Dans la quête d'une identité à éclipses, Rehvana dévale les versants de sa route sans rien amasser, heurtant son destin aux confins des deux Mondes, l'Ancien et le Nouveau. Entre la fascination pour son île natale et la quiète adéquation aux valeurs de l'Europe, Suzanne Dracius étend d'une rive à l'autre son regard d'écrivain sans prendre le chemin des choix impératifs. Le récit qu'elle déroule, en conteuse de l'ici et de Tailleurs, lie les truculences de la Martinique aux recherches contemporaines d'une France multi-ethnique, pays de toutes les solitudes.C'est le roman d'une Martinique qui éclaire les squats et les banlieues de Paris et lave de ses chaleurs ou de ses pluies les fièvres des enfants prodigues qui ont cru trouver ailleurs les racines que, généreusement, elle leur offrait.
Nombre de pages
391
Date de parution
10/05/2007
Poids
270g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782268061733
Titre
L'autre qui danse. Edition revue et corrigée
Auteur
Dracius Suzanne
Editeur
MOTIFS
Largeur
110
Poids
270
Date de parution
20070510
Nombre de pages
391,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On ne savait rien de la crise sociale, économique, sociétale qui couvait depuis des années à la Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à la Réunion, comme si les députés et sénateurs n'avaient fait remonter aucun dossier à Paris. La crise de l'Outre-mer a permis à chacun de prendre conscience des inquiétudes dues à la pauvreté, au chômage, aux inégalités sociales, à la dépendance à l'égard de la métropole, et déjà on réfléchit à des solutions nouvelles à partir d'une situation définie.
Forte de 400?000 habitants, la Martinique est surnommée "l'île aux fleurs". Située dans l'archipel des Petites Antilles, cette région ultrapériphérique de l'Union européenne possède un tempérament bien à elle. Christophe Colomb a été le premier Européen à y poser le pied en 1502, au cours de son voyage vers les "Indes", croyait-il, mais la première colonie française n'a été instaurée que cent trente-trois ans plus tard par Pierre Belain d'Esnambuc (1635). Sa population originelle a tout subi : fuite, expulsion, esclavage? Puis elle s'est reconstituée depuis de multiples origines : africaine, indienne, européenne, asiatique pour établir aujourd'hui sa véritable identité. Grâce à la fougue d'Aimé Césaire, député-maire de la capitale Fort-de-France, la colonie s'est transformée en Département français d'outre-mer en 1946. Les auteurs réunis ici témoignent de cette histoire malmenée, de cet éloignement de la métropole qui peut être un bienfait, de cette insularité dans les Caraïbes?
Lorsque la poussière d'étoiles me ferme les yeux, Alors je vois la toile, s'ouvrir devant mes yeux, Et je vois des étoiles, jusque dans ses yeux, Et sortant d'un rêve je m'interroge : "Où est le vrai trésor de l'humanité ? Est-il dans le luxe, les métaux précieux, la pierre, le patrimoine ? Est-il dans tout à la fois ? Là où la démesure des fortunes fièrement affichées contraste avec une pauvreté absolue, dans l'exploitation du dénuement total, des famines et des guerres, où est la vraie richesse de l'humanité ? " Le Grimoire du Poète disparu l'évoque, jaillissant au coeur de l'homme en une tumescence, une éclosion, une floraison, telle la lumière et la vie. L'illusion d'un bonheur individualiste s'efface alors, pour révéler un monde de correspondances, faisant du savoir vivre ensemble une vraie richesse. La poésie idéaliste est peut-être à la nature, ce que l'âme est au corps, trésor caché par la logique et l'architecture d'une société matérialiste, menaçant l'instinct naturel des êtres vivants à exprimer la vie, sa biodiversité, sa pluralité ethnique et culturelle. "Il y a dans l'oblitération obscurantiste des cultures sous-jacentes comme un volcan qui murmure."
Le Gluau ou le grand art littéraire d'engluer, de prendre. Ici le piège auquel sera pris le lecteur est celui d'une réalité dense au point de paralyser les hommes. Une trame policière feint de guider le roman : un cheval est dérobé, qu'une bande de malfrats engagent sous un faux nom dans une célèbre course. Un quidam est choisi pour assumer le rôle du faux-nouveau propriétaire. Il errera dans un lent cauchemar d'une poignée de jours jusqu'au drame ultime. Un peu à la façon de Malcom Lowry dans Au-dessous du volcan, John Hawkes, autre géant des Lettres américaines, plonge ses héros dans une confusion telle qu'elle devient le symbole du réel. Une écriture exigeante et poétique pour un livre flou, qui ne quitte pas facilement la mémoire.
Bienvenue au Togo, en Albanie, à Chicago, où que ce soit, mais bienvenue en dictatures, en colonies ou en ghettos. Ici la ville appartient aux soudards, aux gaz lacrymogènes et aux machettes. En contrepoint de cette vie méprisée et battue, il y a le jazz, porteur d'espoir autant que d'identité. Les nouvelles de Kangni Alem, au style vif et protéiforme, prennent toules biais pour porter un message fort de résistance et de combat
La luxure... Se vautrer dans le stupre... Jouir ! Telle fut la ligne vitale de cette inconnue aujourd'hui âgée qui confie ses mémoires charnelles à un magnétophone. D'une totale impudeur, exaltant le sexe dans tous ses plaisirs, elle raconte ses amants et maîtresses avec gourmandise et dans une langue plus que crue. De cet exercice de style - écrire sur la luxure -, le romancier brésilien João Ubaldo Ribeiro fait un livre admirablement dévergondé, empli de drôlerie et de joie, un livre bienheureux comme ces deux bouddhas propitiatoires qui ouvrent le récit.