent tout d'un coup se brouiller, Guillaume Marie interroge la nature de ce rapport à la ville, à ses rues, à sa topographie, à ses cavités, à ses habitants humains et non-humains. Dans ce récit d'une écriture sensible et épurée, il nous plonge dans une flânerie entre les rives du souvenir, explorant la manière dont nos émotions trament les espaces que nous habitons.