Recueil de la douleur et de la quête, de la vie encore, de la recherche "enivrée par l'amour " de l'être aimé disparu dont on veut garder l'épaisseur, les mots de Sonia Elvireanu laissent le lecteur bouleversé, traversé d'amour et de détresse, baigné de la lumière soyeuse de cette écriture. Une écriture à l'éclairage tamisé où le blanc, le bleu et le pourpre absenté créent un arc-en-ciel, lien entre ciel et terre, visible et invisible, vie et mort, présence et absence. Brûlure du silence qui attise ou apaise, "signes glissés " de l'absent dans les "écorces" du monde, Sonia Elvireanu étourdie de douleur continue son chemin dans un temps "renversé". L'âme, le corps, le ciel, l'éternité ont changé de sens. Désormais, il faut donner nom aux souvenirs pour que le réel "prenne corps". Il y a, dans cette souffrance infinie, une certaine douceur que seul permet l'amour véritable, comme une berceuse secrète qui caresse l'âme au creux de l'être, se nourrit chaque jour d'une présence pressentie, ressentie." Extrait de la préface, Isabelle Poncet-Rimaud.
De sa terrible solitude, la poète va tenter de faire « une voie » où retrouver des « traces » de l'Aimé, notamment dans la neige, avec son silence, sa blancheur qui l'associe au vide mais aussi à un réel immatériel. Elle même y sera « dans l'embrassement du Ciel et de la Terre,/ [?] la ligne de l'horizon ». D'où une poésie aux résonances métaphysiques où se mêlent références mythologiques et bibliques. Ce recueil réunit les poèmes ayant gagné en 2019 le prix Naji Naaman de créativité au Liban et le prix Monde francophone en France, décerné par l'Académie littéraire et poétique de Provence.
Après Le Souffle du Ciel , je vous ai suivie aux pays d'avant les mots. Bercés par le chant de la mer, paysages souvent surréalistes où l'on entend le murmure de l'eau, commu un silence d'avant la naissance. Une grande force intérieure se devine dans votre écriture aérienne, limpide, brève, charnelle, spirituelle. [...] Marie Faivre
Cette longue litanie déchiquetée a été écrite par un stupéfiant poète. Les métaphores superbes l'attestent, ainsi que l'incroyable liberté dans l'expression de la révolte et de la désespérance. Qu'aurait pu écrire cet homme s'il n'avait pas autant souffert, qu'aurait-il fait de sa liasse de feuilles blanches s'il ne s'était pas jeté dans le brasier du rêve et des fantasmes pour oublier celle qu'il a aimée passionnément et entièrement perdue ? Corps et rire, lumière douce et soie de ses yeux. Le poète a vécu ce rêve d'aimer follement une femme. A la mort de celle-ci, il ne lui reste plus que le rêve fracassé, affreux, délirant, traversé par des images morbides, fantasmatiques, gavées d'alcool et du poison de la mémoire impuissante. Le récit, éparpillé en quelques poèmes aux titres saugrenus, se déroule au rythme des réveils et des crises aiguës de lucidité, au mépris de la logique et de la cohérence. Ce qui importe pour ce naufragé de l'amour et de l'espoir, c'est de résister encore, par le seul pouvoir des mots, à sa propre destruction." Extrait de la préface, Michel Ducobu.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...