Au milieu du IVe siècle, dans les communautés de Mésopotamie, la réforme liturgique mise en vigueur par le Concile de Nicée pour la célébration de la Pâque annuelle n'a pas fait disparaître tout à fait certains caractères natifs ni certains accents propres à la célébration judéo-chrétienne celle-ci focalisait sa mémoire davantage sur la Passion du Seigneur et sa Descente au Shéol que sur sa Résurrection. Bien que largement postérieures à l'« Homélie sur la Pâque » de Méliton de Sardes (SC 123), c'est de cette Pâque quartodécimane primitive que, dans leur étonnant archaïsme, les « Hymnes pascales » d'Éphrem (306-373) nous font apercevoir les traits, et là ne réside pas le moindre de leur intérêt. À bien des égards, leur témoignage gagne à être confronté à celui du douzième « Expos? (sur la Pâque) d'Aphraate (SC 359). Si « l'anti-judaïsme » atteint ici un rare degré de virulence, il ne saurait occulter ni la rémanence de traditions rabbiniques, ni l'allure midrachisante de certaines concaténations scripturaires, ni la richesse du symbolisme, ni la vivacité de la dramaturgie, ni surtout la fraîcheur et la virtuosité poétiques avec laquelle est constamment évoqué « Nisan » (avril), le mois pascal et printanier, véritable protagoniste de ce recueil. Éphrem ne développe dans ce cycle ni sotériologie d'orientation paulinienne, ni, curieusement, théologie baptismale, mais appuie constamment son verbe sur la grande saga de l'Exode, et, solidaire d'un siècle soucieux d'illustrer une théologie de la « victoire », donne à l'événement pascal toute son orchestration cosmique.
Nombre de pages
334
Date de parution
21/04/2006
Poids
362g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782204081559
Titre
Hymnes pascales
Auteur
EPHREM DE NISIBE
Editeur
CERF
Largeur
125
Poids
362
Date de parution
20060421
Nombre de pages
334,00 €
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Précurseur doué d'une intuition rare, Ephrem avait su retourner et faire servir à sa cause l'arme des hérétiques qu'il combattait, à savoir les hymnes ascétiques ou dogmatiques chantées par les fidèles depuis le temps de Bardesane et de son fils Harmonius, un siècle auparavant. Ces chants d'Ephrem se gravaient dans la mémoire des auditeurs, grâce à leur forme rythmée, à la splendeur de leurs images et à la chaleur de leurs accents ; ils étaient répétés, avec une ferveur jamais lassée, aux fêtes liturgiques. Leur succès fut tel, que, du vivant même de leur auteur, on en fit des versions grecques et arméniennes ; plus tard on les traduira encore en géorgien, en éthiopien, en latin et en slavon. Saint Jérôme raconte que dans certaines Eglises on les lisait en public après les leçons de l'Ecriture sainte. Les " Hymnes sur le Paradis " constituent un recueil de quinze hymnes (267 strophes de douze vers, soient 3204 vers au total). Ephrem recherche tout ce qui est figure, et du Paradis perdu et du Paradis futur. Mais pour lui le Paradis n'est pas seulement un lieu mystérieux du passé ou du futur, il est, dans la structure cosmologique du monde, le sommet et le centre de l'univers et, dans l'histoire du plan de Dieu, une réalité capitale qui apparaît et réapparaît au temps de Noé comme au temps de Moïse, dans la construction du temple aussi bien que dans le mystère de la Croix et dans l'organisation de l'Eglise.
Au IVe siècle, les communautés mésopotamiennes de langue syriaque ne connaissent encore, comme la plupart des régions du monde chrétien d'alors, qu'une seule fête de Noël-Épiphanie, célébrée douze jours après le solstice d'hiver, le six de « Kanoun » (janvier). C'est pour solenniser ce Mystère, résumé par le seul nom bien évocateur d'Orient (« Dénh?) et vraisemblablement dans le cadre de vigiles nocturnes développées, qu'Éphrem (306-373) a composé de longues séquences poétiques (« madrâsh?), véritable tissu dans lequel la postérité découpera parfois arbitrairement, au gré de ses propres besoins liturgiques. Une tradition manuscrite a donné au noyau originel de cette collection d'hymnes le titre fort opportun de « Berceuses » (« nū srat?), attendu qu'elles sont placées, en grande majorité, sur les lèvres de Marie. En ces « Orientales », toutes foisonnantes de figures bibliques, nous reconnaissons aujourd'hui un monument hors pair de la mariologie primitive. Méditations théologiques, ces pièces annoncent déjà, avec leurs trouvailles littéraires aussi naïves que charmantes, la grâce de nos Noëls populaires. Au coeur de cette Nuit qu'il enchante et qu'il peuple de tant de santons, Éphrem est sans conteste un « ravi » qui confesse parfois, par le truchement de Marie, sa propre expérience du « verbe » poétique et de sa conception. La traduction intégrale de ces Hymnes - la première en langue française - a été réalisée à partir du texte critique établi par dom Edmund Beck, moine de Metten (1991 ?).
Dans l'oeuvre conservée d'Éphrem de Nisibe (306-373), les recueils d'hymnes ici réunis, de par leur naturepolémique, adoptent un ton virulent ou polémique qui tranche singulièrement avec les hymnes à caractèreliturgique, généralement mieux connues. Il s'agit pour Éphrem, dans les cinquante-six Hymnes contre les hérésies, de combattre les « doctrines erronées » de trois hérésiarques : Marcion, qui opposait le Démiurge mauvais de l'Ancien Testament au Dieu bon du Nouveau, Bardesane, qu'Éphrem accusait de croire au fatalisme astral, et Mani, le fameux tenant du dualisme ontologique entre le bien et le mal. Quant aux Hymnes contre Julien, qui complètent le prochain tome, le Syrien y polémique contre l'empereur « apostat » dont le règne, bien que très court (361-363), avait constitué une menace pour le jeune empire chrétien initié par Constantin. Au-delà de ces controverses, parmi les thématiques théologiques et spirituelles qu'il développe, le Docteur syrien insiste sur la liberté de l'être humain et sur la valeur positive du corps, en évoquant l'existence chrétienne comme « chemin de vie » et en se montrant, une fois de plus, lecteur virtuose de l'Écriture sainte. Ce tome I contient les 29 premières hymnes Contre les hérésies, avec en regard de la traduction française le texte syriaque dans une composition fidèle à sa forme poétique.Dominique Cerbelaud, o.p., auteur de nombreux ouvrages, travaille depuis de longues années sur l'oeuvre d'Éphrem, dont il a déjà traduit plusieurs recueils, notamment dans la collection Spiritualité orientale.
Dans l'oeuvre conservée d'Éphrem de Nisibe (306-373), les recueils d'hymnes ici réunis, de par leur naturepolémique, adoptent un ton virulent qui tranche singulièrement avec les hymnes à caractère liturgique,généralement mieux connues. Il s'agit pour Éphrem, dans les cinquante-six Hymnes contre les hérésies, de combattre les « doctrines erronées » de trois hérésiarques : Marcion, qui opposait le Démiurge mauvais de l'Ancien Testament au Dieu bon du Nouveau, Bardesane, qu'Éphrem accusait de croire au fatalisme astral, et Mani, le fameux tenant du dualisme ontologique entre le bien et le mal. Quant aux Hymnes contre Julien, le Syrien y polémique contre l'empereur « apostat » dont le règne, bien que très court (361-363), avait constitué une menace pour le jeune empire chrétien initié par Constantin. À travers ces controverses, le Docteur syrien insiste sur l'identité du Dieu créateur et rédempteur et sur la valeur positive du corps, et se plaît à développer certaines images qu'il affectionne, comme celles du miroir, de la harpe ou du rameau. Ce tome II contient les Hymnes contre les hérésies XXX à LVI et, avec une hymne liminale, les Hymnes contre Julien. En regard de la traduction française, le texte syriaque est composé de manière fi dèle à sa forme poétique.Dominique Cerbelaud, o.p., auteur de nombreux ouvrages, dont le tome I de ces Hymnes (SC 587), travaille depuis de longues années sur l'oeuvre d'Éphrem il en a déjà traduit plusieurs recueils, notamment dans la collection Spiritualité orientale.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...