Ben Loulou Didier ; Kessous Guila Clara ; Evans Ju
TABLE RONDE
26,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9791037112606
La Judée, c'est ce désert de premier matin du monde ; ce sont les monts de Moab violets et irréels, à l'aube ; les chardons bleus qui vibrent dans l'air brûlant quand "à certaines heures la campagne est noire de soleil" ; les wadis, les cyprès ; le berger qui mène son troupeau entre deux collines, les tiges d'avoine dans le vent de mai et la chaleur aride du Khamsim ; les ruines du temps des croisés, les grottes de Qumran, les jarres qui renferment des parchemins aussi vieux que les prophéties d'Isaïe et que les plaques de sel sur la mer Morte ; le goût des dattes, la soif cruelle sous le soleil au zénith ; les chemins rocailleux qui se perdent vers Jéricho, les monastères à flanc de montagne, les os desséchés qui se confondent avec la pierre ; la douceur du soir à Nabbi Moussa ; se baigner dans une rivière à Ein Prat ou dans les cascades de Ein Gedi comme jadis le roi David ; lire le Cantique des cantiques dans la cafétéria d'une station service ; s'abriter sous un palmier de la vallée du Jourdain en chassant les mouches ; partager un café à la cardamome avec un bédouin. Mais ce sont aussi, l'hiver, les nuages qui cavalent sur les collines de Jérusalem ; le gémissement d'un chacal, celui des chiens sauvages ; les villages arabes pareils à des guirlandes lumineuses à la nuit tombante, des Sodome englouties au fond d'un lac salé et la triste mélodie d'un joueur d'oud qui s'envole dans la nuit ; c'est la chanson de Fairuz, "Kifak Inta" s'échappant d'une voiture au bord d'une route ; les colchiques poussant par milliers près du monastère Saint-Elias, les livres de prière abandonnés sur les tombes juives, la neige sur les amandiers en fleurs et sur le cimetière du mont des Oliviers ; c'est boire un verre d'arak glacé sur un balcon à Nahlaot ; des fragments de mosaïques byzantines et de poteries sur la route de Bethléem, vestiges d'empires disparus ; le parfum des orangers arrivant de la côte ; c'est découvrir Hérodion et son palais, volcan endormi au bout d'un chemin ; marcher pieds nus sur le dallage polychrome d'une maison arabe. La Judée, c'est le désert antérieur à tout discours, l'oasis de liberté au coeur du monde, de ses paroles inutiles et de ses inquiétudes étouffantes. Où réapprendre à espérer et à accueillir, en paix, une vie d'homme qui passe.
Nombre de pages
96
Date de parution
08/06/2023
Poids
658g
Largeur
223mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791037112606
Titre
Judée
Auteur
Ben Loulou Didier ; Kessous Guila Clara ; Evans Ju
Editeur
TABLE RONDE
Largeur
223
Poids
658
Date de parution
20230608
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ce nouvel ouvrage de Didier Ben Loulou dépeint, sur un mode inattendu, son existence solitaire durant tout un hiver passé à Safed (Galilée). Il retient les menus événements qui jalonnent la vie de ses habitants. Le photographe part à la recherche de la dimension secrète et spirituelle de cette ville qui fut au xvie siècle un haut lieu du mysticisme juif. Ce récit entremêle des réflexions sur une quête intérieure, la littérature et décrit sa rencontre avec une femme, Rebecca. Ces deux êtres se cherchent et se perdent au milieu d'une nature rendue presque immobile par l'hiver ; arpentant d'anciens cimetières tout droit sortis d'un monde onirique, ils sont liés par une forme d'ouverture sur l'invisible. Ce récit d'une séparation, d'un amour pour un être et une région, est porté par une prose poétique.
Je t'écris devant les fenêtres de mon hôtel qui donnent sur les contreforts de l'Himalaya, là où, me semble-t-il, le Gange prend sa source. On voyage parce qu'on ne sait pas où on aimerait vivre. La route devient alors l'espoir d'un ailleurs qui recule en même temps que l'horizon".
Les notes de Didier Ben Loulou nous guident depuis une île des Cyclades jusqu'à la vieille ville de Jérusalem. Ses réflexions portent autant sur sa pratique photographique que sur la mémoire juive, les relations complexes entre la littérature et les images, son dialogue avec la nature, son expérience de la violence et le lien meurtrier entre religion et fanatisme.
Didier Ben Loulou, photographe, tient un journal durant une année, du 12 janvier 2020 au 12 janvier 2021. Il y décrit son quotidien, tandis qu'il s'engage, après son dernier ouvrage paru sur la Corse, dans un nouveau projet photographique sur le désert et les paysages de Judée. Dans ces notes, il livre ses réflexions sur la solitude, le sentiment amoureux, le sens de la vie, le besoin de liberté, l'oeuvre à mener, la recherche de la rencontre charnelle avec la nature, le rapport à la photographie, au voyage, à la Méditerranée, qu'il parsème de textes tirés de ses lectures, sacrées et profanes, et d'entretiens avec un vieux rabbi iconoclaste. Même si le monde court à sa perte, Didier Ben Loulou dit comment donner à sa vie un peu de lumière en combattant le désespoir, la mélancolie malgré la folie et l'aveuglement généralisés. Il fait sienne la phrase de Hölderlin : "Nous ne sommes rien. C'est ce que nous cherchons qui est tout".
La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [... ] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Eglise. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion", Jacques Ellul.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Lorsque le jeune Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre une épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. Dans ce roman, Thackeray ridiculise de sa plume incisive les faiblesses et les travers des grands de ce monde, dont l'affaire Madoff de 2009 est l'un des plus récents avatars. La satire morale de Thackeray semble plus que jamais pertinente.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.