L'Etat Indépendant du Congo. 1885-1908, d'autres vérités
Ergo André-Bernard
L'HARMATTAN
18,00 €
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EAN :9782343016221
A plus d'un siècle de distance, les archives de l'Etat Indépendant du Congo émergent lentement de l'ombre et l'histoire de ce pays doit être réajustée, affinée et réinterprétée. Cette région, qui avait surgi de l'Antiquité et dont aucun pays ne voulait, sera offerte de manière irréfléchie, par quatorze grandes puissances de l'époque, une association géographique, un non-pays, dont le président était Léopold II. Mais il apparut très vite que cette contrée possédait le privilège particulier de pouvoir fournir tout ce que les nations industrialisées du début du XXe siècle étaient prêtes à acheter à n'importe quel prix : les minerais du miracle géologique du Katanga ou le caoutchouc de l'immense et riche forêt hyperhumide. Les grandes puissances ne pouvaient pas renier leur signature, mais dès que la traite des Noirs vers l'océan Indien fut stoppée et que le chemin de fer fut opérationnel, elles allaient, à la veille de la première guerre mondiale, créer par individus interposés toute une panoplie d'intrigues.
Nombre de pages
163
Date de parution
15/10/2013
Poids
215g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343016221
Titre
L'Etat Indépendant du Congo. 1885-1908, d'autres vérités
Auteur
Ergo André-Bernard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
215
Date de parution
20131015
Nombre de pages
163,00 €
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Entre 1878 et 1890 une seule compagnie s'établira au Congo et y créera quatre filiales. Est-ce pour générer plus de diversité et de concurrence que le roi incitera et aidera les milieux d'affaires anversois à créer 7 autres sociétés avant la mise en activité du chemin de fer en 1898 ? Toujours est-il qu'à partir de ce moment, la doyenne, la C.C.C.I, va s'opposer violemment aux desseins économiques du souverain. Les compagnies, pour l'essentiel des comptoirs commerciaux, seront créées après la liaison par train de Matadi à Kinshasa. Elles n'excéderont jamais une soixantaine d'unités ; 13% d'entre elles disparaîtront pour faillite, et une dizaine fusionneront au Kasai, sous la pression de la C.C.C.I, laquelle participera activement avec l'Etat au début de la mise en valeur du Katanga. En parallèle à ces travaux, l'Etat mettra en place l'embryon de l'organisation d'un État moderne, un service médical, une justice écrite ordinaire et militaire, une force de police, des routes, des transports, des communications, des services agricoles et forestiers, le cadastre, une flotte, les douanes, la poste, la monnaie, deux ports de mer et, en collaboration avec les missions, un embryon d'enseignement primaire. Durant 30 années, 12 000 expatriés dont 8 000 Belges participeront à cette mise en valeur, pour les trois quarts d'entre eux dans le Bas Congo. Ce livre, abondamment illustré (une centaine de photos d'époque), est un témoignage de leurs réalisations jusqu'à la reprise de l'État Indépendant du Congo par la Belgique en 1908.
A la sortie de la 2è guerre mondiale, pour la première fois, des plans de développement gigantesques peuvent être mis en oeuvre et réalisés au Congo sous colonie belge. C'est le moment choisi par l'ONU et les deux grands Blocs pour attaquer frontalement la gestion du Congo. L'Etat belge n'est pas de taille à contrer pareille attaque ; il abdique et préfère laisser la place aux partis politiques congolais naissants. En 1960, la colonie du Congo belge n'existait que depuis un demi-siècle et était la plus prospère économiquement et la mieux gérée socialement de l'Afrique noire.
La seconde guerre mondiale va modifier profondément les rapports entre les expatriés et les autochtones dans la colonie et l'attitude du roi va désorganiser l'entente jusque-là parfaite des trois piliers de la colonisation, l'administration, les missions et les entrepreneurs qui prendront parti. Pour la première fois depuis 1885 la Belgique est battue et la Force publique engagée loin de la colonie (Ethiopie, Nigeria, Moyen-Orient et Asie) va ramener dans celle-ci une autre vision du monde et de la place qu'y occupe la Belgique. L'effort de guerre exigé du Congo par les alliés va mettre littéralement à genoux les populations noires et blanches qui devront supporter en plus le financement du gouvernement belge en exil à Londres, celui des délégations diplomatiques de la métropole dans les différents pays ainsi que les ukases économiques des alliés. Les pays victorieux, les Etats-Unis et la Russie vont bénéficier auprès des élites congolaises d'une aura particulière dont ils vont habilement user pour asseoir leur main mise progressive sur le continent noir en dénigrant, au sein de Nations Unies, les politiques menées par les pays colonisateurs. La fracture est trop importante pour être réduite et si le plan décennal mis en place par les Belges améliore considérablement les conditions sociales de la population congolaise, celui-ci aura peu d'influence sur les esprits. La rupture est inévitable ; les Belges ne veulent pas d'une guerre coloniale et n'ont pas les moyens de devenir une puissance atomique comme la France, pour rester une grande nation européenne. Ils choisiront d'autres voies.