A l'arrivée sur la plage, certainement il aurait fallu parler sans ménagement, il aurait fallu parler tout à trac et même dans le désordre, et même sans souci d'aucun ordre et même sans souci d'être vue et comprise, il aurait fallu souffrir cela si c'était le prix à payer, de parler sans rien comprendre aux paroles prononcées, de parler comme le commandent ici les conditions atmosphériques, de parler comme seules les conditions atmosphériques sur les rivages le permettent, un délire climatique, oui, si c'était le prix à payer, la seule probabilité d'une éclaircie éventuelle, mais nous n'avions pas parlé. Je pensais, Raehtgens est restée mutique et enfoncée en elle-même tout ce temps et toi non plus tu n'as pas dit un mot, toi en réponse au silence de Raehtgens tu es restée silencieuse et paralysée, et non seulement tu es restée silencieuse mais à tous les moments prise par le silence de Raehtgens, attentive comme jamais au silence de Raehtgens et de là, plus que jamais, toi et Raehtgens vous êtes restées en bordure des mots sur le point d'être dits, et qui encore une fois n'ont pas été dits, et maintenant le soir est tombé et la nuit, et tout ce qui est vivant, et ce n'est pas ce soir qu'on trouvera de quels mots il s'agissait, les mots qui te libéreraient d'un coup tu en es certaine, voilà ce que je pensais. " La narratrice sans nom et Raehtgens arrivent dans la maison de famille de cette dernière, au bord de la mer. Un an plus tôt exactement, c'est avec leur amie Ravizza qu'elles y avaient séjourné. Mais à la fin de ce week-end, Ravizza était morte. Le retour sur les lieux de cette disparition s'annonce comme celui d'une parole qui sera, fatalement, celle d'un aveu saisissant. Le Cahier botanique est une expérience de la macération, dans la langue, des personnages et des lieux. C'est le premier roman d'Elisabeth Do.
Nombre de pages
120
Date de parution
29/08/2001
Poids
184g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782718605616
Titre
Le cahier botanique
Auteur
Do Elisabeth
Editeur
GALILEE
Largeur
140
Poids
184
Date de parution
20010829
Nombre de pages
120,00 €
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Laurent Stéphane ; Boyer Elisabeth ; Grosmangin Do
La chaise Thonet, le jeu Meccano, la 2CV Citroën, la cafetière Alessi... autant d'objets universellement connus, emblématiques de ce que l'on nomme le design. Pourtant, ils ne développent pas les mêmes intentions et présentent des formes aux allures tantôt équilibrées, tantôt orientées vers la mode. Pour comprendre ce domaine riche et complexe que constitue le design, l'ouvrage remonte aux sources, c'est-à-dire au XVIIIe siècle, à l'époque des Lumières et de la révolution industrielle, pour suivre jusqu'à nos jours la piste passionnante d'une union de l'art et de l'industrie qui conditionne le projet social d'un art accessible au plus grand nombre grâce aux multiples objets quotidiens. Il retrace la chronologie d'une discipline qui se pratique dans des domaines aussi variés que les moyens de transport, le mobilier, les articles ménagers, etc. Outre les grandes étapes chronologiques, l'évolution du design est traitée en rapport avec les inventions, les courants artistiques et historiques. En 150 encadrés, sont évoqués de manière synthétique les principaux mouvements, objets-phare, concepts ou encore personnalités (industriels et designers) importantes qui ont déterminé l'histoire du design et marqué leur époque. Biographie de l'auteur Stéphane Laurent, martre de conférences en histoire de l'Art et de l'Industrie à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, est l'auteur de plusieurs ouvrages (L'Art utile, Genèse des arts appliqués en France) et de nombreux articles sur l'histoire de l'architecture, des arts décoratifs et du design.
Résumé : Oyez moussaillons ! Montez à bord et partez à la recherche du trésor le plus prisé du monde des pirates ! Pour cela, direction la mystérieuse île maudite. Suivez le chemin de la carte, relevez tous les défis uns par uns, afin de peut-être réussir à atteindre le coffre au trésor. Il faudra du courage pour traverser la jungle aux mille dangers... Un coffret pour organiser une grande chasse au trésor avec son enfant et ses amis (2 à 10 joueurs), pour les embarquer dans une journée inoubliable de jeu ! Parfait pour les anniversaires ou les après-midis de jeux.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.