Tel un artiste qui mélange les couleurs primaires pour faire jaillir une infinité de teintes, le stratège crée ses combinaisons à partir d'ingrédients limités : attaque, défense, approche directe, ou indirecte. Le stratège est cette force d'imagination, il conçoit le "pourquoi" et partage le "comment" avec son équipe. Ensemble, ils tracent cette ligne qui s'appuie sur des circonstances mouvantes ; à plusieurs mains, ils s'emparent du réel et le transforment. L'ambition les guide, l'action les révèle. La réflexion sur la stratégie d'entreprise a moins d'un siècle, tandis que celle sur l'art de la guerre en cumule au moins vingt-cinq. Au-delà de leur différence de nature, la finalité de ces deux réflexions est proche : comment poursuivre un objectif, avec une équipe, dans un milieu changeant et concurrentiel. Il est donc naturel que la première s'enrichisse de la seconde. Les Trois principes de l'action stratégique explicitent ce qu'il faut entendre par la concentration des forces, l'économie des moyens et la liberté d'action. En illustrant ces trois principes grâce à de nombreux exemples tirés de l'histoire militaire et de la vie des entreprises, HU-BERT DESROCHE a fait de cette livre un vademecum qui devrait être lu par tout chef militaire et tout chef d'entreprise.
Il savait tant d'autres choses, Petid'homme ; il savait trop de choses. Et son menu crâne d'enfant souffrait d'avoir à contenir toutes ces pensées. (...) C'était pesant pour l'enfant et cela le rendait grave et sérieux. (...) Il y avait une chose qu'il n'avait pas apprise - découverte trop tardivement, elle n'avait pu trouver place dans sa caboche saturée - : c'était le rire et la légèreté qui l'accompagne. Le rire de tout, le rire de soi. ...Une modeste colonie de sauterelles brunes atterrit dans la Vallée aux sauterelles... blondes. Il va sans dire que son débarquement ne fut pas des mieux accepté (...) Les sauterelles blondes imposèrent immédiatement leurs lois aux sauterelles brunes, leur interdisant toute tentative de s'alimenter avant qu'elles ne soient elles-mêmes rassasiées. (...) Certaines, retrouvant plus rapidement leur vitalité, tentèrent de s'opposer à ce qu'elles ressentaient comme une profonde injustice. Avaient-elles demandé cette migration ? N'appartenaient-elles pas à la même famille, les blondes et les brunes, malgré leur différence de couleur ...
Certains êtres ont une destinée extraordinaire ; on s'aperçoit après leur mort que cette destinée aura été totalement improbable, que leur vie n'aurait jamais dû être ce qu'elle a été. Mozart est de ceux-là : de tous les grands compositeurs, il est sans doute celui qui aura eu la destinée la plus invraisemblable, et sa vie a fait de lui ce qu'il est devenu : un génie unique en son genre. D'autres êtres ont une vie tragique. Ils ont accumulé incompréhensions et désillusions ; ils ont traversé crise sur crise et cela les a marqués de plus en plus profondément. Mozart est aussi de ceux-là : il est mort ruiné, discrédité et vilipendé par la haute société viennoise. Pourtant, il a écrit pendant ses deux dernières années, pathétiques à plus d'un titre, quelques uns de ses plus beaux chefs d'oeuvre. Certains êtres enfin ont une mort rédemptrice. Ils ont quitté le monde pauvres, déchus, calomniés. Mais ils sont devenus immenses après leur mort. Mozart est encore de ceux-là : il est assurément l'un des compositeurs les plus universellement célébrés. Ce livre relate la vie de Mozart telle qu'elle fut, débarrassée des légendes, des parti-pris et des clichés qui encombrent souvent ses biographies. Il la resitue dans son contexte, ce non-dit du texte dans lequel se trouve, selon l'auteur, la clé de ce que certains commentateurs appellent encore "l'énigme" Mozart. Car sa destinée extraordinaire, sa vie dramatique, son apothéose ne peuvent être pleinement comprises et appréciées qu'en se situant historiquement au moment où il a vécu, et géographiquement là où il a vécu. On saisit alors pleinement combien sa musique, éminemment humaine, est tragi-comique comme il en a été de son existence. Mozart pleure et rit tout à la fois ; il se désespère et garde espoir en même temps. Cette humanité-là est omni-présente dans les oeuvres considérables qu'il nous a laissées et c'est la raison pour laquelle on ne peut pas ne pas les aimer : comme l'a écrit Stendhal, le nom de Mozart ne périra pas tant qu'il se trouvera des âmes sensibles. La recherche concernant Mozart et ses oeuvres continue d'être très active. Des documents de première importance ont été découverts au cours de ces dernières années, dont l'auteur a tenu le plus grand compte dans son travail. Ils rendent plus actuelle et plus nécessaire que jamais cette biographie novatrice et remarquablement documentée, qui montre à quel point Mozart, en dépit de toutes ses vicissitudes, était en avance sur son temps. Ce livre devrait être lu et médité par celles et ceux qui ne peuvent se passer de sa musique, soit parce qu'ils l'écoutent, soit parce qu'ils la jouent. Et il devrait leur permettre de mieux l'écouter, de mieux l'apprécier - et, sans doute aussi, de mieux l'interpréter.