Ce livre traite de la pensée d'Edward Said à travers son imaginaire et sa vie. Emergent au fil des pages les motifs subjectifs de ses choix intellectuels, leur part de cohérence, d'ambivalence, de mixité revendiquée. On y voit comment Said a organisé la rencontre de l'oral et de l'écrit, du classicisme et de l'excentricité, de l'histoire et de l'actualité, de l'effort et du plaisir, comment il a inventé un style. A l'opposé du savoir cloisonné des "experts", il a construit et imposé le sien en tissant les liens qui défendent les différences et les droits au sein d'une vision universelle. D'où L'Orientalisme, foncièrement critique de la domination d'une culture sur une autre et sans indulgence pour l'enfermement et le repli en guise de riposte. Son obsession de la répétition, du retour et de la récapitulation, raconte simultanément son angoisse de l'effondrement et son extrême capacité à la dompter. A partir et au-delà de la Palestine, dans ce voyage au pays plus ou moins conscient de Said, Dominique Eddé partage aussi avec nous une part de l'intimité qui fut la leur. Du XVIIIe au XXe siècle, de Vico à Mozart, Beethoven, Foucault, Adorno, Camus ou Orwell, le voyage met en valeur les signaux de reconnaissance qui attachent Said aux auteurs omniprésents dans son oeuvre. Conrad, en tête. Avec des portraits inédits d'E.M. Cioran, de l'amitié de Said et de Barenboim et un va-et-vient continu d'Edward à Said - les deux pôles de son identité - qui rend compte du mouvement politique et musical de sa pensée.
Nombre de pages
227
Date de parution
20/10/2017
Poids
285g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9782358721585
Titre
Edward Said, le roman de sa pensée
Auteur
Eddé Dominique
Editeur
FABRIQUE
Largeur
132
Poids
285
Date de parution
20171020
Nombre de pages
227,00 €
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Ce livre se fonde sur le constat d'une défaite générale. C'est un essai de navigation dans une mer démontée. La mer de l'être en perte d'humanité. Il est travaillé avec une barque et deux rames : l'une pour sentir, l'autre pour penser. L'une pour contrer l'injustice, l'autre pour contrer la haine. Les deux contre le courant d'un gigantesque mensonge. Le mou¬vement consiste ici à ne pas choisir un mal contre l'autre. A refuser les termes officiels du débat et du langage poli¬tique. A voir de quelle manière la bêtise et l'intelligence oeuvrent ensemble à la mise à sac de la pensée. Gaza est le lieu où s'exerce le point culminant de l'horreur ; Israël et la Palestine le goulot par lequel le temps - le récent et l'ancien - rejette l'histoire qui a pourri en son sein.
« Longtemps, la langue française fut pour Mali un sujet de division intérieure, un objet de vénération plutôt que d'amour, une passion froide. Tout se passait pour elle comme si les mots confisquaient les choses au fur et à mesure qu'ils les nommaient, comme s'ils prenaient la réalité en otage, la dominaient, la frappaient d'abstraction. Les noms communs avaient, inexplicablement, valeur de noms propres, si bien que la lune ou la rose s'appelaient lune et rose au même titre qu'elle s'appelait Mali. Quand elle disait qamar ou ward, la lune et la rose, à peine nommées, connaissaient le sort d'un rêve défait par le réveil. Et lorsqu'elle écrivait l'arabe, c'était encore une lutte intraitable contre les fantômes de la version française. Un obstacle invisible contrait l'élan de sa main trop pressée de maîtriser et de conquérir. Le souvenir des lettres latines brisait le rythme et l'ouverture des lettres arabes qui, couchées ou debout, se heurtaient à des frontières qui n'étaient pas les leurs. Écrire l'arabe, c'était, pour Mali, faire un jardin avec de l'encre et du papier. »
Cet ouvrage tente de rassembler en quelques chapitres les grands enjeux souleve ? s par Silvia Federici autour de la notion de sorcie`res et de chasse aux sorcie`res. Le public a connu (et reconnu) Federici a` travers son magnum opus de recherche historiographique intitule ? Caliban et la sorcie`re. Cet inte ? re^t s'explique a` la fois par la diversite ? des questions souleve ? es par l'autrice et par leur importance actuelle dans le de ? bat public : en tournant notre regard sur les inquisiteurs du Moyen-A^ge, Federici nous parle de la domination des femmes, de la gene`se du capitalisme et du travail salarie ? , mais aussi de la privatisation des communs et de la destruc- tion de la nature. Cette the ? orisation n'a pas manque ? de soulever des questionnements et des critiques, auxquelles Federici re ? pond ici avec une grande pe ? dago- gie, ce qui lui permet de mettre en avant des e ? le ? ments particulie`rement saillants de son re ? cit : non seulement le fait qu'en Angleterre, la carto- graphie des enclosures se superpose aise ? ment avec celle des proce`s en sorcellerie ; mais en outre, l'autrice souligne les transformations requises par le capitalisme dans notre rapport a` la nature, au corps, aux animaux, a` la magie. Les sorcie`res e ? taient les femmes qui (gue ? risseuses, avorteuses, entoure ? es d'animaux) de ? veloppaient un rapport a` la nature, au langage, au corps et a` la sexualite ? qui subvertissait d'emble ? e l'exigence rationalisatrice, me ? dicale et e ? troitement techno- logique de la grande modernisation capitaliste. Mais il ne s'agit pas que d'histoire : l'autrice propose e ? galement de disse ? quer le retour funeste de la chasse aux sorcie`res dans certains pays africains ou en Inde. Sans s'en tenir a` une lecture religieuse ou ide ? ologique des conflits, elle situe l'origine de cette re ? surgence dans la grande mutation ayant affecte ? les mondes agricoles dans les pays en sous- ou mal-de ? veloppement. Cet oeuvre de Federici se situe la croise ? e des nouvelles radicalite ? s contemporaines, du renou- veau fe ? ministe aux autonomies (ZAD, habitats collectifs, coope ? ratives) jusqu'a` l'e ? cologie radicale.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.
Au fil des saisons, nous avons formé des cortèges bigarrés, muni·es de bêches, de mégaphones et de meuleuses, vêtu·es de bleus de travail et de combinaisons blanches, escorté·es par des oiseaux géants... Nous avons traversé les bocages et les plaines, arpenté les vallées industrielles et le bitume des usines ? et même frôlé les cimes alpines. Nous nous soulevons pour défendre les terres et leurs usages communs. Contre les méga-bassines, les carrières de sable, les coulées de béton et les spéculateurs fonciers, nous voulons propager les gestes de blocage, d'occupation et de désarmement, pour démanteler les filières toxiques. Nous nous soulevons parce que nous n'attendons rien de ceux qui gouvernent le désastre. Nous nous soulevons parce que nous croyons en notre capacité d'agir. Depuis des siècles, du nord au sud, des mouvements populaires se battent pour défendre une idée simple : la terre et l'eau appartiennent à tou·tes, ou peut-être à personne. Les Soulèvements de la terre n'inventent rien ou si peu. Ils renouent avec une conviction dont jamais nous n'aurions dû nous départir.