Langue classée dans le sous-groupe mandé, le soninké a fait l'objet de peu de travaux. L'ouvrage de Ousmane Diagana vient combler ce vide descriptif en nous présentant une étude des unités et des structures morphosyntaxiques de cette langue en étroite relation avec les faits de sens ; sens dans son acception large et dans ses manifestations spécifiques liées au social, au culturel, au sacré... médiatisées par des morphèmes ou se déployant de façon privilégiée dans le contexte des structures déterminatives lexicales. Cette approche inscrite dans une perspective synchronique intègre des considérations diachroniques (reconstruction du nombre, grammati- calisation, etc.) et accorde une grande importance aux aspects mélodico- accentuels (tonalité et accentuation) du point de vue de leurs relations à la grammaire. Nul doute que ce présent travail constitue une contribution précieuse pour les spécialistes, la recherche appliquée, voire divers publics ; une mine d'informations précises sur les particularités d'organisation morphosyntaxique du soninké étayées par des exemples nombreux bien transcrits et traduits, un nouvel éclairage de la place de cette langue dans le cadre du comparatisme dialectologique en linguistique africaine.
Nombre de pages
530
Date de parution
03/05/2000
Poids
824g
Largeur
155mm
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EAN
9782738432902
Titre
La langue soninké. Morphosyntaxe et sens
ISBN
2738432905
Auteur
Diagana Ousmane Moussa
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
824
Date de parution
20000503
Nombre de pages
530,00 €
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Les Soninké forment une communauté dont l'histoire prestigieuse remonte au Ghana des chroniqueurs arabes et au Wagadou de la tradition orale. Aujourd'hui, ils vivent principalement dans les pays suivants d'Afrique de l'Ouest : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, mais aussi Burkina Faso et Guinée. Leur nombre atteindrait le million de locuteurs. Selon les ethnies avec lesquelles ils cohabitent, ils sont désignés différemment : Marka chez les Bambara, Sarakollé chez les Haalpulaar et les Wolof, Wakore chez les Songhay, Genger chez les Maures, pour ne citer que les appellations les plus répandues? Entre eux, ils n'utilisent que l'appellation de " soninké " de façon générale. La langue soninké, classée parmi les langues mandé de la famille Niger-Congo, connaît quatre principaux dialectes entre lesquels il existe une intercompréhension quasi totale. C'est principalement à Kaédi (Mauritanie) qu'Ousmane Moussa Diagana a mené ses enquêtes linguistiques. Le présent dictionnaire, qui compte plus de 5 800 entrées, est une contribution capitale à la lexicographie du soninké. Ousmane Moussa Diagana est né en 1951 à Kaédi (Mauritanie) et est décédé brutalement à Nouakchott le 9 août 2001. Après des études de lettres au Maroc, il s'était inscrit à Paris (Université René-Descartes) pour des études de linguistique qui le conduiront jusqu'au doctorat d'État en 1984. Parmi ses publications scientifiques, on relève principalement Chants traditionnels du pays soninké (Paris, L'Harmattan,1990) et La Langue soninkée : morphosyntaxe et sens (Paris, L'Harmattan, 1995).
La tradition orale et les travaux qui s'en inspirent nous parlent des Soninké comme d'un peuple fondateur d'un grand empire, le Wagadou-Ghana. Ce peuple est condamné à l'errance après le meurtre de Blida, le python mythique dont il était l'adorateur. Cette errance se perpétue comme si le pouvoir maléfique du Dieu serpent continuait de s'exercer, de Mauritanie jusqu'en Côte-d'Ivoire aussi bien qu'en France. L'errance se donne dans le voyage comme dans la recherche du savoir islamique ou, a contrario, la fidélité aux sources et à la parole mythique qui hante l'imaginaire des Soninké. L'ouvrage de O.M. Diagana nous met, pour la première fois, à l'écoute de cette parole, nous proposant par ensembles, quasi complets les temps forts du rituel, des cérémonies (chants nuptiaux, chants de circoncision...). Anonymes pour la plupart, nourris d'une veine poétique féminine, ces chants, fixés par l'écrit, cheminent dans les sables mouvants et érosifs de la mémoire collective.
Une perle discrète", c'est par cette métaphore que le regretté poète Ousmane Moussa Diagana désignait la Mauritanie. A l'image du pays, la littérature d'expression française est aussi discrète. Cette étude de M'bouth Séta Diagana montre que la littérature francophone mauritanienne est bien là. Certes avec les difficultés inhérentes à toute jeune entreprise, surtout si l'on sait que le premier recueil de poésie n'a été publié qu'après l'indépendance et le premier roman seulement en 1983.