La cause des prophètes. Politique et religion en Afrique contemporaine - Suivi de La leçon des proph
Dozon Jean-Pierre ; Augé Marc
SEUIL
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EAN :9782020201605
Qui sont-ils, ces prophètes africains en soutane et turban blanc, enrubannés de bandelettes rouges, arborant un crucifix noir et une bible imposante, quelquefois aussi flanqués d'une queue de panthère chassant diables et esprit malfaisants ? Quel fut, durant la colonisation et jusqu'aujourd'hui, le rôle historique joué par ces apôtres de la modernité africaine qui témoignent d'un syncrétisme singulier, louent les prophètes des Hébreux, Jésus-Christ et Mahomet, tout en restant fidèles à d'anciennes croyances païennes ... Moins exotiques qu'il n'y paraît, les mouvements prophétiques ont été et demeurent déterminants pour répondre aux crises successives (politiques, économiques, sociales, religieuses, et, aujourd'hui, les périls du sida) qui ont structuré, depuis plus d'un siècle, de nombreuses nations africaines. Dans ce livre, Jean-Pierre Dozon analyse les processus complexes qui ont permis aux cercles de prophètes de se multiplier en s'assurant une position influente, en Côte-d'Ivoire ? où Houphouët-Boigny était entouré d'un halo prophétique ? mais aussi en Afrique du Sud, au Congo-Brazzaville, au Zaïre, au Ghana? et jusqu'en Océanie, ainsi qu'en Amérique du Nord et du Sud. Au-delà des tensions entre tradition et modernité, La Cause des prophètes permet de mieux comprendre les contradictions d'une époque où les avancées prodigieuses de la rationalité peuvent s'allier au développement de nouvelles croyances religieuses.
Nombre de pages
394
Date de parution
06/11/1995
Poids
296g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020201605
Titre
LA CAUSE DES PROPHETES. POLITIQUE ET RELIGION EN AFRIQUE CONTEMPORAINE. SUIVI DE : LA LECON DES PROP
ISBN
2020201607
Auteur
Dozon Jean-Pierre ; Augé Marc
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
296
Date de parution
19951106
Nombre de pages
394,00 €
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Édifiées durant plusieurs décennies au travers d'histoires coloniales, les relations franco-africaines se sont étrangement prolongées, voire renforcées, au tournant des années 60 : comme si un lien plus puissant que l'avènement des indépendances en avait resserré la trame. Comment les relations de la France avec l'Afrique ont-elles acquis cette singularité qui, selon le juste mot de Hannah Arendt, conduisit la France à traiter ses colonisés " à la fois en frères et en sujets " ? Comment un besoin grandissant d'Afrique, avec son cortège de violences et de dominations, a-t-il, dès l'Ancien Régime, tissé les fils d'une fraternité sans pareil ? Où l'on voit l'Afrique devenir de plus en plus indispensable à la France sur fond d'intrigues historiques ambiguës, ponctuées d'épisodes grandioses et douloureux. Où l'on assiste aussi à l'émergence d'un " désir de France " en Afrique qui achève le tableau d'un insolite chassé-croisé entre une puissance coloniale et son empire.
L'ouvrage analyse la façon dont les Etats nationaux africains, héritiers des découpages coloniaux ont été, depuis la fin de la guerre froide et l'expansion du néolibéralisme, exposés à de fortes dérégulations et à de graves turbulences qui pouvaient laisser penser à leur possible dépérissement. Il en a résulté une montée des particularismes ethniques, des revendications identitaires et, surtout, une profusion de mouvements religieux, principalement chrétiens et islamiques, parfois de cultes plus traditionnels, qui entendent réformer "fondamentalement" la vie sociale et s'immiscer de plus en plus dans la vie politique. S'il met en exergue cette évolution en forme de "gouvernances confessionnelles", susceptible de générer de nouveaux conflits, l'ouvrage défend l'idée qu'en dépit de leurs affaiblissements, de leurs ballottements entre Dieu et Diable, la plupart des États africains résistent, malgré tout, à leur balkanisation et devraient, donc, être soutenus dans la voie de leur renforcement institutionnel et d'intégrations régionales.
Quelle est cette ville d'Afrique de l'Ouest, persistant à s'appeler d'un nom très françis et très chrétien alors que la population qui la compose et le pays dont elle fut longtemps la capitale sont majoritairement musulmans? Qu'est-ce que Saint-Louis du Sénégal sinon un formidable lieu de mémoires, aujourd'hui classé au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, installé primitivement sur un site non moins exceptionnel, une île entre fleuve et océan, sésert et terres arables, propice à la fiction et au romanesque? Dans ce livre, Jean-Pierre Dozon nous fait découvrir, à la manière d'un palimpseste, les visages successifs de Saint-Louis. D'abord comptoir de traite, fondé à l'époque de Colbert, se métamorphosant en cité créole, elle devint, sous Faodherbe, la porte d'entrée et le lieu d'expérimentation de la colonisation française en Afrique, puis de la IIIe République conquérante qui l'érigea en commune de plein exercice assimilant tous ses habitants (blancs, noirs ou métis) à des citoyens. Montrant ainsi que Saint-Louis ressortit largement à notre histoire nationale, le livre cependant débouche sur une autre mémoire, celle du fondateur de la confrérie musulmane des Mourides, Cheikh Ahmadou Bamba, qui y fut jugé et condamné par les autorités françaises à la fin du XIXe siècle. Parce que la geste de celui-ci n'a cessé de grandir au fur et à mesure que cette confrérie s'affermissait au sein de la société sénégalaise post-coloniale, le destin de Saint-Louis semble donc désormais balancer entre sa vocation patrimoniale et la vitalité mémorielle de ses ressortissants mourides.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...