Les "héros du retrait" dans les mémoires et les représentations de l'Europe contemporaine. Histoire
Fabréguet Michel ; Henky Danièle
L'HARMATTAN
30,00 €
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EAN :9782343196916
Dans le contexte des dictatures totales du XXe siècle, l'écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger a constaté l'émergence de nouveaux protagonistes de l'histoire. En rupture avec les héros traditionnels, ces derniers se caractérisent avant tout par la renonciation qui aboutit à leur retrait à l'égard du pouvoir politique. Sont ici évoqués, entre autres, le suicide de Czeniakow, l'effacement du Hongrois Kádar, de Suárez dans l'Espagne de la transition ou de Modrow, l'Allemand de RDA. Le concept de "héros du retrait" semble a priori pouvoir être élargi à toutes les expériences de la guerre au XXe siècle mais aussi au processus de décolonisation, à la contestation de valeurs traditionnelles, à la mise à l'écart volontaire de la vie sociale au sein de sociétés démocratiques. Envisagée dans une perspective littéraire, la définition d'Enzensberger peut s'appliquer également à des héros de fiction contemporains. Certains d'entre eux, chez Le Clézio, Tomi Ungerer ou Borislav Pekic, mettant en doute la capacité de l'homme à maîtriser le monde, se forgent de nouveaux marqueurs identitaires. Place aux personnages gris, qui, à un moment de leur existence, ont le courage de ne pas agir comme on pourrait l'attendre et illustrent un héroïsme du retrait. Se désengager, refuser, se retirer peut aussi être vécu comme une nouvelle forme d'héroïsme face à un conformisme aliénant et, à terme, destructeur. Cet ouvrage pluridisciplinaire, ne cède pas à la mode du "déclinisme" mais il prend acte d'évolutions accompagnant l'entrée de l'Europe dans l'ère de la mondialisation libérale.
Nombre de pages
241
Date de parution
05/10/2020
Poids
418g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343196916
Titre
Les "héros du retrait" dans les mémoires et les représentations de l'Europe contemporaine. Histoire
Auteur
Fabréguet Michel ; Henky Danièle
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
418
Date de parution
20201005
Nombre de pages
241,00 €
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Plus de cinquante ans après la chute du régime national-socialiste, les camps de concentration, référence incontournable et obsessionnelle de notre débat intellectuel et politique, continuent de hanter l'esprit de nos contemporains. Mais il est aussi devenu banal de souligner, pour le déplorer immédiatement, le contraste entre l'omniprésence du thème dans le débat politique ou médiatique et la faiblesse de la production historiographique française la plus récente à ce sujet. C'est pourquoi cet ouvrage, version légèrement condensée et remaniée d'une thèse de doctorat d'Etat, rédigée par un jeune universitaire français né plus de dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, vient à son heure pour combler un retard et une lacune. Ouvert dans le courant de l'été 1938, au lendemain de l'Anschluß, à proximité de carrières de granit réputées, dont les SS voulaient relancer l'exploitation à leur profit, Mauthausen appartient à la deuxième génération des KL, entre les "modèles" de Dachau et d'Auschwitz : la dureté de la répression politico-idéologique n'y fut pas exclusive d'une mobilisation permanente de la main-d'oeuvre concentrationnaire, intensifiée à partir de 1943 sous le poids des contraintes de l'économie de guerre du Reich, dans le cadre du système polycratique national-socialiste. A travers une étude du développement et des mutations des fonctions du KL de Mauthausen, ce travail pionnier et objectif, nourri des avancées les plus récentes de la recherche internationale, fournira à l'honnête homme comme au spécialiste des analyses statistiques, économiques, sociologiques ou politiques renouvelées, pour tenter de cerner et de mieux comprendre la réalité et la complexité du système concentrationnaire nazi.
La "libération des camps de concentration et d'extermination nazis" ne s'est pas produite au même moment ni de la même manière partout. Elle est survenue à une période où le régime nazi se radicalisait et dans des circonstances si différentes que parler de libération comme d'un événement unique, n'a aucun sens. La notion d'événements libérateurs paraît à cet égard plus opératoire. Du côté des victimes, la sortie de l'univers concentrationnaire, si elle ouvrait des espoirs de liberté retrouvée, restait encore bien angoissante dans ses perspectives et ses modalités et faisait l'objet d'une très grande attention et mobilisation des organisations clandestines, là où il en subsistait. Il est par ailleurs légitime de s'interroger sur le rôle joué par les comités internationaux clandestins juste avant et au moment de la libération des camps et sur la part de vengeance et de violence que généra aussi cet événement. . L'intrication des événements à la guerre, l'hostilité d'une grande partie de la population allemande envers ceux qu'elle continuait à considérer comme de dangereux ennemis du Reich, l'ambiguïté des ordres d'Himmler, sources d'interprétation divergentes, le climat général de brutalité des responsables du parti qui n'épargnait pas la société allemande elle-même, apparaissent comme la trame d'un épisode qui coûta la vie à 300 000 détenus en quelques mois. Au-delà de la perspective événementielle proprement dite, qui concerne surtout l'historiographie, le dossier entend également poser le problème des représentations, photos et documentaires, témoignages et constructions post-événementielles épousant les clivages de la guerre froide, mais aussi celui des "pourquoi" d'une mise en récit et en image tout autres qu'innocentes.
La progression des courants d'extrême-droite dans l'Europe du XXIe siècle inquiète les courants humanistes. Sans prétendre à l'exhaustivité, ce numéro traite quelques aspects de l'évolution des extrêmes-droites européennes de France, d'Allemagne, d'Autriche et d'Italie, et de leur stratégie discursive. Julien Mary montre comment les anciens d'Indochine, dont la blessure morale demeure béante, ont trouvé des défenseurs de leur cause à l'extrême-droite, tandis que cette dernière exploite leur traumatisme pour consolider son socle idéologique. Olivier Bérubé-Sasseville établit un lien entre l'ancien mouvement Ordre nouveau et l'émergence du Front national. Pour Chloé Jean, le parti Alternative für Deutschland exploite "la nuit de Cologne" dans le but de construire un discours anti-islamique et défendre les valeurs chrétiennes de respect de la femme, antinomiques avec ses positions antiféministes. Pour Rodrigue Apkadji, l'extrême-droite autrichienne passe d'un discours pangermaniste à celui, nationaliste, de "l'Autriche d'abord" sur fond d'antiislamisme et de crise migratoire. Christophe Bouillaud analyse la montée en puissance d'un néofascisme italien issu à la fois de la crise économique de 2008 et du sentiment d'humiliation des Italiens par leurs partenaires européens. Enfin, dans un varia attendu de longue date, Jacques Aron explore le rôle du grand mufti de Jérusalem face à la montée du sionisme.
Il apparait indispensable de s'interroger sur les enjeux mémoriels et les représentations de la déportation, définie dans son acception la plus large comme sanction répressive, persécution et travail forcé, au cours des dernières décennies. Dans le cadre d'une réflexion pluridisciplinaire, a été abordé en premier le rapport des mémoires de la déportation avec les pratiques cognitives et les revendications victimaires catégorielles dans les différentes aires géographiques et nationales du continent européen. Il n'est pas indifférent en effet de se demander ce que représentent ces enjeux pluriels en relation avec le processus de la construction européenne. Dans un second temps, s'est également imposée la nécessité d'envisager la question des sources et des vecteurs littéraires, cinématographiques, associatifs, muséographiques et musicaux, sans oublier l'Internet, qui assurent la formation et la transmission de ces mémoires. Il importait enfin de réfléchir aux moyens techniques et stylistiques utilisés dans le cadre des représentations des acteurs de la Seconde Guerre mondiale, aux buts des auteurs et à la réception des oeuvres créées dans des domaines culturels aussi différents que l'art du vitrail, la musique, la littérature et les sciences humaines.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...