Qui m'aime me suive, dit à peu de chose près tout romancier. Mais avant de lui emboîter le pas, on lui demande de s'expliquer un peu sur l'itinéraire. Il faut donc y passer. Voici:Mettons qu'il était une fois un gosse comme les autres auquel on racontait pour l'endormir des histoires commençant par il était une fois; mettons qu'il ait appris à lire dans un vieil abécédaire illustré d'animaux dignes des espèces rescapées de l'arche de Noé. Qu'à partir de là, on vous entraîne dans un conte d'enfants pour grandes personnes, du purgatoire d'un cercle de famille jusqu'à l'enfer climatisé de notre bonne vieille actualité. Qu'à la fin, le personnage réduit à l'état de sous-homme se laisse mourir derrière les barreaux d'une cage pour bêtes fauves, dans un simulacre de paradis retrouvé. Et qu'entre-temps, il ait été question de la découverte d'une mine d'or par des colonnes de fourmis dans une décharge publique, d'un musée d'oiseaux empaillés et de momies égyptiennes visité par des cortèges d'aveugles, d'une maison d'enfants sourds-muets où l'on parle tant et plus, d'un curé tout en prothèses rouillant sous l'averse, d'une Marie-Mésange sortie d'un bordel de sous-préfecture, d'une corneille polyglotte, d'un docteur insomniaque entre sa femme enceinte du souvenir d'un enfant mort-né et un jumeau fratricide aux yeux de pigeon ramier, d'un ermite parlant comme saint François de Sales sur une colline surplombant un village engloutit et de tous les échos d'un monde à feu et à sang dont l'histoire est devenue à dormir debout.Mettons qu'on ait eu la déraisonnable ambition de rêver d'un roman dont chaque page serait à elle seule un roman.Sans personnage, pour ainsi dire, ou à la ressemblance de Job qui, dit la Bible, était pareil aux oueds du désert, comme s'ils n'existaient pas "; sans dialogues non plus, sauf, bien s-r, chez les muets. Sans vraisemblance aucune, à moins qu'on ne sache pas ce que c'est.Dieu merci, ce disant, on s'est si peu ou si mal expliqué que toutes les interprétations restent permises. Leur absence aussi.C.D."
Nombre de pages
320
Date de parution
30/08/1979
Poids
385g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782246008309
Titre
La Nuit zoologique
Auteur
Durand C
Editeur
GRASSET
Largeur
140
Poids
385
Date de parution
19790830
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Après avoir décrit les " mythologies artificielles ", toile de fond sur laquelle se déroule " la nouvelle guerre contre l'intelligence ", ce deuxième tome en analyse l'arme offensive essentielle : l'altération de la langue ayant pour fin la manipulation mentale à l'échelle des sociétés. Dans la plupart des pays industrialisés, on constate une érosion très nette de la qualité des langues nationales, écrites et parlées, tandis que les " élites " se font les relais efficaces d'une propagande visant à instaurer une langue unique, en prétextant des impératifs de communication et des nécessités commerciales à l'échelle planétaire. Cette politique est délibérément pratiquée au plus haut niveau des instances étatiques et internationales. Toutefois, un examen approfondi montre que la dérive vers une langue unique ne relève nullement du pragmatisme mais seulement d'une idéologie implantée artificiellement par une colonisation profonde des esprits. La défense des langues, des cultures et de la pluralité n'est pas une petite guéguerre d'opérette. Elle conditionne notre survie et donc, à terme, notre indépendance technologique et économique, culturelle et politique. Le plurilinguisme est à l'échelle internationale ce que le pluripartisme politique est à l'échelle nationale. Si la démocratie, à l'intérieur des États, s'appuie sur le pluripartisme, la démocratie entre les États, elle, doit s'appuyer sur le plurilinguisme. En abandonnant sa propre langue, l'homme perd automatiquement la maîtrise des définitions et de ses outils de représentation. Il devient donc vulnérable à la manipulation. Par conséquent, ses créations, quand on peut encore en parler, deviennent puériles et insignifiantes et n'intéressent plus personne. Cet ouvrage explique tout cela en détail et fournit au lecteur une moisson d'observations confirmant les thèses avancées, ainsi que de très nombreuses références qui lui permettront, s'il le désire, de poursuivre lui-même ses investigations.
En 1973, quand des autistes sont enfermés en hôpital psychiatrique, des parents rêvent d'une vraie vie pour leurs enfants. Autonomie par le travail et vie sociale de village. Forts de ces mouvements qui, depuis 1940, mettent en cause les conceptions psychiatriques d'alors et conçoivent , entre autre, la psychothérapie institutionnelle, des familles pionnières se battent et créent l'association La Bourguette située au pied du Lubéron, puis le Grand Réal, un établissement de service d'aide par le travail. Cinquante ans après, cette entreprise compte 10 établissements et permet à 200 personnes autistes de vivre "leur vie" . Récits illustrant l'engagement d'une vie. Sensible à la stigmatisation, et pour mieux la déjouer, la photographe Christine Durand aborde l'ensemble des acteurs de l'institution par le biais d'un même corpus constitué de portraits sur fond noir et de paroles recueillies à partir de questions sur le bonheur. Cette série révèle les singularités de chacun, questionne sur
A chaque jour son crime. Ils nous parlent, nous touchent, nous troublent, nous révèlent. J'ai voulu rassembler, sous la forme d'un almanach, ce que je sais, ce que j'ai découvert de 314 tueurs en séries, 193 autres types d'assassins et de plus de 5 700 meurtres. Serial Krimes ? Des articles de fond sur des tueurs en série français comme Landru ou Claude Lastennet, une évocation de crimes célèbres qui ont défrayé la chronique à Hollywood, l'histoire de criminels sexuels tels que Léger, Menesclou ou Soleilland, ou encore des enquêtes réalisées par des voyants. Vous lirez des reportages tirés de la presse de l'époque et le récit de certaines pratiques judiciaires oubliées. La réalité dépasse souvent la fiction, ce qui n'a pas empêché de nombreux auteurs ou scénaristes de s'inspirer des meurtres atroces que vous vous apprêtez à découvrir", S. B.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.