Les mondes de l'industrie. L'Ansaldo, un capitalisme à l'italienne
Dewerpe Alain ; Perrot Michelle
EHESS
29,80 €
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EAN :9782713227165
Ce livre a un objet : l'usine comme espace social. Il a un moyen : l'observation du travail industriel." Voici l'aboutissement d'une très longue enquête menée sur les usines de l'entreprise Ansaldo - sidérurgie, métallurgie, mécanique, chantiers navals - à l'ouest de Gênes, du milieu du XIXe siècle aux années 1930. Après ses premiers travaux sur la proto-industrialisation et sur la manufacture, Alain Dewerpe y propose une ethnographie historique des pratiques sociales au sein de l'usine et de leurs transformations, de leurs ajustements souvent difficiles, de leurs confrontations et de leurs conflits. Au centre, donc, le travail, dans ses dimensions économiques, techniques, professionnelles, relationnelles, culturelles ; les rapports de forces induits par les compétences, par l'organisation mais aussi par les habitudes ; les tentatives pour les ordonner à des logiques productives, techniques, financières. Et, plus largement, une réflexion sur la transformation des modes de vie, sur la discipline des corps et des temps. Car derrière les grandes réalisations qui ont fait la gloire de l'Ansaldo, en amont des stratégies du capital et des incertitudes de la gestion, ce livre fait comprendre la "réalité diversifiée des rapports sociaux, l'intégration des microdispositifs, les trajectoires de l'infiniment petit, les combinatoires de l'infime" : ce qui fait l'usine, au jour le jour.
Nombre de pages
628
Date de parution
28/09/2017
Poids
906g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782713227165
Titre
Les mondes de l'industrie. L'Ansaldo, un capitalisme à l'italienne
Auteur
Dewerpe Alain ; Perrot Michelle
Editeur
EHESS
Largeur
165
Poids
906
Date de parution
20170928
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628,00 €
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Comment s'est formée la classe ouvrière en France ? Comment a évolué le travail industriel durant le XIXe et le XXe siècle ? Comment a-t-il influencé les groupes sociaux qui y ont participé ? Quelle était la part d'initiative et d'autonomie du monde ouvrier dans cette gigantesque transformation sociale qui a accompagné l'industrialisation ? Comment s'est réalisé le partage du pouvoir, dans l'usine et dans l'atelier ? A quel rythme et selon quelles modalités une culture ouvrière s'est-elle construite ...Telles sont, parmi d'autres, les questions que tente de cerner cet ouvrage. L'auteur insiste sur la diversité des origines de la classe ouvrière : le travail industriel des campagnes, l'univers du petit artisanat urbain, celui de l'usine textile. L'hétérogénéité du monde ouvrier français, avant que la grande usine, puis la rationalisation et le fordisme viennent renforcer sa cohérence, apparaît ainsi comme un trait essentiel de l'histoire du XIXe siècle. L'ouvrage propose une lecture ouvrière intégrée dans celle de l'industrialisation française. Il met particulièrement l'accent sur le travail industriel, ses pratiques concrètes, la diversité des marchés du travail, les cultures ouvrières qui les accompagnent et les comportements politiques. Il souligne à la fois la lenteur des rythmes de formation d'une classe ouvrière moderne et les ruptures sociales liées à la dynamique économique propre au capitalisme français.Alain Dewerpe est directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (histoire sociale comparée de l'industrialisation). Il a publié notamment L'industrie aux champs. Essai sur la proto-industrialisation en Italie septentrionale (1800-1880), École française de Rome, 1985 et, avec Yves Gaulupeau, La Fabrique des prolétaires. Les ouvriers de la manufacture d'Oberkampf à Jouy-en-Josas (1760-1815), Presses de l'École normale supérieure, 1990. Les trois sources de la classe ouvrière (du début du XIXe siècle aux années 1880). La question sociale. Usines et prolétaires (des années 1880 à la veille de la Première Guerre mondiale). Rationalisations (de la Première Guerre mondiale aux années 1950).
8 février 1962 : en réaction à l'offensive terroriste de l'OAS, une manifestation se heurte à la violence voulue de l'Etat. A la station de métro Charonne, devant les portes ouvertes, on relèvera neuf morts sous les coups de la police. Au-delà de la reconstitution des faits avérés, Alain Dewerpepose des problèmes historiques d'un ordre plus général dans un livre qui servira de modèle à d'autres. Il traite d'abord de la violence d'Etat en démocratie représentative : organisé ou non, planifié ou non, le meurtre politique fait partie de l'outillage des actes d'Etat ; il a, même obscures ou contournées, ses raisons et son efficace. Il pose la question du scandale civique : à quoi l'Etat a-t-ildroit ? L'affaire pourrait se dénouer par la mise en place d'un récit moralement et politiquement fondé et partagé. Or, à travers une version d'Etat mensongère jusqu'à nos jours, ce règlement est demeuré historiquement instable. Il ouvre également sur les usages politiques et sociaux de lamort : la manifestation-obsèques du 13 février fut un des plus considérables rassemblements dans la France du XXe siècle. Comment comprendre alors que cette mémoire du massacre, faite de commémorations mais aussi de censures, de souvenirs mais aussi d'oublis, s'est effritée devant d'autres événements traumatisants de la guerre d'Algérie ? Faut-il l'écrire ? Cet ouvrage est unique en son genre.
Ce livre élève le secret au rang de problème historique. La formation des services de "renseignement" au XIX? siècle, l'invention de cette guerre singulière à quoi l'on a donné, au XX? siècle, le nom de "guerre secrète", le développement d'un genre littéraire foisonnant, le roman d'espionnage : autant de signes d'une mutation profonde, autant de traits dont la confluence, au carrefour des techniques politiques et de l'imaginaire social, fait apparaître une dimension inattendue du contemporain. La place du secret montre à quel point le principe de publicité posé par les Lumières a été retravaillé au sein de nos régimes. Une frontière essentielle sépare ce qui doit être mis en réserve et ce qui peut être livré à la transparence de l'opinion publique. Ce partage organise la modernité politique. Par ailleurs, un lien étroit s'est tissé entre les pratiques et les représentations du secret et les figures de l'individualité. Nous sommes tous des clandestins. En cela, l'espion a partie liée avec la construction du moi d'aujourd'hui. L'espion est un chiffre de notre condition, dont le décryptage ouvre sur une anthentique anthropologie du présent.
Résumé : La diversité du travail humain, aussi immense qu'est profonde sa complexité, nous interdit de réduire son histoire à une dynamique simple, homogène et linéaire. L'historiographie elle-même, nourrie par les apports d'autres sciences sociales, a profondément renouvelé notre regard. En tenant compte de ces acquis, cet ouvrage se propose d'explorer le travail à travers trois dimensions fondamentales : les actes du travail, les groupes sociaux qu'organisent ces pratiques, enfin les représentations (idées, sentiments, normes et valeurs) que le travail et la précarisation du salariat, suscite de nombreux débats.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.