La fiction est pour Antoine Dufeu un moyen d'investigation sur l'état du monde. Elle lui permet, texte après texte, d'en déployer la complexité mouvante. Le roman se fait ici enquête : géopolitique et sociétale dans Sofia-Abeba, économique dans MZR. Dans le premier, une adolescente bulgare née en Éthiopie raconte sa vie quotidienne à Sofia et se faisant parle de la France, de l'Afrique, de l'Europe de l'Est, de la présence russe, mais aussi de l'argent, du passé soviétique, des touristes sur les plages de la Mer Noire et de l'attrait qu'exercent sur elle les mégapoles occidentales et asiatiques. Dans le second, rejouant les trajets de Trotski commandant l'armée rouge depuis son train, l'auteur ajoute un appendice aux mémoires de Jérôme Kerviel, le trader qui en 2008 fit perdre 50 milliards à la Société Générale. Cette analogie produit un effet d'enjambement stupéfiant entre communisme et capitalisme, saisis depuis leur pratique commune, celle de la guerre, économique et militaire.
Nombre de pages
124
Date de parution
10/11/2020
Poids
180g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782378040215
Titre
Sofia-Abeda. Les nouvelles du globe
ISBN
2378040210
Auteur
Dufeu Antoine
Editeur
EDITIONS MF
Largeur
130
Poids
180
Date de parution
20201110
Nombre de pages
124,00 €
Disponibilité
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Dans un éloge politique inclusif, anti-individualiste et anticapitaliste, la question d'une écriture à la première personne du pluriel se creuse ici autour des notions de joie, de luxe et de paix. " Parce que nous sommes des personnes joyeuses et luxueuses, et que la paix est politique et dès lors l'affaire des vivants. " En résistance aux dictats du " je ", des chefs et des institutions qui ordonnent et font exécuter, le " nous " revêt alors toute sa dimension de relation entre les êtres, sans différence de genre, de situation sociale ou économique. Nous sommes des êtres par lesquels le monde existe et peut se distinguer de l'immonde.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus « accessibles » au public. La plus récente (son « troisième style »), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoutantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle « l'intonation ». Dusapin, durant les années 1990, assoie une « modalité restreinte » qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. Ce livre commence par examiner comment la linguistique pourrait admettre de petits modes musicaux dans la parole. Puis on tente de présenter, techniquement, « l'intonationnisme » de Dusapin, qui culmine peut-être dans Watt (1994), le concerto pour trombone. Enfin on dégage une esthétique, l'écho. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, « sale », archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.
La Manadologie est un roman d'aventure. Sur le mode d'une science-fiction spéculative qui remet en jeu des textes de philosophie classique, deux personnages (un humain dancartésien et un Streck) parcourent le monde physique et métaphysique à bord d'une navette spatiale de troisième génération. Chassés par les autorités du métaroyaume du coin de galaxie où ils étudiaient leur première manade, ils prennent le large en spatio-clandestins et découvrent des univers problématiques empruntés à Borges, Spinoza et Leibniz.
L'histoire ? C'est celle d'un garçon qui est amoureux de sa mère. Il l'aime et la désire comme un amant. À vingt ans, il est renversé par une voiture et ne peut plus faire usage de ses bras ni de ses jambes. En fauteuil dans sa chambre, il enregistre alors des « gandes », des fichiers audio sur lesquels il confie à sa mère, sa « Moune », sa « Mouny » ou sa « Moon », comme il l'appelle alternativement, cet amour pour elle, cet « Omène » qu'il lui porte. Avec Apa, qu'il considère comme « le petit frère de Lava », Rémi David poursuit son travail d'exploration, de l'humain comme de la langue. Son texte est écrit à la manière d'une partition musicale où chaque silence, chaque accent est indiqué à l'interprète. Des notes connues, familières, résonnent en harmoniques avec d'autres, nouvelles, inouïes, et créent une musique à nulle autre pareille.
Harsh noise : bruit abrasif. Plutôt que d'utiliser le bruit comme perturbation ponctuelle d'un signal musical, la harsh noise et l'archipel de pratiques qui s'y rattache, proposent d'annihiler toute différenciation entre signal et bruit, faisant du bruit lui-même son matériau. Par son caractère apparemment chaotique, intense et déroutant, la noise semble échapper à toute tentative de conceptualisation et de qualification esthétique. Absolument particulière, elle constituerait un ensemble de pratiques singulier dans le paysage des arts sonores actuels. Mais si l'on se place du côté de son écoute, des régularités se dessinent. Cet ouvrage laisse ainsi la parole aux auditeurs et performers noise pour entendre ce qu'ils nous donnent à penser, à travers une série de questionnaires et d'entretiens dont cet essai propose de dégager la cohérence. Parce qu'elle est indéterminée et imprévisible, la noise appelle une écoute d'autant plus exigeante, qualifiée et réflexive. Stratégies pour éduquer l'oreille, imaginaires scientifique et anatomique, rêve de l'accès à un pur son (à défaut d'un son pur), créativité des métaphores pour qualifier les sons et leur expérience... Les discours collectés et analysés dans cet ouvrage dessinent des écoutes noise, qui qualifient ces pratiques sonores radicales depuis leur réception. Entretiens avec Lionel Fernandez (Sister Iodine, Discom, Minitel, Antilles), Nina Garcia (Mariachi, Mamiedaragon, Qonicho B), GX Jupitter-Larsen et John Wiese.