Plus encore qu'une pièce de théâtre, Jean est un jeu présenté dans un lieu fictif par des comédiens qui eux-mêmes jouent à se nommer Jean, Pierre ou Chérie, transformant ainsi le texte en un univers de sons, bruits, silences. Si l'on ne tient pas compte de cet univers particulier, la lecture du texte devient pratiquement impossible : il n'est pas question d'y trouver une histoire à raconter, mais uniquement le support d'une action. "L'acte théâtral ne peut pas être n'importe quoi, mais dans n'importe quoi il peut prendre son prétexte", écrit Jean Genet. Le "n'importe quoi", c'est ici la cour d'un immeuble misérable où vivent Jean, sa femme, son père et ses voisins. L'apparente banalité soudain se brise : par amour, Jean jette sa femme dans la cage de l'escalier, trahit son meilleur ami, se débarrasse de son père puis d'une jeune fille, pour se retrouver ensuite encore un peu plus seul, comme si rien n'avait eu lieu. Mais tout cela n'est qu'une possibilité de fiction : les comédiens l'interprètent en simulant le rire et les cris, la mort ou l'amour, car en fait le théâtre n'est qu'apparence : rien ne se passe, mais tout peut arriver grâce aux intervalles entre les mots et les silences, donnant ainsi naissance à une signification capable de rendre visible ce qui ne l'est pas.
Nombre de pages
152
Date de parution
22/11/1967
Poids
150g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782070222476
Titre
JEAN
Auteur
Esposito-Torrigiani Uccio
Editeur
GALLIMARD
Largeur
119
Poids
150
Date de parution
19671122
Nombre de pages
152,00 €
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Ceci est un roman. Il y a des faits ou épisodes vrais et des épisodes faux. Parfois les vrais sont arrangés pour les faire apparaître faux. Et les faux, à force de ruses et d'astuces littéraires, pourraient sembler vrais. En d'autres mots, c'est un mélange de réalité et de rêve. L'axe portant de ce mélange est l'écrivain Franz Kafka. Sans doute l'un des plus importants auteurs de la littérature allemande. Pourtant il était tchèque : c'est pourquoi il a pressenti vingt ans plutôt ce qui allait arriver. De surcroît - comme on peut le lire au début de ce texte - il ne voulait rien laisser de ses écrits. Il est donc célèbre malgré lui, et tellement important que l'on a fait un adjectif de son nom : kafkaïen. Selon les diverses langues cela veut dire inquiétant, angoissant, cauchemardesque, troublant, etc. Moi je l'aime depuis soixante ans d'un amour exclusif et révérencieux, qui dépasse de loin la littérature, et qui est devenu, au fur et à mesure de "notre " fréquentation, possessif, libérateur, fraternel. Je suis donc le dernier qui aurait dû oser en faire un personnage de roman : c'est pourtant ce que je fais ici, je trahis son silence, avec toujours un immense respect et un peu de sa "folie". Mais est-ce qu'en amour la trahison n'est pas aussi indispensable que la pomme dans le jardin d'Eden - U.E.T.
S'il était important de rassembler en un seul volume les livres publiés par Danielle Collobert de son vivant, afin de mettre en lumière la cohérence d'une telle ?uvre, il n'était pas moins important d'en donner à connaître la part souterraine. Souterraine mais non pas inférieure: depuis les fragments de Meurtre restés inédits jusqu'aux Cahiers retrouvésaprès sa mort en passant par les pièces destinées à la mise en ondes, tous les textes réunis dans ce deuxième volume ont été soigneusement conservés par Danielle Collobert, si peu soucieuse pourtant de renommée ou de postérité littéraire, comme en vue d'une possible édition. Ils donnent une profondeur et une ampleur souvent bouleversantes à une telle expérience, poursuivie toute une vie durant, avec uneextrême rigueur et un extrême détachement. Les pièces écrites en collaboration avec Uccio Esposito-Torrigiani, à qui nous devons l'édition des Cahiers, répondent en écho à celles de Danielle Collobert elle-même et aux pages de ce journal écrit en contrepoint de l'?uvre éditée.
Bonaviri Giuseppe ; Esposito Torrigiani Uccio ; Ma
Giuseppe Bonaviri (1924-2009) est né à Mineo, village perché de Sicile, dans la région de Catane. point de départ de son oeuvre et épicentre de son imaginaire, comme en ce roman fabuleux. La dirige forêt, paru en 1969. "L'homme de Mineo" fait débuter son histoire pleine d'aventures dans un monde alors naissant, inhabité par l'homme, primordial. Le narrateur, naissant lui-même, évolue de métamorphose en métamorphose : amorce de vie cellulaire d'abord puis plante de bourrache, enfin vautour... (Postface de Giorgio Manganelli).
Pietro est tailleur à Mineo en Sicile, où il vit avec sa soeur et son fils de dix ans. Construit comme une suite d'épisodes de réminiscence, chacun du point de vue d'un des personnages, ce roman raconte les douleurs de la vie rurale dans la Sicile des années cinquante, où le quotidien se partage entre la misère et la résignation. Tandis que Pietro tente de se construire un destin sa soeur Pina choisit le fatalisme à l'instar des autres personnages qui gravitent autour d'eux.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.