L idée d écrire ce livre m est venue le jour où on nous a empêchés de franchir la frontière côté Guinéen en venant du Sénégal à Boundou Fourdou en septembre 2015, alors que j avais contribué à la mobilisation des ressources pour financer le bitumage de la route et la mise en place d un poste frontalier juxtaposé, afin de permettre le libre mouvement des biens et des personnes. Sous le prétexte qu il était dix-huit heures, la frontière était fermée et il fallait attendre le lendemain à sept heures du matin pour la franchir. Entre temps, il fallait passer la nuit de l autre côté de la barrière où on ne pouvait trouver ni à manger ni un lieu pour dormir. Mon constat en ce moment était que tant qu il n y aura pas un changement de mentalités dans les pays, l intégration régionale ne sera qu une chimère. L idée s affirma lorsque j arrivais à Saréboido, ma ville natale. Celle-ci était presque la même, telle que je l avais laissée plus de 50 ans auparavant. C était comme si le temps s était arrêté. Pourtant, cette région aurait dû être très prospère, car ayant d excellentes terres fertiles, d abondantes ressources en eau à la périphérie des parcs nationaux Niokolo Koba et Badiar, avec un énorme potentiel touristique. Enfin, écrire ce livre m a permis de passer en revue mon passé, celui de ma famille biologique, de l évolution de la Guinée au fil des années ainsi que leurs impacts respectifs sur ma personne et ma personnalité. C est aussi l occasion de partager avec le lecteur ma vision pour un développement socio-économique du pays dans un monde globalisé.
Nombre de pages
296
Date de parution
14/06/2022
Poids
367g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782140272127
Titre
Un fils du terroir. Autobiographie
Auteur
Diallo Amadou Thierno ; Masumbuko Valérie A. N.
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
367
Date de parution
20220614
Nombre de pages
296,00 €
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Cet ouvrage réunit vingt-quatre textes publiés entre 2009 et 2023 par un économiste et consultant guinéen engagé depuis une quinzaine d'années dans le champ du développement. Fort de cette expérience professionnelle, l'auteur propose une lecture analytique et critique des trajectoires politiques, économiques et sociales de la République de Guinée, tout en formulant des pistes de réflexion et d'action pour son avenir. A travers une diversité de thématiques - situation sociopolitique, gouvernance des politiques publiques, intégration politique et économique, construction nationale, décentralisation et développement local, ou encore conditions d'une croissance inclusive et durable - l'ouvrage interroge les fondements et les défis de la construction d'un Etat démocratique au service de tous les Guinéens. Pensé comme une invitation au débat, ce livre appelle au renouvellement des cadres de pensée et des logiques d'action à tous les niveaux de la vie publique. Il exhorte les Guinéens à dépasser les clivages, à bâtir des compromis et des consensus, et à faire preuve d'intelligence collective afin de mieux valoriser les ressources dont regorge le pays, dans un monde marqué par des défis croissants. Pour l'auteur, l'avenir de la Guinée repose avant tout sur la construction d'un projet collectif, condition essentielle pour espérer cheminer vers une nation unie, stable et prospère dans les décennies à venir.
Sous les rôniers, le vent ne parle qu'aux anciens. Il glisse entre les palmes, effleure les cicatrices des troncs, et murmure des noms que seuls les griots savent encore chanter en Afrique. Ce jour-là, les cousins étaient revenus. Pas pour un mariage ni pour un deuil. Mais pour ce que l'on appelle, dans les villages où la mémoire est une lampe à huile, une "cousinade" . Un mot qui ne dit rien aux étrangers, mais qui, ici, signifie tout : le retour des dispersés, la réconciliation des silences, la danse des lignées. Ils étaient venus de Paris, de leur lieu d'émigration. Certains avec des valises pleines de cadeaux, d'autres avec des valises pleines de questions. Ce fut le cas de Ibrahima et de sa cousine Korka. Et tous, avec ce regard un peu flou de ceux qui cherchent leur reflet dans les yeux des autres. Sous le grand rônier du carré familial, on avait dressé les nattes. Les enfants couraient entre les jambes des anciens, les femmes s'échangeaient des recettes oubliées, et les hommes, assis en cercle, racontaient des histoires qui n'avaient jamais été écrites. C'est là que Ibrahima, le cousin silencieux avant l'exil, prit la parole. Sa cousine Korka était assise plus loin, silencieuse. Sa voix était rauque, comme un tambour qu'on n'avait pas frappé depuis longtemps. Il parla de l'exil, de la honte, de la colère. Mais il parla aussi de l'amour interdit entre cousins, de la terre, et du pardon. Et quand il eut fini, personne n'applaudit. Parce que dans les cousinades, on n'applaudit pas. On écoute. On pleure un peu. Et on se relève ensemble.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...