La seconde guerre mondiale va modifier profondément les rapports entre les expatriés et les autochtones dans la colonie et l'attitude du roi va désorganiser l'entente jusque-là parfaite des trois piliers de la colonisation, l'administration, les missions et les entrepreneurs qui prendront parti. Pour la première fois depuis 1885 la Belgique est battue et la Force publique engagée loin de la colonie (Ethiopie, Nigeria, Moyen-Orient et Asie) va ramener dans celle-ci une autre vision du monde et de la place qu'y occupe la Belgique. L'effort de guerre exigé du Congo par les alliés va mettre littéralement à genoux les populations noires et blanches qui devront supporter en plus le financement du gouvernement belge en exil à Londres, celui des délégations diplomatiques de la métropole dans les différents pays ainsi que les ukases économiques des alliés. Les pays victorieux, les Etats-Unis et la Russie vont bénéficier auprès des élites congolaises d'une aura particulière dont ils vont habilement user pour asseoir leur main mise progressive sur le continent noir en dénigrant, au sein de Nations Unies, les politiques menées par les pays colonisateurs. La fracture est trop importante pour être réduite et si le plan décennal mis en place par les Belges améliore considérablement les conditions sociales de la population congolaise, celui-ci aura peu d'influence sur les esprits. La rupture est inévitable ; les Belges ne veulent pas d'une guerre coloniale et n'ont pas les moyens de devenir une puissance atomique comme la France, pour rester une grande nation européenne. Ils choisiront d'autres voies.
Nombre de pages
290
Date de parution
14/06/2011
Poids
350g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296552197
Titre
Congo (1940-1963). Fracture et Conséquences
Auteur
Ergo André-Bernard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
350
Date de parution
20110614
Nombre de pages
290,00 €
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Entre 1878 et 1890 une seule compagnie s'établira au Congo et y créera quatre filiales. Est-ce pour générer plus de diversité et de concurrence que le roi incitera et aidera les milieux d'affaires anversois à créer 7 autres sociétés avant la mise en activité du chemin de fer en 1898 ? Toujours est-il qu'à partir de ce moment, la doyenne, la C.C.C.I, va s'opposer violemment aux desseins économiques du souverain. Les compagnies, pour l'essentiel des comptoirs commerciaux, seront créées après la liaison par train de Matadi à Kinshasa. Elles n'excéderont jamais une soixantaine d'unités ; 13% d'entre elles disparaîtront pour faillite, et une dizaine fusionneront au Kasai, sous la pression de la C.C.C.I, laquelle participera activement avec l'Etat au début de la mise en valeur du Katanga. En parallèle à ces travaux, l'Etat mettra en place l'embryon de l'organisation d'un État moderne, un service médical, une justice écrite ordinaire et militaire, une force de police, des routes, des transports, des communications, des services agricoles et forestiers, le cadastre, une flotte, les douanes, la poste, la monnaie, deux ports de mer et, en collaboration avec les missions, un embryon d'enseignement primaire. Durant 30 années, 12 000 expatriés dont 8 000 Belges participeront à cette mise en valeur, pour les trois quarts d'entre eux dans le Bas Congo. Ce livre, abondamment illustré (une centaine de photos d'époque), est un témoignage de leurs réalisations jusqu'à la reprise de l'État Indépendant du Congo par la Belgique en 1908.
A la sortie de la 2è guerre mondiale, pour la première fois, des plans de développement gigantesques peuvent être mis en oeuvre et réalisés au Congo sous colonie belge. C'est le moment choisi par l'ONU et les deux grands Blocs pour attaquer frontalement la gestion du Congo. L'Etat belge n'est pas de taille à contrer pareille attaque ; il abdique et préfère laisser la place aux partis politiques congolais naissants. En 1960, la colonie du Congo belge n'existait que depuis un demi-siècle et était la plus prospère économiquement et la mieux gérée socialement de l'Afrique noire.
A plus d'un siècle de distance, les archives de l'Etat Indépendant du Congo émergent lentement de l'ombre et l'histoire de ce pays doit être réajustée, affinée et réinterprétée. Cette région, qui avait surgi de l'Antiquité et dont aucun pays ne voulait, sera offerte de manière irréfléchie, par quatorze grandes puissances de l'époque, une association géographique, un non-pays, dont le président était Léopold II. Mais il apparut très vite que cette contrée possédait le privilège particulier de pouvoir fournir tout ce que les nations industrialisées du début du XXe siècle étaient prêtes à acheter à n'importe quel prix : les minerais du miracle géologique du Katanga ou le caoutchouc de l'immense et riche forêt hyperhumide. Les grandes puissances ne pouvaient pas renier leur signature, mais dès que la traite des Noirs vers l'océan Indien fut stoppée et que le chemin de fer fut opérationnel, elles allaient, à la veille de la première guerre mondiale, créer par individus interposés toute une panoplie d'intrigues.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...