Quelle est la nature des liens entre la musique et la société ? En l'occurrence, les battements de tambour des cérémonies tamoules de la Martinique vont-ils au-delà d'un simple accompagnement sonore de leurs phases ? Les profils rythmiques sont-ils déterminés par le contenu du rituel ? Si oui, comment s'opère le processus d'attribution symbolique ? C'est à ces questions, entre autres, que ce livre tente de répondre. Les Tamouls sont venus à la Martinique comme engagés, après l'abolition de l'esclavage, au milieu du XIXe siècle. Ils venaient assurer la main d'oeuvre dans les plantations alors désertées par les anciens esclaves. S'ils ont aujourd'hui perdu l'essentiel de leurs traditions d'origine, ils ont précieusement conservé une cérémonie religieuse que les créoles appellent bon dyé kouli. Une des particularités de cette cérémonie réside dans la musique, dont la rythmie des tambours circulaires conduit à la possession du prêtre et à l'immolation des animaux. Première analyse ethnomusicologique de cette musique en aire créole, l'ouvrage montre comment la musique structure le rituel et régit la communication avec les dieux. Dans un chassé-croisé de considérations sociales et musicales, Monique Desroches, propose une démarche d'analyse dont le cadre d'application pourrait être transposé à d'autres cultures musicales.
Nombre de pages
180
Date de parution
07/03/1997
Poids
250g
Largeur
135mm
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EAN
9782894890097
Titre
Tambours des dieux. Musique et sacrifice d'origine tamoule en Martinique
Les auteurs de ce livre s'intéressent à des enjeux encore peu explorés par les ethnomusicologues. Quel est, par exemple, l'impact sur les pratiques musicales, de la mondialisation culturelle, des nouvelles migrations humaines et du tourisme de masse ? Au coeur du problème, il y a la double nature de la musique : patrimoniale, elle se définit dans la reproduction de sons et de gestes immémoriaux; expressive, elle est un véhicule de créativité ouvert aux influences les plus diverses. Les auteurs se penchent sur la "mise en spectacle" de la musique traditionnelle, où cette tension entre expression et mémoire est spécialement forte. Questionnant tout particulièrement les effets du tourisme sur les pratiques, ils observent les ajustements contemporains de performances traditionnelles et offrent des perspectives inédites sur la mise en valeur des patrimoines musicaux et culturels.
Desroches Monique ; Stévance Sophie ; Lacasse Serg
La musique entretient des liens indissociables avec le corps. Toutefois, les recherches portant sur ce couple fondateur sont rarissimes. Point de départ et d'arrivée de la médiation musicale, le corps est un lieu d'expression et de communication, de techniques, de production de sons et de mouvements et mérite toute l'attention que les auteurs de ce livre - musicologues, interprètes et philosophes - lui prêtent. Du timbre vocal à la chorégraphie cultuelle, en passant par la position des doigts sur un clavier ou sur des cordes, cet ouvrage aborde plusieurs thèmes qui intéresseront grandement les musiciens, les danseurs et tous ceux que la question du corps dans l'art interpelle.
Ce livre présente des stratégies identitaires de l'île de Providence (Colombie) vues et analysées à travers la pratique musicale et les habitudes d'écoute. La communauté qui vit sur cette île est d'origine afro caribéenne ; les habitants sont des protestants anglophones appartenant à la Colombie dont l'ensemble de la population est d'origine métisse, hispanophone et catholique. Si l'on reconnaît que la musique, comme système de représentations sociales et de fonctions symboliques (identitaires, contestataires, divertissement ou rituels), s'avère un processus essentiel et un marqueur privilégié dans la construction identitaire d'un groupe social, comment expliquer alors les divergences générationnelles au niveau des attitudes et des jugements de valeur à Providence ? De quelle manière les Providenciens s'identifient-ils "à l'Autre" et "à travers l'Autre" dans le contexte actuel de mondialisation ? Tentant de répondre à ces questions, l'auteure propose une nouvelle perspective d'analyse ethnomusicologique qui tient compte à la fois du pôle de la production musicale (par la "mise en tourisme des traditions musicales") et de celui de la réception (par le phénomène de "pickopisation"), en passant par les modalités de transmission, les politiques culturelles et la musique comme mode de représentation et comme valeur sociale et identitaire (par la notion de "tradernité").
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Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
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