Le Premier ministre existe-t-il ? Ce n'est pas sûr", pointait le politiste Maurice Duverger au lendemain de la promulgation de la Ve République. La nouvelle Constitution institue en effet un régime hybride inédit en plaçant à la tête du pouvoir exécutif deux dirigeants, le Premier ministre et le Président de la République, sans établir de hiérarchie nette entre eux, non plus qu'une claire division des tâches. Situé au sommet de l'Etat, au point d'intersection de tous les espaces sociaux, le Premier ministre doit tout à la fois faire fonctionner le gouvernement, assurer les relations avec le Parlement et avec les administrations, recevoir les syndicats comme les représentants des collectivités locales et accueillir les dirigeants étrangers. Rien de moins. Dans le même temps, en vertu d'une règle tacite tôt établie par Charles de Gaulle, il doit s'effacer devant le Président, au point d'accepter d'être parfois ravalé au rang de simple "collaborateur"... Cette contradiction entre ses importantes fonctions constitutionnelles et sa position dominée vis-à-vis du Président fait du poste de Premier ministre un point d'observation privilégié du fonctionnement et de l'évolution de la Ve République. Car ce rôle central s'est construit avec le temps, par la sédimentation de "précédents", plus encore qu'il n'a été défini en droit. Soucieuse de rendre compte des effets de position comme de la stratégie des acteurs, des rapports de pouvoir comme des transformations institutionnelles, cette enquête socio-historique mobilisant archives, corpus de presse et témoignages offre un vif éclairage sur les six dernières décennies de la vie politique française et les incohérences qui la structurent.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
392
Date de parution
10/11/2021
Poids
560g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782271137913
Titre
Premier ministre
Auteur
Dulong Delphine
Editeur
CNRS EDITIONS
Largeur
150
Poids
560
Date de parution
20211110
Nombre de pages
392,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Comment expliquer le renforcement du pouvoir exécutif sous la Ve République ? Plusieurs études ont déjà été consacrées à cette question. Mais une dimension restait cependant négligée : celle des processus socio-politiques qui ont légitimé ce basculement du centre du pouvoir dans l'Etat, du législatif vers l'exécutif. C'est à cette dimension du changement constitutionnel de 1958 qu'est consacré ce livre. Celui-ci montre en effet que l'avènement de la Ve République ne saurait se comprendre indépendamment de la mobilisation, au sortir de la seconde guerre mondiale, des élites " modernisatrices " du syndicalisme (ouvrier, paysan, patronal), de la haute fonction publique et des sciences sociales (économistes, sociologues, politologues) qui ont progressivement changé les représentations du politique en diffusant une conception "technocratique" des relations de pouvoir et de la légitimité dans l'espace public.
Ce manuel apporte un double éclairage, historique et sociologique, sur la vie politique française depuis la Révolution de 1789. Synthèse inédite de travaux de socio-histoire du politique, il met en perspective des débats contemporains et recontextualise nombre de notions clés de la science politique. Il s'adresse donc autant aux étudiants d'histoire, de science politique et de droit qu'à tous les lecteurs qui s'intéressent à la vie politique française. Que signifie la démocratisation de la vie politique? Quelles sont les règles du jeu politique et comment sont-elles forgées? Comment expliquer la crise de la représentation politique? L'ouvrage répond à ce type de questions en revenant sur la genèse des cadres et des représentations qui ont accompagné l'émergence d'une démocratie pluraliste, tout en restant au plus près des principaux acteurs de cette histoire. Il le fait sans céder à l'énumération encyclopédique, en privilégiant un mode analytique. D'une part, le plan obéit à une logique thématique et non chronologique, chaque chapitre portant sur une dimension fondamentale de la vie politique: la compétition électorale (chapitre 1), les règles institutionnelles (chapitre 2), l'action publique et la régulation des activités sociales (chapitre 3), la fabrique de l'opinion et la production des représentations du monde social (chapitre 4). D'autre part, une thèse sert de fil conducteur au lecteur, celle de l'ambivalence structurale du champ politique. Sa construction y est ainsi présentée comme le produit d'une tension permanente entre des groupes et forces opposés, où les insiders qui oeuvrent à l'autonomisation croissante des activités politiques (les professionnels de la politique) se heurtent constamment à la résistance de ceux qu'ils placent en position d'outsiders (notables, clergé, syndicats, intellectuels, etc.). La résistance la plus importante est cependant moins active que passive, comme le montre la forte part des citoyens qui se détournent d'une activité qui leur échappe alors qu'ils en sont l'un des enjeux principaux.
Si les institutions politiques sont créées en vue d'établir une coopération stable et pacifique entre des acteurs qui défendent des intérêts contradictoires, comment expliquer le changement ? Comment expliquer la distribution inégale du pouvoir dans nos sociétés ? Quel pouvoir les institutions politiques peuvent-elles avoir sur ceux qui les incarnent ? A ces questions, les sciences sociales n'apportent pas de réponses unanimes. Mais le développement de l'analyse institutionnelle en France, comme outre-Atlantique, depuis quelques années justifie une synthèse des connaissances sur cet objet.
Résumé : Les institutions politiques des régimes démocratiques (Parlements, gouvernements, présidents, partis politiques, etc.) ont un pouvoir normatif à nul autre pareil qui leur permet de classer, d'organiser et même d'officialiser l'existence des groupes sociaux et leurs différentes activités. Leur étude aide à mieux comprendre le fonctionnement des sociétés contemporaines. Celle-ci soulève cependant un certain nombre de questions. Si, en effet, les institutions politiques sont créées en vue d'établir une coopération stable et pacifique entre des acteurs qui défendent des intérêts contradictoires, comment expliquer le changement ? Comment comprendre la distribution inégale du pouvoir dans nos sociétés ? Quel pouvoir les institutions politiques peuvent-elles bien avoir sur ceux qui les incarnent ? A ces questions, les sciences sociales n'apportent pas de réponse unanime. Mais le développement de l'analyse institutionnelle en France comme outre-Atlantique depuis une vingtaine d'années permet de faire une synthèse des connaissances sur cet objet.
Brès Anne ; Marc Claire ; Arnaud Nicolas ; Moullet
. La Terre est une planète exceptionnelle. Elle possède une atmosphère, des océans, des montagnes, des volcans mais également un champ magnétique, une tectonique, des climats variés... qui tous concourent à la rendre habitable. Ainsi, peu à peu, la vie y a émergé et a pu se maintenir malgré une histoire jalonnée de bouleversements majeurs depuis sa formation jusqu'à la crise climatique actuelle. Se maintiendra-t-elle encore longtemps ? Acteur majeur de la recherche en France, le CNRS a mobilisé chercheurs et chercheuses pour répondre à une vingtaine de questions essentielles. Ce livre nous plonge ainsi dans les entrailles de la Planète, et parfois dans son passé très lointain, mettant en lumière tant son caractère exceptionnel que sa fragilité. Sous l'apparente légèreté du graphisme, cet ouvrage couvre des enjeux fondamentaux et rend compte de ce que l'on sait vraiment, ainsi que de la façon dont ce savoir est construit.
L’effet Papillon ou ‘’ La théorie du chaos’’ est l’un des rares concepts mathématiques à être connu du grand public. Toutefois, si vous vous questionnez sur les circonstances de sa découverte ; sur ses applications au quotidien ; sur le concepts d’ « attracteur étrange » ; ou sur la manière de prévoir l’imprévisible, alors ce livre est là pour vous donner des réponses rapides et accessibles.
Depuis 80 ans, les Européens ont changé d'ère : ils construisent un nouvel Etat commun bien à eux avec leurs Etats nationaux indépendants et souverains. Cet Etat attire : depuis sa fondation par o pays en 1950, 22 pays ont souhaité y participer et l'intégrer ; un seul a souhaité, après des années de vie partagée, le quitter. Adoptant une perspective géohistorique, dans cet essai vif et documenté, Sylvain Kahn revient sur cette histoire longue des Européens d'aujourd'hui, héritiers d'Etats d'origine et de nature multiples : empires, royaumes, Cités, républiques, fédérations, territoires en butte à l'expansion de leurs voisins... L'auteur nous montre ainsi une Union qui invente une vie politique et son territoire, une sorte d'Etat qui, s'il n'a pas tous les attributs de la puissance, propose une nouvelle forme d'Etat, supranational, collectif et léger. Un Etat européen qui mutualise la souveraineté tout en favorisant la liberté de ses pays membres. Un nouvel Etat capable d'apporter, en un temps très bref, des réponses concrètes au Brexit, au Covid et à la guerre de la Russie en Ukraine.
Ce livre s'ouvre sur la décennie du Centenaire de la Révolution. Jusqu'alors, l'histoire de la Révolution avait été l'affaire de polygraphes, de romanciers ou de poètes, soucieux de faire valoir une lecture politique de l'événement. Avec la Troisième République, des historiens de métier voulurent en faire une science. Si la consolidation de la république est allée de pair avec une institutionnalisation des savoirs scientifiques sur l'époque révolutionnaire, certains historiens ne sont pas restés indifférents aux questions les plus brûlantes de leur temps. Les débats sur la "question sociale" et les origines du socialisme se trouvèrent ainsi projetés au coeur de leurs recherches, en dialogue avec des historiens de l'Empire russe qui furent les premiers à étudier le transfert massif de propriétés sous la Révolution et l'avènement de la bourgeoisie. L'auteur révèle comment la Première Guerre mondiale, puis les années d'entre-deux-guerres donnèrent une nouvelle dimension aux luttes idéologiques et historiographiques sur la Révolution, en lien avec l'histoire longue du pacifisme, du nationalisme et du communisme. Il propose une réflexion plus large sur les articulations entre le travail de l'historien et les appels du temps présent.