Hygiène des lettres. Volume 2, Littérature dégagée, 1942-1953
Etiemble René
GALLIMARD
10,35 €
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EAN :9782070222636
Littérature dégagée : ce titre dit suffisamment ce qu'il veut dire. En face de toutes les théories plus ou moins arbitraires que l'on soutient aujourd'hui et qui prétendent absolument à donner un sens à la littérature, en face "des belles âmes pour qui toute littérature autre que vaine est engagée (autant dire sale, et vulgaire)", en face des ignorants, aussi, "qui s'imaginent que J.-P. Sartre a seul fondé l'engagement et reçu les engagements", Etiemble se pose avec une virulence qui n'a d'égale que son talent. Mais Etiemble, tout fougueux et emporté qu'il est, Etiemble faisant de la critique littéraire comme on part à l'assaut d'une tranchée, Etiemble est un homme sage. Laissons la parole à ce petit-fils de Montaigne, et qui connaît du chinois ; en quelques lignes, il résume son livre : "Je le dis tout cru et tout de suite : ce volume second d'Hygiène des Lettres vaut moins encore que le premier : j'y parle des collabos, de Staline, des colons et de ceux qui parlent de Dieu. Qu'y puis-je ? Tout mon espoir : traiter de religion sans plaire à aucun Dieu, soit incarné, soit incarnat ; de politique sans m'aveugler, ni sur l'oeil de Moscou, ni sur celui de Washington ; des collabos sans autre souci que celui des valeurs au nom desquelles nous avons refusé leur système ; du colonialisme, sans oublier que la France des flics et celle des racistes ne peut pas nous faire oublier celle de l'Institut Pasteur".
Nombre de pages
312
Date de parution
07/02/1955
Poids
285g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782070222636
Titre
Hygiène des lettres. Volume 2, Littérature dégagée, 1942-1953
Auteur
Etiemble René
Editeur
GALLIMARD
Largeur
119
Poids
285
Date de parution
19550207
Nombre de pages
312,00 €
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Résumé : Par sa vigueur et sa combativité, Etiemble aura été le grand réveilleur de la littérature comparée. Le présent essai en est une nouvelle preuve. On y trouve des réflexions sur la tradition et l'innovation. Une critique de l'européocentrisme. Des groupes de textes qui nous parlent de la littérature du Japon, de la Chine, du monde malais, du monde arabe, de la Turquie, de la Hongrie, de la Russie, de l'Afrique, de l'Allemagne, du Portugal, de la Suisse Romande, de la Wallonie, et même de la France, ce qui est l'occasion d'une nouvelle offensive contre le franglais. Par une dérision proche du désespoir, Etiemble nous livre ses deux derniers textes dans ce qu'il appelle "le français de l'avenir", autrement dit l'anglais. Le dernier s'intitule "This is my best". Il est difficile de rassembler en un livre tant de science, tant de variété dans les connaissances, mais aussi tant d'indignations, d'imprécations, de saintes colères. Ce recueil d'une rare richesse permet de situer à leur vraie place un grand nombre d'auteurs non européens, autant dire inconnus en France.
André Steindel, dont on avait suivi la trouble adolescence dans L'Enfant de choeur, est devenu un étudiant. Cet étudiant doit devenir un homme. C'est cette lente transformation, cette ascension souvent pénible, coupée de chutes et de rechutes, qui font le sujet des cinq livres de Peaux de couleuvre, dont les trois premiers sont contenus dans ce volume. Entier, passionné, inquiet, voulant paraître tout savoir et se sentir au moins l'égal de ceux qu'il envie pour leur science, leur goût ou simplement leur richesse, André se heurte à la vie, boude ou se révolte, pour aussitôt se soumettre. Etiemble nous le fait suivre au quartier Latin, avec ses amis des grandes écoles, en compagnie de jeunes filles dont certaines sont l'objet de dérisoires tentatives amoureuses. Il découvre la musique, la peinture, les bonnes manières, le plaisir du luxe. Chaque jour il s'élève davantage, il apprend un peu plus, mais toujours poursuivi par la crainte de son hérédité, par la crainte aussi de la guerre qui le pousse aux aventures politiques. Ainsi, de degré en degré, et laissant sur chacun d'eux une partie de lui-même comme une peau de couleuvre, André approche de ce sommet de soi-même où le coeur, enfin mis à nu, palpite au vent du ciel.
Voici les critiques littéraires d'Etiemble. A côté d'études consacrées à des auteurs tels que Nizan, Maurice Sachs ou Jean Prévost, Cocteau ou Romains, on trouvera de substantiels exposés concernant des écrivains plus anciens : Lawrence d'Arabie, Balzac ; et de véritables pages d'histoire de la littérature. Avec une remarquable impartialité qui n'exclut pas la passion, Etiemble brosse de vastes tableaux des littératures américaine ou soviétique contemporaines. Ces vues d'un des esprits les plus lucides et les plus indépendants de notre temps constituent un apport précieux à la culture, et l'on ne sait s'il faut admirer plus Etiemble pour son érudition ou pour son esprit critique.
"Les bibliographies, d'ordinaire, ça ne se lit pas. Il m'a donc semblé piquant d'en écrire une, et de la vouloir amusante. J'ai fait en sorte qu'on pût la lire dans le bon sens, et même à rebours, à la façon d'un roman policier ; aussi, qu'on y pût jouer ainsi qu'au jeu de l'oie. Toutefois, je ne saurais trop en déconseiller l'usage à ceux qui, pour mieux servir Rimbaud, n'ont su ou n'ont voulu que desservir son culte". Qand j'écrivais ces lignes, en 1954, je me demandais si vraiment ça se lirait, une bibliographie. Ma foi, oui, puisque voici une réimpression revue et augmentée, cependant que le dernier tome du Mythe, L'Année du Centenaire, en forme lui aussi de bibliographie analytique et critique, est en cours de réimpression. On n'a donc trouvé jusqu'ici que deux moyens d'obtenir un public : le meilleur, se faire ennuyeux au possible (ce dont je voudrais bien n'être pas trop capable) ; le moins bon, être bien amusant, ce qui me paraît un peu plus méritoire, encore que moins sublime. [... ]" Etiemble.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.