Le narrateur d'Effacement est un romancier noir américain qui se voit reprocher de ne pas écrire dans un style "assez black". Révolté par le succès d'un roman consacré à la rude réalité des ghettos et dépourvu de la moindre qualité littéraire, il en écrit une parodie qu'il soumet à un éditeur, par défi. Le succès est aussi fracassant qu'immédiat, et le narrateur se trouve entraîné dans un tourbillon de travestissements et de mensonges. Une série de retournements grotesques le conduit à l'obtention d'un prix littéraire, décerné au roman qu'il n'oserait revendiquer comme sien, par un jury dont lui-même fait partie.Le roman s'achève sur un sentiment de vertige et dans la précipitation d'une intrigue où se croisent divers fils convoquant une remarquable variété de tons et de styles. L'ironie féroce côtoie le lyrisme, tandis que sont épinglés les milieux de la critique et de l'édition ou que le narrateur évoque son enfance, sa passion pour le travail du bois ou la pêche en rivière. Le procédé de mise en abyme par lequel d'autres textes - le roman parodique ou un pastiche du S/Z de Barthes - sont insérés dans le récit principal intensifie les contrastes et permet à l'auteur de déployer ses talents polyphoniques ainsi que son sens aigu de l'autodérision. La progression rapide de l'intrigue et les multiples coups de théâtre semblent stimulés par l'attention que l'auteur porte à la langue et aux jargons, dont il exploite les pouvoirs de suggestion phoniques autant que sémantiques. Le narrateur est à la fin dépassé par les événements, faisant écho à la propre problématique de Percival Everett, lequel aime d'ailleurs à souligner que plus il écrit et moins il en sait, ce qui, à ses yeux, ne peut que grandement améliorer son travail d'écriture...Politiquement des plus incorrect, ce vertigineux et bouleversant roman de l'autodérision et de la quête d'identité où l'ironie féroce côtoie sans cesse le lyrisme, est pétri d'une jubilatoire érudition littéraire, d'une redoutable connaissance du milieu littéraire (universitaire et médiatique).Et d'une intime fréquentation des passions de l'âme...
Nombre de pages
366
Date de parution
01/03/2004
Poids
350g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782742747641
Titre
Effacement
Auteur
Everett Percival ; Tissut Anne-Laure
Editeur
ACTES SUD
Largeur
115
Poids
350
Date de parution
20040301
Nombre de pages
366,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'audacieux et inclassable Percival Everett mélange les genres et les tonalités, proposant une écriture poétique d'une liberté totale. Son Manuel de dressage, guide pour le propriétaire d'esclaves américain, prend la forme d'un document historique parodique. Poussant à se mettre dans la peau de ceux qui ont monnayé et réduit en esclavage d'autres êtres humains, le texte donne le vertige. Dans le recueil Truite de fond, la poésie se fait virtuose et élégante, bousculant notre perception de la réalité.
Artiste peintre noir américain, Kevin Pace, la soixantaine, se consacre depuis plusieurs années à un tableau très grand format qu'il dissimule jalousement aux regards de tous, gardant le secret sur ses avancées comme il garde secrets bien des épisodes de sa vie, notamment une escapade adultère à Paris et un périple bouleversant dans le Salvador de 1979 au bord de la guerre civile, où il a commis l'irréparable. Mais aujourd'hui, c'est à sa fille de seize ans de lui confier ce qu'elle ne peut avouer à personne d'autre. Tout ce bleu est le roman des secrets. Ceux que l'on emporte dans la tombe. Ceux que l'on partage ou qui taraudent. Leur poids, leur pouvoir, leur effet dévastateur y sont disséqués à mesure que se déploie le passé de Kevin, de son mariage bâti sur des mensonges aux traumatismes du Salvador qui ne cessent de le hanter. Sur les couleurs changeantes du bonheur, la mutation des sentiments et la création dans tous ses états, Percival Everett offre à son lecteur une saisissante incursion dans les tréfonds, tantôt chatoyants, tantôt ténébreux, de sa mythologie personnelle d'homme et d'artiste.
Percival Everett reprend les personnages et l’aventure épique du chef d’œuvre de Mark Twain « Les aventures d’Huckleberry Finn », mais retourne les rôles et fait de Jim (qui choisira de s’appeler James), l’esclave, le personnage principal. Une œuvre romanesque remplie d’humanité qui nous plonge au cœur de l’Amérique du XIXème siècle et de la guerre de Sécession, et qui dresse le portrait émouvant d’un homme qui sait la puissance des mots.
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
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George Sand découvre Tamaris, petite bourgade provençale de la commune de La Seyne-sur-Mer, et s'enthousiasme pour le caractère sauvage et rustique du paysage. Michel Pacha (1819-1907), après avoir été directeur des phares et balises de l'Empire ottoman, constructeur des quais et docks de Constantinople, transforme le lieu en ville de saison. Il achète les terrains, comble les marécages, édifie son château entouré d'un somptueux jardin. Il bâtit un décor qui suggère le voyage : palais italiens, chalets suisses, maisons orientales ; en front de mer, il plante le Grand Hôtel et le casino et, presque sur l'eau, l'Institut de biologie marine. Il aménage les accès terrestres et maritimes et exploite toutes les ressources du territoire. Dans son principe d'élaboration d'un paysage urbain harmonieux, Tamaris associe le jardin et la ville et annonce l'optique des cités idéales du XXe siècle. Au carrefour de l'orient et de l'Occident est née une architecture de la Méditerranée.