Ce manuel apporte un double éclairage, historique et sociologique, sur la vie politique française depuis la Révolution de 1789. Synthèse inédite de travaux de socio-histoire du politique, il met en perspective des débats contemporains et recontextualise nombre de notions clés de la science politique. Il s'adresse donc autant aux étudiants d'histoire, de science politique et de droit qu'à tous les lecteurs qui s'intéressent à la vie politique française. Que signifie la démocratisation de la vie politique? Quelles sont les règles du jeu politique et comment sont-elles forgées? Comment expliquer la crise de la représentation politique? L'ouvrage répond à ce type de questions en revenant sur la genèse des cadres et des représentations qui ont accompagné l'émergence d'une démocratie pluraliste, tout en restant au plus près des principaux acteurs de cette histoire. Il le fait sans céder à l'énumération encyclopédique, en privilégiant un mode analytique. D'une part, le plan obéit à une logique thématique et non chronologique, chaque chapitre portant sur une dimension fondamentale de la vie politique: la compétition électorale (chapitre 1), les règles institutionnelles (chapitre 2), l'action publique et la régulation des activités sociales (chapitre 3), la fabrique de l'opinion et la production des représentations du monde social (chapitre 4). D'autre part, une thèse sert de fil conducteur au lecteur, celle de l'ambivalence structurale du champ politique. Sa construction y est ainsi présentée comme le produit d'une tension permanente entre des groupes et forces opposés, où les insiders qui oeuvrent à l'autonomisation croissante des activités politiques (les professionnels de la politique) se heurtent constamment à la résistance de ceux qu'ils placent en position d'outsiders (notables, clergé, syndicats, intellectuels, etc.). La résistance la plus importante est cependant moins active que passive, comme le montre la forte part des citoyens qui se détournent d'une activité qui leur échappe alors qu'ils en sont l'un des enjeux principaux.
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Nombre de pages
375
Date de parution
28/10/2010
Poids
586g
Largeur
154mm
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EAN
9782753511491
Titre
La construction du champ politique
Auteur
Dulong Delphine
Editeur
PU RENNES
Largeur
154
Poids
586
Date de parution
20101028
Nombre de pages
375,00 €
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Comment expliquer le renforcement du pouvoir exécutif sous la Ve République ? Plusieurs études ont déjà été consacrées à cette question. Mais une dimension restait cependant négligée : celle des processus socio-politiques qui ont légitimé ce basculement du centre du pouvoir dans l'Etat, du législatif vers l'exécutif. C'est à cette dimension du changement constitutionnel de 1958 qu'est consacré ce livre. Celui-ci montre en effet que l'avènement de la Ve République ne saurait se comprendre indépendamment de la mobilisation, au sortir de la seconde guerre mondiale, des élites " modernisatrices " du syndicalisme (ouvrier, paysan, patronal), de la haute fonction publique et des sciences sociales (économistes, sociologues, politologues) qui ont progressivement changé les représentations du politique en diffusant une conception "technocratique" des relations de pouvoir et de la légitimité dans l'espace public.
Si les institutions politiques sont créées en vue d'établir une coopération stable et pacifique entre des acteurs qui défendent des intérêts contradictoires, comment expliquer le changement ? Comment expliquer la distribution inégale du pouvoir dans nos sociétés ? Quel pouvoir les institutions politiques peuvent-elles avoir sur ceux qui les incarnent ? A ces questions, les sciences sociales n'apportent pas de réponses unanimes. Mais le développement de l'analyse institutionnelle en France, comme outre-Atlantique, depuis quelques années justifie une synthèse des connaissances sur cet objet.
Résumé : Les institutions politiques des régimes démocratiques (Parlements, gouvernements, présidents, partis politiques, etc.) ont un pouvoir normatif à nul autre pareil qui leur permet de classer, d'organiser et même d'officialiser l'existence des groupes sociaux et leurs différentes activités. Leur étude aide à mieux comprendre le fonctionnement des sociétés contemporaines. Celle-ci soulève cependant un certain nombre de questions. Si, en effet, les institutions politiques sont créées en vue d'établir une coopération stable et pacifique entre des acteurs qui défendent des intérêts contradictoires, comment expliquer le changement ? Comment comprendre la distribution inégale du pouvoir dans nos sociétés ? Quel pouvoir les institutions politiques peuvent-elles bien avoir sur ceux qui les incarnent ? A ces questions, les sciences sociales n'apportent pas de réponse unanime. Mais le développement de l'analyse institutionnelle en France comme outre-Atlantique depuis une vingtaine d'années permet de faire une synthèse des connaissances sur cet objet.
Le Premier ministre existe-t-il ? Ce n'est pas sûr", pointait le politiste Maurice Duverger au lendemain de la promulgation de la Ve République. La nouvelle Constitution institue en effet un régime hybride inédit en plaçant à la tête du pouvoir exécutif deux dirigeants, le Premier ministre et le Président de la République, sans établir de hiérarchie nette entre eux, non plus qu'une claire division des tâches. Situé au sommet de l'Etat, au point d'intersection de tous les espaces sociaux, le Premier ministre doit tout à la fois faire fonctionner le gouvernement, assurer les relations avec le Parlement et avec les administrations, recevoir les syndicats comme les représentants des collectivités locales et accueillir les dirigeants étrangers. Rien de moins. Dans le même temps, en vertu d'une règle tacite tôt établie par Charles de Gaulle, il doit s'effacer devant le Président, au point d'accepter d'être parfois ravalé au rang de simple "collaborateur"... Cette contradiction entre ses importantes fonctions constitutionnelles et sa position dominée vis-à-vis du Président fait du poste de Premier ministre un point d'observation privilégié du fonctionnement et de l'évolution de la Ve République. Car ce rôle central s'est construit avec le temps, par la sédimentation de "précédents", plus encore qu'il n'a été défini en droit. Soucieuse de rendre compte des effets de position comme de la stratégie des acteurs, des rapports de pouvoir comme des transformations institutionnelles, cette enquête socio-historique mobilisant archives, corpus de presse et témoignages offre un vif éclairage sur les six dernières décennies de la vie politique française et les incohérences qui la structurent.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.