Dans la langue de personne. Poésie yiddish de l'anéantissement
Ertel Rachel
SEUIL
22,00 €
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EAN :9782020183550
Irzhak Schipper, mort à Maïdanek en 1943, confiait à Alexandre Donat : "Tout ce que nous savons des peuples assassinés est ce que leurs assassins ont bien voulu en dire. Si nos assassins remportent la victoire, si ce sont eux qui écrivent l'histoire [...] ils peuvent nous gommer de la mémoire du monde [...]. Mais si c'est nous qui écrivons l'histoire de cette période de larmes et de sang - et je suis persuadé que nous le ferons - qui nous croira ? Personne ne voudra nous croire, parce que notre désastre est le désastre du monde civilisé dans sa totalité." Pour dire le désastre absolu qui frappe le peuple juif d'Europe, les poètes yiddish captent des fragments, des éclats de vérité. Ils sont soumis à un double impératif : l'impossibilité d'exprimer l'indicible qui se confond avec l'obligation de témoigner. Au ghetto, à Varsovie, à Vilno, à Lodz, à Cracovie, plus tard dans les camps, à Treblinka, à Auschwitz, avant la mort dans les chambres à gaz, on écrit dans l'urgence. S'arrachant au mutisme, une poétique du cri perce le silence du monde, sa surdité et sa cécité, pour l'obliger à entendre, à voir. Emotion et rigueur historique se conjuguent pour faire surgir la force poétique de ces innombrables textes sauvés de l'oubli. Rachel Ertel nous restitue les voix d'une poésie de l'anéantissement : à notre tour, nous devenons "le témoin du témoin".
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Nombre de pages
215
Date de parution
02/04/1993
Poids
236g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020183550
Titre
Dans la langue de personne. Poésie yiddish de l'anéantissement
ISBN
2020183552
Auteur
Ertel Rachel
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
236
Date de parution
19930402
Nombre de pages
215,00 €
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Depuis le Moyen Âge jusqu?à l?extermination nazie, un milieu juif unique au monde a existé. De la Baltique à la mer Noire, du Dniepr à l?Oder, enraciné dans les vastes plaines de Pologne, accroché aux flancs des Carpates, blotti dans les vallées, le shtetl (« bourgade », en yiddish) fut un lieu de vie religieuse, sociale, politique et culturelle foisonnante.Ce milieu traditionnel, à cause de son autonomie et de la solidarité de ses membres, de la diversité de sa vie associative, a permis l?éclosion et la pénétration des idéologies modernes: Haskala, sionisme, nationalisme culturel, socialisme dans ses diverses tendances.Malgré la misère, le chômage et la discrimination, sa population ? surtout sa jeunesse ? multiplia les partis politiques, les écoles juives séculières, les bibliothèques, les troupes théâtrales, les associations éducatives et culturelles.Par son inventivité, par ses tensions, le shtetl demeure une source d?inspiration que ce livre nous restitue dans ce qu?elle a d?irremplaçable.
À travers un choix d auteurs représentatifs de la littérature yiddish du XIXe siècle à nos jours, ce livre veut faire partager la richesse, la fécondité d un monde à jamais disparu: une littérature au destin tragique, assassinée en même temps que ses lecteurs par le nazisme.En 1939, on estimait à dix millions environ le nombre de locuteurs et de lecteurs du yiddish dans les trois principaux centres d implantation du yiddishland: Pologne, Russie, États-Unis, et à des centaines de milliers dans divers autres pays européens dont la France. La plupart des porteurs de cette langue, l immense majorité du yiddishland furent anéanties en Europe, et cette annihilation s étendit, en cercles concentriques, engloutissant peu à peu ce qui en restait ailleurs. La publication de ces uvres, dont certaines sont épuisées et d autres inédites, permettra de rendre sa place à la culture yiddish dans cette Europe où elle naquit et fleurit pendant des siècles. Des centaines de milliers d uvres en yiddish, depuis le XIVe siècle jusqu au Génocide, des milliers de quotidiens, des centaines de troupes de théâtre avaient essaimé dans le monde entier, échangeant dans l effervescence leur inspiration, se fécondant les unes les autres par leur créativité respective. Leurs créateurs ont constitué au cours des âges une immense bibliothèque, aux formes inédites, alliant en une alchimie propre leur spécificité et les emprunts aux cultures environnantes. À partir du XIXe siècle, de l emballement de l Histoire mondiale, des migrations de masse, ils connurent une ardeur, une impétuosité, une intensité qui allaient s amplifiant à mesure qu elles se dégageaient de la contrainte des traditions et éprouvaient, éblouis, les fulgurances de l art moderne et l épanouissement de leurs propres ressources créatives. Au-delà de la fonction mémorielle, Royaumes juifs met à la portée de lecteurs juifs une partie essentielle de leur patrimoine légitime, mais offre aussi au lecteur en général un accès à une culture méconnue et sous-estimée. Le premier volume de Royaumes juifs (qui en comptera deux) comporte six auteurs, représentés tantôt par des recueils de nouvelles, tantôt par des romans écrits entre le dernier tiers du XIXe siècle et le premier tiers du XXe. Ils sont ici réunis et commentés par la plus grande spécialiste internationale de littérature yiddish, Rachel Ertel.
Alors qu'elle tente d'élucider le destin d'un ancêtre banni par sa famille, une femme reprend l'histoire de sa propre vie. Des années auparavant, son mari, son premier et grand amour, lui a révélé être homosexuel. Du bouleversement que ce fut dans leur existence comme des péripéties de leur émancipation respective,, rien n'est tu. Ce roman lumineux nous offre une leçon de courage, de tolérance, de curiosité aussi. Car jamais cette femme libre n'aura cessé de se réinventer, d'affirmer la puissance de ses rêves contre les conventions sociales avec une fantaisie et une délicatesse infinies.
Avant, il y avait l'enfance. Je le sais". Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu'en a-t-elle fait ?
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
L'histoire de la réalisation d'un film de super-héros au budget colossal, et du comics inconnu qui l'a inspiré. 1947, en Californie, un talentueux petit garçon de cinq ans recopie les comic strips du journal local ; 2020, une émouvante projection a lieu Times Square. Entre les deux, 70 ans d'une Amérique en pleine mutation, un tournage rocambolesque et une galerie de personnages hauts en couleur : un soldat traumatisé par la guerre, un réalisateur inspiré et excentrique, une star prétentieuse, une assistante de production infatigable et les innombrables membres de l'équipe de tournage qui, ensemble, créent la magie hollywoodienne. Vif, touchant, inventif, parfois loufoque, porté par un humour teinté d'ironie et un rythme effréné, le premier roman de Tom Hanks pose un regard d'initié sur les efforts considérables nécessaires à la production d'un film - et la formidable aventure humaine qu'elle constitue.