Le corps parlant. Savoirs et représentation des passions au XVIIème siècle
Desjardins Lucie
L'HARMATTAN
26,50 €
Epuisé
EAN :9782747509510
Au XVIIe siècle, le corps parle: il révèle dans la plus parfaite transparence ce qu'on appelle alors les "passions de l'âme". La rougeur ou la pâleur du visage, le battement des paupières ou l'élévation du sourcil, la plus ou moins grande ouverture de la bouche, le ton de la voix, le geste, la posture ou la démarche, chaque mouvement du corps devient signe d'une passion particulière et, de ce fait, objet d'un savoir que l'on cherche à codifier. Si ce savoir se déploie dans les traités de médecine et dans les " traités des passions ", il investit également de nombreux textes dont le principal objet est autre, qu'il s'agisse de la peinture, du théâtre ou du roman, de l'éloquence, de la musique ou du chant, de la danse ou encore de la vie de cour. De Descartes à Bernard Lamy, de Félibien au cardinal de Retz, de Marin Mersenne à Racine, ce savoir sur les pouvoirs du corps expressif traverse tout l'âge classique et devient le lieu d'une profonde inquiétude épistémologique où se forge peu à peu une conscience neuve du moi.
Nombre de pages
320
Date de parution
01/11/2003
Poids
458g
Plus d'informations
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EAN
9782747509510
Titre
Le corps parlant. Savoirs et représentation des passions au XVIIème siècle
ISBN
2747509516
Auteur
Desjardins Lucie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
458
Date de parution
20031101
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Mondes renversés où les hommes filent la quenouille, mondes à l'envers où les femmes sont médecins ou soldats : ces différentes figures d'un monde sens dessus dessous brouillent les identités fixées par de très vieilles évidences. De la Renaissance aux Lumières, les mécanismes de renversement que met en oeuvre la fabrique de ces mondes à rebours nourrissent un imaginaire littéraire, philosophique et artistique foisonnant, éminemment favorable aux associations burlesques ou paradoxales. À la faveur d'une capacité poétique et rhétorique à susciter la surprise ou le vertige s'affirme la vocation parodique, satirique et critique que comporte la représentation d'un autre monde. En bouleversant les rapports convenus entre les êtres et les choses, en dessinant parfois les contours d'un antimonde, les figures du monde renversé participent ainsi de l'avènement de notre modernité.
L'aventure des passions aux XVIIe et XVIIIe siècles. Apogée et déclin d'une notion théorique cardinaleComme le souligne une anthologie récente de textes sur les passions, «il est certain que la préférence marquée et pour l'usage du mot "émotion" et pour l'investigation de cette notion signale une méfiance à l'égard de ce que désigne la "passion"». Au seuil d'un ouvrage consacré à la notion de passion à l'époque moderne, cette méfiance typiquement contemporaine a le mérite d'attirer l'attention sur une histoire de la compréhension de l'affectivité qui nous révèle le renversement du statut privilégié dont jouissait cette problématique dans la philosophie et la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles. Au surplus, cette histoire est d'autant plus complexe que, sous l'apparente continuité des termes depuis l'Antiquité, les passions font l'objet d'une réflexion faite de ruptures, de remaniements, de reprises et de controverses sur les héritages. On se souviendra qu'avecLa persuasion est produite par la disposition des auditeurs, quand le discours les amène à éprouver une passion: car l'on ne rend pas les jugements de la même façon selon que l'on ressent peine ou plaisir, amitié ou haine.De ce point de vue, les passions impliquent davantage un rapport à autrui qu'un mouvement instinctif purement individuel. À ce titre, elles renferment aussi le principe d'une relation esthétique; Aristote, on le sait, s'intéresse également aux passions suscitées chez le spectateur en envisageant la purgation des passions, ou catharsis, comme la finalité de la tragédie dans la Poétique. Les passions font sans cesse l'objet de multiples descriptions, d'analyses et de représentations de manière à mieux les connaître, mieux les représenter et savoir mieux les contrôler. Objet de représentation, elles sont aussi des perturbationes, des désordres posant avant tout un problème moral. C'est cette conception de la passion comme pertubatio animi éminemment néfaste à la quiétude de l'âme qui anime toute la réflexion d'inspiration stoïcienne et que prolongera et infléchira à sa suite le christianisme. Les passions deviendront ainsi la marque de l'homme déchu, mais pourront être aussi la source de son rachat, s'il s'élève à l'amour de Dieu.Dans son Dictionnaire Universel, Antoine Furetière consacre dix entrées au terme passion:Passion, en Morale, se dit des différentes agitations de l'ame selon les divers objets qui se présentent à ses sens. Les Philosophes ne s'accordent pas sur le nombre des passions. Les passions de l'appétit concupiscible, sont la volupté et la douleur, la cupidité & la fuite, l'amour & la haine. Celles de l'appétit irascible sont la colère, l'audace, la crainte, l'espérance, & le desespoir. C'est ainsi qu'on les divise communément. Les Stoïciens en faisoient quatre genres, & se pretendoient estre exempts de toutes passions. Voyez l'Abrégé de Gassendi, & sur tout Monsieur Descartes, qui a fait un beau Traité des Passions d'une manière physique. Coeffeteau a fait le Tableau des Passions; la Chambre, les Characteres des Passions; le Père Senaut, l'Usage des Passions.
L'imaginaire du corps est sans bornes, mais chaque culture lui impose des limites qui le caractérisent et donnent lieu à des représentations verbales et visuelles. Le présent ouvrage explore les images et les usages du corps tels que décrits et illustrés dans les fictions romanesques de l'Ancien Régime à travers l'Europe et la France, sans négliger les arts, les croyances et les connaissances qui en affectent les représentations narrées et gravées. Trois grandes catégories se dégagent de la topique du corps romanesque et constituent les trois principales parties de l'ouvrage. La première partie, " Corps souffrant ", étudie la vulnérabilité du corps qui, voué à la douleur et à la mort, appelle des soins voire une rédemption. La seconde partie, " Corps éloquent ", étudie l'expressivité du corps dont l'apparence peut révéler l'identité, la sensibilité, le caractère et dont les gestes exemplaires suscitent l'admiration. La troisième partie, " Corps surprenant ", s'intéresse aux mystères du corps tantôt volatil, tantôt opaque, souvent équivoque et généralement irréductible et insaisissable. Pour clore ce triple parcours éclairant le corps des personnages qui peuplent récits et romans, une quatrième partie, " Corps métaphore ", met en jeu le roman lui-même.