Michel Lemoine (1944-2016) était sans doute le meilleur connaisseur à la fois de la vie et de l'oeuvre de Georges Simenon. De toutes les composantes de cette oeuvre, depuis les pochades de la jeunesse jusqu'aux Mémoires intimes, point d'orgue de la création, en passant par la production alimentaire sous divers pseudonymes, les Maigres ainsi que les "romans durs" qui ont fait la renommée internationale de l'écrivain, et les Dictées entreprises quand l'imagination romanesque s'est tarie. Disciple du professeur Piron, à qui l'on doit le legs, à l'Université de Liège, des archives du plus célèbre des écrivains liégeois, Michel Lemoine n'a cessé de tisser le fil de la biographie et celui de la création simenoniennes, mais souvent en privilégiant des aspects de cette dernière négligés par d'autres spécialistes. A première vue, on a affaire à des travaux d'érudition sur des sujets marginaux, mais l'ensemble de ces travaux s'avère, à y regarder mieux, une ambitieuse entreprise de connaissance d'un artiste dont la créativité, comme il l'a maintes fois reconnu lui-même, s'enracine profondément dans le vécu personnel. C'est un très modeste aperçu d'une oeuvre critique immense, impeccablement documentée et dont la fiabilité a été maintes fois saluée que nous donnons dans ce volume d'hommage. On y trouvera d'abord un panorama des espaces fictionnels simenoniens, ensuite un gros plan sur le cadre ligérien de plusieurs romans et un article sur l'image de l'Italie dans la fiction comme dans les Dictées. Viennent alors un essai sur le motif des cloches dans le roman et les écrits autobiographiques, un plaidoyer pour l'auteur de L'heure du nègre, suspecté d'ethnocentrisme sinon pire, une étude sur une nouvelle très peu connue, vaguement fantastique, imprégnée par une des obsessions de l'écrivain : celle de l'abolition du moi et de la fusion harmonieuse dans le monde ambiant. Le recueil se clôt sur un essai de synthèse, écrit voici une trentaine d'années, qui entrebâille bien des portes que Michel Lemoine a ensuite ouvertes au large.
Nombre de pages
182
Date de parution
04/01/2019
Poids
380g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875621771
Auteur
Dumortier Jean-Louis
Editeur
PULG
Largeur
160
Date de parution
20190104
Nombre de pages
182,00 €
Disponibilité
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Dans la perspective du développement de compétences d'écriture et de parole, de lecture et d'écoute, les savoirs langagiers apparaissent comme des moyens de réussir un acte de communication verbale. Ces savoirs ont trait au discours, compris en tant que trace de l'acte de communication. Y sont repérables des facteurs potentiels du succès ou de l'insuccès, que l'on peut cerner dans la dimension du texte, dans celle de la phrase ou dans celle du mot. L'enseignement de la langue et de ses usages en vue du développement de compétences de communication implique que les maitres aient développé un sens aiguisé de l'occasion propice à l'étude des phénomènes et qu'ils disposent, pour saisir l'occasion, de connaissances solides et étendues, irréductibles à celles dont il faut pourvoir les élèves au fil de la scolarité. Au demeurant, la continuité des apprentissages implique que tous les enseignants, du fondamental au supérieur, soient, grâce à la formation de base ou à la formation continuée, nantis d'un même viatique de savoirs langagiers: c'est ce dernier que nous nous sommes attachés à constituer. Jean-Louis Dumortier est professeur ordinaire à l'ULg et chef du Service de Didactique du Français. Micheline Dispy est inspectrice de l'Enseignement et collaboratrice scientifique attachée au Service de Didactique du Français de l'ULg. Julien Van Beveren est assistant à l'ULg, au Service de Didactique du Français.
« Il avait appris à écrire » : retourner ainsi le titre d'un célèbre essai consacré aux incipit, serait-ce donner à entendre que Simenon, au contraire d'Aragon, bien faraud de prétendre n'avoir jamais appris à écrire, applique des procédés qui lui ont été enseignés ? Bien sûr que non ! On sait que sa scolarité a été écourtée et qu'il n'a pu bénéficier, de la part de ses maîtres, de conseils d'écriture susceptibles de faire de lui le romancier qu'il est devenu, un « pêcheur au lancé » capable, en quelques phrases, d'appâter et de ferrer le lecteur. Cette capacité, c'est le fruit d'un apprentissage « sur le tas », en tant que fournisseur de la presse quotidienne, d'abord, puis, très vite, d'une littérature vouée à la consommation rapide. Peut-on dire que Simenon, au cours des années de maturation sous pseudonymes, a fabriqué des hameçons tout à fait personnels et qu'il a découvert une manière de jeter la ligne à nulle autre pareille ? Sans doute pas : ce serait un jeu d'enfant de trouver, chez ses contemporains, à l'entame des romans, des situations et des personnages aussi indéterminés que les siens, qui piquent la curiosité et suscitent le désir de savoir qui ils sont et ce qui les a menés là où ils sont. Mais il y a chez lui un degré d'intrication des points de vue bien supérieur à celui qui se rencontre chez ses confrères, une alternance de perspectives ? sans scrupules pourrait-on dire ? qui, à la fois, peut décontenancer le lecteur engoncé dans les habitudes de réception de la narration réaliste, et lui ouvrir de vastes espaces d'interprétation. Quelque chose arrive à quelqu?un quelque part , quelqu?un parle, mais ce qui a lieu ou ce qui est dit est donné à connaître à travers un énoncé dont la source est indécise ou dont l'énonciateur n'est pas sûr. Si la formule n'était rebattue, on pourrait dire « Ça parle » et il revient au lecteur de chercher ce que ça signifie pour lui, ce qui est à comprendre, ou, plutôt, ce qui peut être compris à partir de, grâce à, malgré aussi parfois ce qui est dit ? ou tu. De tous les écrivains « réalistes », Simenon est peut-être celui qui laisse le plus de marge à l'interprète, celui qui, en régime de clôture du sens, débarrasse le récit de la plupart des figures dévolues à son avènement, ou ne les convoque que pour contester leurs prétentions. Il invite ainsi implicitement le lecteur à débrouiller l'écheveau et, sans le mettre en garde noir sur blanc, il lui laisse entrevoir le risque de ne tirer que sur quelques fils. Ici, très modestement, il a été proposé à des lecteurs issus de diverses communautés interprétatives et pas tous, loin de là, également familiers de Simenon, de mordre dans l'esche d'un incipit, ou de dire de quoi elle est faite, ou d'être à la fois le poisson et celui qui l'appâte. Il s'agissait de ne pas relancer le carrousel des généralités sur l'univers fictionnel du romancier, mais de mettre le doigt sur les mots, sur les phrases qui incitent à y entrer.
Il n'est d'imposture que découverte. Qui ne s'avise pas d'avoir été trompé ou de s'être abusé lui-même ? sur ce qu'il vaut, sur ce qu'il peut ? n'éprouve pas de sentiment d'imposture. Vogue sa galère sur une mer dont il ignore les dangers ! Mais que survienne la tempête d'une prise de conscience... Ces soudaines levées de la houle, ces vagues de désillusion qui déferlent, qui font perdre le cap et craindre le naufrage, Simenon les a tant racontées que l'on peut se demander ? quand on sait la vertu thérapeutique de ses « transes » romanesques ? s'il n'est pas obsédé par l'imposture, par le risque de la perte d'identité dans une mascarade quasi universelle, dans un tourbillon d'apparences à l'agitation duquel, plus ou moins délibérément, il contribue lui-même en se mettant en scène. Sa quête inlassable de « l'homme nu », la fascination qu'exerce sur lui la figure du clochard, radical du dépouillement, exhibitionniste du rejet des apparences dignes, ne sont-elles pas des symptômes d'une angoisse de s'égarer dans un monde de faux-semblants paré du nom de société, dans un jeu de dupes dont il ne parvient pas à tirer son épingle ... Telle est en tout cas la piste de recherche qu'ont suivie celles et ceux qui ont contribué à ce volume de Traces. En s'attachant pour la plupart à interpréter un seul roman comme une variation sur le thème de la découverte de l'imposture, en interprétant l??uvre choisie selon des perspectives assez différentes les unes des autres, mais en veillant à illustrer l'art subtil d'un romancier qui donne plus à comprendre qu'il n'en dit, les autrices et les auteurs ont abondamment documenté un sujet qui ne renouvelle peut-être pas les études simenoniennes, mais qui, assurément, n'a pas encore été approfondi.
Des dictionnaires de mots-valises, il en existe déjà. Le procédé, peu connu par son nom, est exploité dans les domaines les plus divers, pour son humour ou son efficacité. Le présent ouvrage offre en ouverture une série de réflexions sur le concept avant d'en explorer un maximum de possibilités.
Avec J.-P. Coutard, D. Cliquet propose ici un volume consacré aux environnements des occupations humaines pléistocènes en Normandie et à leur chronologie. À l'échelle régionale, les données contextuelles sont rassemblées, par disciplines, pour offrir un vaste panorama, non pas des occupations humaines elles-mêmes et des matériaux archéologiques qui leur sont associés ? nul article consacré au débitage et à l'outillage en silex ici, ni à la grande faune chassée ? mais de leurs environnements. L'ouvrage s'ouvre sur l'historique de la recherche en Préhistoire dans la région, il se clôt sur une synthèse consacrée aux hommes et à leurs milieux (au pluriel), entre les deux, une série de contributions donnent l'état de la connaissance des reliefs, roches, végétaux, micro-organismes, etc. C'est donc tout le cadre de vie des hommes durant le Pléistocène qui est reconstitué ici, pour la Normandie, résultat des travaux entrepris par les auteurs et leurs prédécesseurs depuis plusieurs décennies.